‹ ŒuvresChapitre 148 sur 224 · LE SINGE ET LE LÉOPARD · texte numérisé non relu

LE SINGE ET LE LÉOPARD

Étope, fab. iSg, !Uc&irr)S xa\ IldEpBaXiç (Coraj, p. g6 et p. 35i, sous cinq formes, dont deax, la seconde ëlëgamment complète en fort peu de mots, sont dans Plutarque : Yojez la suite de la notice). — - ÀTianus, fab. 40, Vulpes et Perdus, — G. Cognatus, p. 8, de Falpe et PardalL — P. Candidus (Weiss), lab. 87, Pardus et Fulpes, — Ysopet-Arionnet, fab. 18, de Renart et de la Otsrse (Robert, tome Ily p. soa~io4)- — Haudent, T* partie, fab. 9, le Second apin logue d*un Âegnard et d'un Léopard, — Hëgémon, fab. 16, du Léopard et du Regnard, — LodoTÎco Guicciardini, Detti et fattl, etc., p. i5s. — Yerdixotti, fab. /fi, délia Folpe et del Pardo,

Mytlwlogta msopiea Neveletîy p. aai, p. 483.

Cbez Plutarque, la fable ësopique est dans Topuscule intitule : Quelles passions et maladies sont les pires, celles de Cdme ou celles du cùrps, S >9 et dans le Banquet des sept sages, % 12, Voyez aussi dans Érasme, jidagiorum Chiliades (1606)^ p. 899, col. 9, le paragraphe intitule : Pardalis exuvium indaere.

c Voilà encore une de ces fables, dit Chamfort, qui ne pou- TBÎent guère rëussir que dans les mains de la Fontaine. Le sujet, si mince, prend tout de suite de Tagrément, et, en quelque sorte, un intérêt de curiosité, par Tidëe de donner aux discours des personnages la forme et le ton des charlatans de la foire. 9 -^ M. Taine (p. 33i) cite la fable d'Ésope d*où la Fon laine a tiré la sienne, comme a le modèle de la fable philosophique o opposée à la fable poétique ; il transcrit plus loin (p. 34^-344) celle d^Ysopet-Avionnet, de Menart et de la Ourse, comme un exemple des contes naïfs et quelque peu traînants du moyen âge ; et, à la suite, celle de la Fontaine (p. 348-349)1 comme un modèle du genre poétique à opposer au' genre philosophique.

Le Singe avec le Léopard Gagnoient de Targent à la foire.

Us affichoient chacun à part.

J. DS LA FoaTADTB. Il a4

370 FABLES. [v. m

L*und*eux disoit^ : « Messieurs, mon mérite et ma gloire Sont connus en bon lieu*. Le Roi m*a voulu voir*; S

Et, si je meurs , il veut avoir Un manchon de ma peau : tant elle est bigarrée,

Pleine de taches, marquetée,

Et vergetée^, et mouchetée^ ! »

I, Disait sur l'affiche ou plutôt par la bouche des bateleurs qui les faisaient roir. Les images des deux animaux deraient, selon l'usage, être peintes, affichées sur la baraque. Les bêtes pourraient, dans une fable, jouer elles-mêmes le rôle de bateleurs; mais on roit, par toute la suite, surtout par les rers xo-ii, que ce n'est pas aiiMt que Tentend ici le poète.

%, Ce qui suit immédiatement explique fort bien ces mots, et nous ne croyons pas qn*il j faille yoir, comme on l'a. dit, quelque allusion aux armoiries où le Léopard figure.

3. Y a-t-il une malicieuse réminiscence de ce passage dans ces premiers mots de la note a mise par Voltaire au bas de sa satire contre le Franc de Pompignan, intitulée la Fanité (tome XIV des Œuvres, p. i68) : « Un prorincial, dans un mémoire, a imprimé ces mots : a II faut que tout Punirers sache que Leurs Majestés a se sont occupées de mon discours. Le Roi Ta voulu voir; toute « la cour l*a touIu roir. s II dit dans un autre endroit que c sa c naissance est encore au-dessus de son discours. » ?

