‹ ŒuvresChapitre 159 sur 224 · Voyez p. a6i, note ao. — 7. Comparez p. 272, note · texte numérisé non relu

Voyez p. a6i, note ao. — 7. Comparez p. 272, note

400 FABLES. [r.

Cétoient les pins moqoës : le mieux ëtmt de lire^ x 5

Ou de s^en aller, taus rien dire,

Avec son touffiet et sou fil.

De chercher du sens à la chose, On se fât fait siffler ainsi qu*un ignorant.

La raison est-elle garant' so

De ce que fait un fou ? le hasard est la cause De tout ce qui se passe en un cerveau blessé. Du fil et du soufflet pourtant embarrassé, Un des dupes* un jour alla trouver nn sage,

Qui, sans hésiter davantage/*, a 5

Lni dit : « Ce sont ici hiéroglyphes" tout purs. Les gens bien conseillés**, et qui voudront bien faire. Entre eux et les gens fous mettront, pour Tordinaire, La longueur de ce fil** ; sinon je les tiens sûrs

De quelque semblable caresse*^. 3o

Vous n*êtes point trompé : ce fou vend la sagesse. »

8. Pour ceUe appoûtion nominale du mascolin germai au féminin raison^ Toyez la Remarque de Littrë à la tnite de rarticle Gabavt.

9. J>Mi^ primitiTement nom d^une espèce d'oiaeau, est du féminin, et Ta ton jours ét/é : Vojea eaoore la Remarque de Littré à la suite de l'article. Il lant entendre : < Un, quelqu'un, parmi les dupes, un de ceux qui furent dupes, s

10. Cest-à-dire sur-le-champ, ou mieux, pour faire sentir quelque peu l'adTerbe davaniage^ a sans employer son temps à autre chose qu'à parler aussitôt. »

11. UrogUphet^ dans les deux textes de 1679 et dans ceux de i68a, 88, 1709, 99; hiérogliphei dans celui de 1708. Le poète a sans doute res^^^ l'hiatus comme excusé par la grécité du mot. —I A la suite, dans les anciennes éditions, comme dans les modernes, iota et non iout^

ta. U semble que« conseillés s soit ici l'équiralent d'aW«é#, et que le mot ait quelque chose du primitif latin eontUium^ qui signifie bon avis Tenant d'autrui ou de soi-même.

i3. ErU MpUns^ «i, quousqme hoc fUum proUmdUur^ at îiwamt et furiom mhfttons, (Abstbmius.)

. 14. D'un soufflet ou de quelque autre mauvaise conséquence de U rencontre arec qui ne sait ce qu*il fait.

ix] LIVRB IX. 4ot

FABLE IX

L^BVÎTEE BT LES FLAIOBUBS.

BoileaUy on le fait, a compote sur ce rajet an apologue, qu'il inséra dPabord à la fin de sa i** ëpftre, en 1669 ; il Ten retrancha ensuite, comme il nous Tapprend lui-même dans Vjins au lecteur placé en tète de la seconde édition de cette épitre, se rendant a à Fantorîté d*un prince non moins considérable par les lumières de son esprit que par le nombre de ses victoires (le grand Condé), » Mais ne Toulant pas perdre cette fable, dont il était fort content, il écriTit, tout exprès pour Tj introduire, sa 11* épitre (à M, Vabhi au Roches f Contre les Procèi)^ qui ne parut qu'en 167s,

Brossette (Œuvres de Boileau^ édition Saint-Marc, 1747* tome I, p. 984) dit que le satirique Tarait apprise de son père, greffier à U grand*chambre du Parlement, « à qui il l'avait ouï conter dans sa jeunesse ; elle est tirée d'une ancienne comédie italienne. » Nous pbçons ici, pour faciliter la comparaison, l'extrait de Boilean :

.... Si jamais quelque ardeur bilieuse Allumoit dans ton cœur l'humeur litigieuse, Consulte-moi d'abord ; et pour la réprimer, bien la leçon que je te Tab rimer*

Un jour, dit un auteur, n'importe en quel chapitre.

Deux voyageurs à jeun rencontrèrent une huître;

Tous deux la eontestoient, lorsque dans leur chemin

La Justice passa, la balance à la main.

Devant elle à grand bruit ib expliquent la cbose.

Tons deux avec dépens veulent gagner leur cause.

La Justice, pesant ce droit litigieux.

Demande l'huître, l'ouvre, et l'avale à leurs yeux;

Et par ce bel arrêt terminant la bataille :

c Tenez, voilà, dit-elle, a chacun une écaille;

Des sottises d'autrui nous vivons au Palais ;

