‹ ŒuvresChapitre 161 sur 224 · A dû, (1671, 79 Amsterdam · texte numérisé non relu

A dû, (1671, 79 Amsterdam

7. Littré ne cite de ce mot, au sens propre, que notre exemple. L'Académie ne le donne dans aucune acception, même en

8. Le dialogue est autrement coupé dans les éditions de 1671 et de 1679 Amsterdam :

.... J*ai Tceil bon. — Dieu merci, Je ne Tai pas mauTais aussi.

Sur^.... aiiiii au sens de^Mu.... itanplus^ Toyezp. 363, note 11.

9. Serment elliptique : a Je le jure sur ma rie. » Voyea Littré, Sm, 3a*.

10. Ce nom de DatuHn^ rendu si populaire par Racine, Molière, la Fontaine, chez qui il revient dans la lettre à U duchesse de Boiùilon de novembre 1689 (tome III M,-L,^ p. 390*), est emprunté à Rabelais (chapitre xli du tiers livre). Perrin Dendin («ic), chex Rabelais (tome II, p. 194*19^)» i^^^t pas un juge, mais joue simplement, comme ici (voyez toutefois la note i4)t le ^à\e d^arbitre :

* « Or je ne sati bon, non plat qoe Perrin Dandin, que quand les paztiet •ont lasaet de eonCetter. •

p. ix] LIVRE IX. 4o5

Perrini fort gravement, ouvre THaître, et la gruge *S

Nos deux Messieurs le regardant.

Ce repas fait, il dit d*un ton de président : « Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille ao Sans dépens^*, et qu^en paix chacun chez soi s'en aille^'.»

« .... Toas les debatz, procès et differens, estoient par son deuis Taides, comme par iuge sooueraiiiy qnoy que iuge ne fenst, mais home de bien.... lamais n*apoinctoit les parties, qu'il ne les feist bojrre ensemble par symbole de réconciliation, d*accord perfaict, et de nonnelle ioye. »

II. Même Terbe au figorë dans la fable xxi du livre I, vers 35.

la. Chamfort dit à ce sujet : c Les deux derniers Ters [dansBoileau] sont plus plaisants que dans la Fontaine ; mais le mot sans diptn» de la Fontaine équivaut, à peu près, à Messieurs^ PhuHre étoU bonne. » Berriat -Saint-Prix, dans $ei notes sur TépStre de Boileau, dit qu'il ne comprend pas cette ëquiYalence. C'est qu'il entend wns dépent dans le sens qu'il a quand on dit « gagner son procès sans dépens, » sans obtenir les dépens, sans que la partie adrerse soit condamnée spayer les dépens; tandis que Chamfort, justement croyons-nous, les explique par a sans finis » : le juge ou arbitre se troure suffisamment payé par la bonté de l'huître.

— Dans Boileau il y a la formule opposée : c Tous deux avec dépens », que nous trouvons aussi dans la xxxir* des Poésies diverses de la Fontaine, tome V M.-L,, p. Bg :

Avec dépens; et tout ce qui s'ensuit.

— A comparer, sans qu'on en puisse, ce semble, rien conclure pour le sens de notre passage, la fin de l'arrêt burlesque que Rabelais met dans la bouche de Pantagruel (chapitre xin, tome I, p. i8i) : « Amis comme devant sans despens, et pour cause. »

i3. Les textes de 1671 et 1679 Amsterdam ponctuent autrement; ils ont deux points après c une écaille ». — « Cette fable de CHuûre et Us Plaideurs est devenue en quelque sorte, dit encore Chamfort, l'emblème de la justice, et n'est pas moins connue que l'image qui représente cette divinité, un bandeau sur les yeux et une balance à la main. » Voyez les deux derniers vers de la fable XXI du livre I, où notre auteur lui-même fait allusion à cette fin passée en proverbe. Au reste, les allusions abondent dans la langue soit parlée, soit écrite. En voici une, assez piquante, de Saint-Simon (Mémoires^ tome XII, p. 365, édition d 1878) : — a II (le maréchal d'Harcourt) demanda sa charge (de capitaine des

4o6 FABLES. [r. iz

Mettez ce qii*il en coule à plaider anjoiird*hiii; Comptez ce qu^il en reste à beaucoup de familles, Vous verrez que Perrin*^ tire Fargent à lui, Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles*', a 5

gardes) pour fon fili, et il robtint. Ainsi il mangea rhuitre dont le Roncj et M. de Lorge n*earent que les ëcaîlles, qne je troavmi toutes deux fort dores. » U s*en tronre une antre an tome U, p« 173, même édition. — Pour Tordre de sVn aller « en paix n, grugés et contents, on peut rapprocher cette phrase du libre et franc sermonnaire Menot : ... Quamdo essemut in proceuu, utl grossi rosores (rongeurs) eomederent nos et post infinittu panas st discnmu et pagationes Jicêrênt nobis : a ConeonUtis 90S stmui. v [Sermon pour le samedi des cendres, tahèato einerum^ fol. 79, col. 3-4. )

i4- Ici, c*est bien comme nom de juge, plutôt que d^arbître de rencontre, que le mot reyient.

