I. Voyez ci-dessus, p
4i6 FABLES. [p.
Saint-Marc Gînrdin, daiuia xxi* leçon (tome II, p. 9o8-ai4), proche les deux faUes, et n*a pas de peine à montrer la sapërioridé de la Fontaine. — c Cette tMe est très-agréaUement contée, die Ghamfort ; mais la moralité en ett vague et indétenninée» L'anteur a Tair de bUmer le Renard, en disant [vers 33] :
Le trop d*expédients peut gâter une affaire.
Et cependant le Renard fait ce qu'il j a de mieux pour se sauTer, et ce qui le sauTe très-souTent. La Fontaine ajoute, à propos d^ex-* pédients:
ITen ayons qu'un, mais qu*il soit bon.
Il ne songe pas qn*il est en contradiction arec lui-même, et qoe, dans la fable xxm du XII* liTre (rers 49), il dit, à propos d'une ruse admissible d'un renard, qui ne réussit que la première fob :
Tant il est vrai qu*il faut changer de stratagème I a
Chamfort est, encore une fois, bien injustement sévère. Ce que dit le poète ici est vrai; ce qu'il dit à la faUe xxiii du XII* livre Test également. £st*ce sa laute ai deux vérités d*expérience qui semblent contraires, mais, à bien dire, sans Tétre, sont également vraies? Cette contradiction apparente n'est-elle pas une fidélité de plus dans la peinture ? a Tous nos proverbes, dit Nodier, ou est contenue la Sagesse des nations, ont autant de proverbes en sens opposé, et qui ne sont pas moins sages. Cela ne donne pas une grande idée de notre raison, mais cela en donne une idée assex juste. »
Le Qiat et le Renard, comme beaux petits saints,
S*en alloient en pèlerinage *• Cétoient deux vrais tartufs*, deux archîpatelins*,
a. Comparez livre VIII, fable xv, vers 19.
3. Sur ce mot, abrégé ici d*une sjUabe, qui est devenu nom commun, très-usité, depuis la fameuse comédie de Molière (1664, 1667 et 1669), voyez le tome IV de ses Œuvres^ p. 3ia, note a, et p. 398, note I.
4. Patelin^ encore un personnage de comédie, avec nom allongé au mojen d*un préfixe superlatif. Ces deux substantift, créés par le théâtre, « présentent à Tesprit, remarque Walckenaer, un sens plus déterminé qu^h/poeriie et cdUn^ parce que la scène, en nous mon-
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Deux francs patte^pelns*, qui, des frais du voyage, Croquant mainte volaille, escroquant maint fromagei S
S'indemnisoient à qui mieux mieux.
Le chemin étant long, et partant ennuyeux,
Pour raccourcir* ils disputèrent.
La dispute est d^un grand secours :
Sans elle on dormiroit toujours ''. so
Nos pèlerins s^égosillèrent*.
Ayant bien disputé. Ton parla du prochain*.
Le Renard au Chat dit enfin :
« Tu prétends être fort habile ; En sais-tu tant que moi ? J'ai cent ruses au sac **. x 5 — - Non, dit Tautre : je n'ai qu*un tour dans mon bissac;
trant cet deux pertonuagei, a bien arrête pour nous Tanalogie d« leun noms avec leurs caractères. »
5. Autre synonyme de tartuffe, c On dît figurëment d*un homme qui a les apparences douces et honnêtes, mais qui est dangereux, et dont il se faut défier, que c'est une patte pelue, une dangereuse patte pelue. » (Dictionnaire de V Académie ^ 1694*) Notons que la Fontaine, employant le mot en apposition à deux masculins, le fait du même genre qu'eux, laissant par suite patte sans «. — Pâtes pelttes^ au féminin, comme le donne FAcadëmie, se troure dans le passage de Rabelais cite plus haut a la note a i de la page 188. Le Dnchat Toit dans la dénomination de pattes pelues une allusion à la supercherie de Jacob qui se couTrit les mains de peaux de bètes pour tromper son père Isaac et supplanter son frère Ésaû.