Messieurs, l'huître étott bonne. Adieu. Vivez en paix, a

Cbamfort, rapprochant les deux poésies, dit de celle de la Fon-

J. ni LA FOSTAIXX. II 16

4oa FABLES. [r. ix

uine ; t Celte fable est ptrfidte d*im bout k l*antre. La morale, on plutôt la leçon de prudence, qui en r^tulte, est exoellcnte. Cett un de cet apolognet qui ont acquit la cââirité dei proferiiei, ■ans en aroir la popularité baise et ignoble. » Pub il ajoute, après aToir transcrit les alexandrins de Tépitre : c On Toit quel aTuitage la Fontaine a sur Boileau. Celui-ci, à la Tëritë, a plus de précbion; nais, en la chercbant, il n*a pu éviter la sécheresse, t D*Âlembert, dans sa note 19 sur V Éloge de BcUeam. {Histoire ia membres de V Académie française morts depuis 1700 jusqu^à 1771, tome m, p. 86), juge aussi comparatirement les deux apologues. « Quoique, dit-il, dans cette fable, la Fontaine ne laisse pas Despréaux aussi loin derrière lui que dans la première (celle du Bûcheron^ lirre I, fable xti ; Boileau, Poésies diperses, n* xxnti)^ il j conserre toujours sa supériorité. » Il ajoute ensuite : e II nous semble.... que la jolie fable de la Motte intitulée ie Fromage (livre II, fable xi), et qui a le même objet à peu près que celle de VBuitrCf est bien préférable {n'est-ce pat Beaucoup dire?) à celle de Despréaux, car nous n^osons la comparer à celle de la Fontaine. 9 {ibidem, p. 86-87.)

Robert cite, parmi ses rapprochements, le Demoeritus ridenSf p. 117, Aliéna tmpe aliisprodest sftdtitia; NoCl du Fail, Us Comiet et discourt ^Eutrapel, conte m. Jugements et suites de procès; Pio- Tano Arlotto Mainardi, Faeezie^ etc., p. 97-98 (Firenze, i568}; Jacques Régnier, Apologi Pkttdrii, pan i, fab. ai, F'iverra, Palpes, Léo, et Lupus, Mais la seule ressemblance que ces récits offrent avec le nôtre est la moralité qui s'en peut tirer sur le danger qu*il j a d'ordinaire pour les plaideurs, les contestants, à faire interrenir la justice ou un tiers arbitre. Pour même similitude, on peut citer aussi le conte lxxit des Aeaddnas (traduction de Stanislas Julien, tome II, p. 8-10). — Voyex plus loin, dans la note i3, un extrait, fort significatif, du vieux sermonnaire Menot.

Cet apologue parut, pour la première fois, dans le recueil de Fables nouvelles, de 1671, p. ai. — Nous en avons vu, dans le cabinet de M. Botttron-Cbarlard, un manuscrit, qu*une dédicace et une sorte d'envoi épistolaire rendraient bien précieux, si Ton pouvait se tenir pour assuré de Tauthenticité. Au-dessous du titre sont les mots : A mon amj de Maueroy ; et après la bhlt on lit la note suivante : « Mets cette fable dans ton recueil, et fais-en ton profit. Je te manderaj mon sentiment sur tes deniien ven, qui m'ont

r. nj LIVRE IX. 4o3

édifie ; si tout le reste 7 ressemble, je donncray de iiieii loin la

pftlme à les homélies sur tes rers dignes du paganisme. Qnant à tes

denx dernières ëpigrammes, j*en donnerois le choix pour une épingle.

c Adieu, j'ay tnûs autres fables sur le chantier, f aj re&it le Glan

et la Citrouille.

e Db LA FoBTAm. 9

VHuÙre et les Plaideurs ont fourni à Sedaine le sujet d^un liTret d*opéra-comique, portant le même titre (176 1).

Un joar deux Pèlerins* sur le sable rencontrent

Ihie Huître, que le flot y venoit d'apporter' :

Ils TaTalent des yeux, du doigt ils se la montrent;

A regard de la dent il fallut contester^»

L'un se baissoit déjà pour amasser^ la proie ; 5

L'autre le pousse, et dit* : a II est bon de savoir

I. Emplois analogues du mot aux livres II, fable x, rers 7; IX, fable xiT, rers 11, etc.; et du féminin ia p^erine au lirre X, fable II, rers 17. Le substitut Messieurs ^ du rers 18, là familier aussi et plaisant, ne permet guère de prendre ici Pèlerins au sens propre.

9. « La Fontaine, dit Chamfort, ne s*est point piqué de la précision de Boileau. Il n*oublie aucune circonstance intéressante. Sur le sMe^ Thuitre est fraîche, ce qui était bon à remarquer ; aussi le dit-il formellement : que le flot y venoit JP apporter ^ et ce mot fiiit image, 9 Pour aroir Thuître fraîche, peut-on objecter à l'éloge, on la Ta prendre au rocher. Sans doute Fauteur reut que nous la jugions fraîche, mais il ne nous dit pas de le conclure de ce que le flot Tient de l'apporter. Sur la suite, Chamfort ajoute : « L'appétit des plaideurs lui fournit [à la Fontaine] deux jolis Ters qui peignent la chose. » Voyez aussi, sur le Ters 3, M. Marty-LaTeaux, Essai sur la langue de la fontaine^ p. 45.

3. Dans la fable de Boileau (Toyez ci-dessus a notice), il y a le même Terbe aTec complément direct : c Tous deux la contestoient. »

4. Jmasser est le texte original et le mot était juste alors ; un de ses sens était : c relcTer de terre ce qui est tombé, » comme dit l^^cadémie, dans toutes ses éditions sauf la dernière (1878). Elle ajoute cependant, dès la première : a On dit plus ordinairement ramasser; 9 ce qui est la leçon de 1679 Amsterdam. — Ailleurs la Fontaine dit de même accoureir (lirre IX, fable xiy, Ters 8).

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