i5. C*e8t~à-dire ne leur laisse rien. Le sac, sans Targent, les quilles, sans la boule, ne sont d*aucun usage ; a moins que le set ne signifie ici le sac où étaient les informations, les papiers relatifs au procès : voyez Rabelais, le quart lÎTre, chapitre xn, tome II, p. 3i3. Littré, au mot Sac, ix*, explique par « proprement prendre Targent du jeu et ne laisser aux autres que les quilles et leur sac. a — Molière nous donne, dans les Fourberies de Sempin (acte II, scène t), le commentaire animé de ces quatre Ters : Tojes tome y III de ses Œuvres^ p. 4^0*4^4» ^^ 1^ notes. — Mme de SéTigné(tome IX, p. 55i-55»), dans une lettre du mois de juillet 1690, applique au duc de Savoie la morale de Tapologue, ou, pour mieux dire, une des vérités qu'il fiiit ressortir : a J'en chanterois bien un (r^ Deum) de tout mon cœur pour le retour de la raison de Monsieur de Savoie; mais ce qui est fâcheux, c'est qu'il ne sera plus le maître de la paix quand il le voudra. C'est la fable de PHuCtre^ comme vous dites : il sera gobe par le plus fort, a

F. x] LIVRE IX. 407

us LOUP ET LE CBIBU MAIGRE.

Éflope, fab. 35, Kvnv xa\ Aôxoc (Coray, p. a3 et p. 296, sous deux formes). — FaCrne, fab. a8, Canit et Luput, — Haadent, a* partie, fab. a6, ttun Loup et tTun Chien, — Même tajet dan s VEsopus âe Burkhard Waldis, fab. 63.

Mythologia msopica Neveieti^ p. 118.

Bobert rapproche aussi une fable latine extraite par lui (tome II, p. 547-548) du même recueil manuscrit que les fables mentionnées, d'après lui, ci-dessus, p. laS et a sa ; et de celle-ci il renroie à la fable 94 de Marie de France, </0ii Bues* et dou Leu» Dans toutes deux, identiques de fond l'une ayec l'antre, le sot glouton est dupé de tout antre manière. Un Bœuf, surpris dans nne vallée par un Loup, le conjure de le laisser gravir la montagne voisine, pour j Uixre sa dernière prière; mais, arrivé au sommet, il pousse un tel rugissement que les bergers accourent, avec leurs cbiens qui déchirent le Loup.

Benserade, dans son quatrain cxxvi, résume ainsi la fidile :

Sous la patte d'un Loup plutôt friand qu'avide, Un Chien dit : c Attendez, je suis maigre et suis vnide; Je m'en vais à la noce, et j'en reviendrai gras. » Le Lonp y consentit : le Chien ne revint pas.

« Après l'apologue précédent, dont la moralité est si étendna, dit Chamfort, en voici un où elle est très-étroite et trèft-bomée. Elle rentre même dans celle d'une autre fable (voyez la note a), comme la Fontaine nous le dit dans son petit prologue, assez médiocre. » Pourquoi cette dernière épithète? Le début est fort bien approprié à ce morceau d'élégante et toute simple brièveté.

Autrefois ûirpillon firetin

Eut beau prêcher, il eut beau dire,

I . Boquefort écrit ainsi au titre ; ailleurs, aussi, Bous et Buêf^

4o8 FABLES. [r. x

On le mit dans la poêle à frire*.

Je fis voir que lâcher ce qu*on a dans la main.

Sous espoir de grosse aventure', 5

Est imprudence toute pure.

Le Pécheur eut raison ; Girpillon * n*eut pas tort : Chacun dit ce qu*il peut pour défendre sa vie.

Maintenant il faut que j'appuie Ce que j'avançai lors, de quelque trait encor*. lo

Certain Loup, aussi sot que le Pêcheur fut sage,

9. Voyez liTre V, fable zu, U Petit Poisson et le Pêcheur^ et, cideMus, pour fretin^ la note 1 1 de la page »5o.

3. Terme de négoce : sous espoir de gros bénéfice, mais a^ee beaucoup de mauraises chances à courir. L'expression, an sens propre, rappelle la jolie fable du Berger et la Mer (ii* du livre IV}. — Ailleurs (livre VIII, fable xxir, rers lo), dans on autre sens, aTeo une autre épîtbète :

.... ayant couru mainte haute arenture.