4. Nous arons vu marqueté dans la fable ▼ du livre VI, vers s6; quant à vergeté, en ce sens, il manque dans Richelet (1679), Furetière (1690) et la première édition .du Dictionnaire de C Académie (1694)9 mais, dans celui-ci, se lit dès la seconde (17x8) : cOn appelle teint vergeté, peau vergetée, un teint, une peau où il paroit de petites raies de différentes couleurs, et plus ordinairement rouges, o — Ces trois rimes féminines de suite, dit Nodier, et, ajouterons-nous, ces trois formes de participes à longue désinence semblable, « font très-bien ici, parce qu'elles rappellent le débit emphatique et redondant d'un charlatan de place. On a déjà vu (fable XXX du livre VI, vers ix-i4) ^pxe la Fontaine excellait à imi-* ter leur langage, s Et on va le voir bien mieux encore aux vers xa et suivants.

5. Dans la fable d'Avianus, le Léopard va jusqu'à prendre en pitié les lions parce que leur peau n'est pas bigairée :

Et quia nuUa graves variarent terga leones^ Protimu his miserum eredidit este genus»

r. m] LIVRE IX. l^i

La bigamire platt. Partant * chacun le vit ; i o

Mais ce fut bientôt fait ; bientôt chacun sortit.

Le Singe, de sa part'', disoit : « Venez, de grâce ;

Venez, Messieurs, je fais cent tours de passe-passe.

Cette diversité dont on vous parle tant.

Mon voisin Léopard Ta sur soi seulement ; 1 5

Moi, je Tai dans Tesprit. Votre serviteur Gille *,

0>usin et gendre de Bertrand,

Singe du Pape en son vivant*,

Tout fraîchement en cette ville Arrive en trois bateaux'®, exprès pour vous parler ; ao

6. Par conséquent, comme au Tcrs i4 de la fable i du lirre VII.

7. De son côté (ci-dessus, p. 360, note 10); peut-être ici avec la nuance : c à son tour; d les baladins, comme on sait, ne commencent d*ordinaire leurs parades qu*à tour de rôle. — Pour les mots : « Le Singe.... disoit », voyez la note i.

8. Ce nom propre, parfois synonyme de a niais >, et qui est également le nom du Singe de Jupiter, c à ce que dit Fhistoire » (fable XXI du livre XII, vers 7), est ainsi expliqué par Littré : a Personnage du tbéâtre de la foire, le niais, n — Bertrand^ qui suit, est aussi le nom du singe de la fable xvii du livre IX (vers i, 7, 14, a4) ctf s^'^cc la particule, sans doute là monastique, Dom^ du singe du Thésauriseur de la fable m du livre XII (vers 19 et 34}'

9. Le tour est un peu douteux : c de son vivant i> se rapportet-il à Bertrand ou au Pape? Bien plutôt à Bertrand, G*e»t-4-dire, la locution Timplique, à feu Bertrandc Les mots c ainge du Pape » font de lui un personnage, comme du fou on bouffon quand on dit : « fou du Roi ». Le fabuliste a pu songer au Singe du pape Jules II auquel Simon Maioli, cité dans la notice de la fable xyn du livre IX, le Singe et le Chat, fait remonter historiquement l'anecdote des marrons tirés du feu, sujet de cette fiible.

10. Expression familière et proverbiale, marquant une arrivée pompeuse, avec grande suite et propre à faire ridiculement sensation. Rabelais, au chapitre xn de Gargantua (tome I, p. 63), dit, en parlant de la jument envoyée par Fayoles à Grandgousier : a Fut amenée par mer en troys carracques et un brigantin. » Mme de Montmorency, dans une lettre du 6 avril 1670 (Correspondance de Buuy^Rabut'm, i858, tome I, p. a 54)* rapporte un mot de Mme de Monglas sur Bussy où cette locution a un tout autre

Sya FABLES. [r. m

Car il parie, on l*eiitend^^ : il sait danser, baller^*.

Faire des toors de tonte sorte^.

Passer en des cerceaux ; et le tont pour six blancs '* : Non, Messieurs, pour un son ; si vous n*étes contents. Nous rendrons à chacun son argent à la porte^'. » »5

emploi et lert à marquer nreU : c II fiant airouer que notre ami est trèê-mgréàhlt^ et que de cet gent-là il n*en vient qae deux en trois bftteanx. »

1 1 . Ccst-n-dire parle intelligiblement, de manière à être compris.

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