4. Le fabuliste fait ici un nom propre du nom commun de la béte, de même qu*au livre X, fable m, Ters i3 :

Cormoran vit une écrevisse,

sans qu'il 7 ait, ce qui est son usage plus ordinaire, une épithète ou une apposition, soit après, comme au vers i : c CarpîUon fretin s ; à la fable citée^ vers 36 : c Cormoran, le bon apôtre a; à la fable I du livre XI, vers 10 : c Lionceau, mon voisin s ; soit avant: c Toisin Grillon » (V, iv, i3); c son ami Bouc a (III, t, a), etc., etc. U est vraiment curieux de Toir, et Ton a vu et verra, en maint endroit, combien il varie cette manière d'individualiser et humaniser; il fait précéder les noms de prénoms, de titres d'honneur, comme Seigneur, Messire^ Messer, Monsieur, Maure, CapitatMe, Dom^ etc., etc., même ayec la particule de noblesse : « Monsieur du Corbeau 9 (1, 11, 5, et XII, xv, xaS), c Ce Monseigneur du Lion-là s (VII, m, a6).

5. Chamfort gourmande ridiculement le poète pour cette assonance de lors et à^encor, cette rime entre hémbtiches qui est toujours violation de l'usage, donc licence vu les règles, mais non pourtant choquante en soi : « H est impardonnable, a'écrie-t-il, d*être si négligent. »

r. xj LIVRE IX. 409

Trouvant un Chien hors du village, S*en alloit remporter*. Le Chien représenta Sa maigreur : « Jà' ne plaise à votre Seigneurie

De me prendre en cet état-li ; 1 5

Attendez : mon maître marie

Sa fille unique, et vous jugez Qu*étant de noce, il faut, malgré moi, que j*engraisse'. »

Le Loup le croit, le Loup le laisse.

Le Loup*, quelques jours écoulés, 90

Revient voir si son Chien** n^est point meilleur à prendre ;

Mais le drôle étoit au logis.

Il dît au Loup par un treillis" :

M Ami, je vais sortir ; et, si tu veux attendre,

Le portier du logis et moi a 5

Nous serons tout à Theure" à toi. »

6. A remanpier l'addition t*en à cette périphrase Tcrbale où aller joue umplement le rôle d^auxiliaire pour marquer le fattir.

7. Abr^Tiation du latin jam : dëjà, dès ce moment. Voyes le conte TU de la II* partie, Ters 317, tlpatsim,

8. Dans les deux fiiblet d'Ésope et dans celle de Faëme, il s*agit également de noce. Dans Haudent, le Chien annonce seulement

.... Que son maistre fera Banquet auquel, s'il n'est bien prez tenu, Abondamment adonc s'engressera.

9. Ce redoublement du nom fait plaisamment ressortir le redoublement de sottise : triple sot de le croire, de le laisser, de revenir.

fo. Nodier dit, au sujet de ce son, plein de malice et de bonhomie : « Cela rappelle ce joli trait de la fable de tOurs et les Jeux Compagnons (livre V, fable xx, vers 9-10) :

Dindenaut prisoit moins ses moutons qu'eux leur Ours : Leur, i leur compte, et non à ce! ni de la bête. »

II. Dans la fable d'Ésope et dans celle de Faëme, le Loup aperçoit le Chien couché sur le toit de la maison, d*où il cherche en Tain à le faire descendre.

13. A rinstant même. — Pour le sens d'^/re à, voyez lAtîré au

4io FABLES. [r. x

Ce portier du logis ëtoit un chien énorme,

Expédiant les^' loups en forme**.

Celui-ci s'en douta. « Serviteur au portier, » Dît-il; et de courir". Il étoit fort agile; 3o

Mais il n^étoit pas fort habile :

Ce Loup ne sa voit pas encor bien son métier**.

premier article d*ÊnuK, 6*. Nom aTons vu, avec une légère nuance d'acception, au ren a 3 de la fable xr du livre II :

lia vont vite et seront dans un moment à noua,

— Signalons un antre emploi, Ttf et elliptique, de la prépotition «, trois Ters plus loin.

i3. Dtfi, dans les deux textes de 1679 Paris; au Ters Sx, ils omettent fort ; V Errata corrige en les et rétablit Tadrerbe. L'édition de 168 a reproduit la seconde faute, sans tenir compte de la correction.

14. En bonne forme, selon les règles. Même verbe et même nom, arec l*adj ectif comaM^tf, au livre XII, fable vi, vers 6-7.

i5. Vojez ci-dessus la note ao de la page a6i.

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