II. Voyez de nouveau la note »o de la page a6i
la. Voyez livre VI, fable xx, vers 6, où la Fontaine personnifie Que^ê-quo-non et en fait le frère de la Discorde.
i3. U y a le même rapprochement des lî, substantifiés, et du mot noise, aux vers iSS-iSg du conte m de la V* partie.
14. Même adjectif, au masculin, dans les vers % de la fable xr du livre n, et s de la fable xni du lirreXII ; et, appliqué subsuntirement an roi Louis XI, dans une lettre de i663 (tome III 2f.-£., p. 3a3). Au liyre XI, vers 9, fable ti, nous trouverons le nom dériyé matoiserie,
i5. Cette périphrase verbale revient au ven 33 de la fable xxiii du livre XII, et nous l'avons vue, rimant avec le même nom de chien, au livre V, fable xvit, ven ii-ia. Sur ce nom, voyez au tome I, p. 417* note 5, et V Essai sur la langue de la Fontaine^ de
w. xnrj LIVRE IX. 429
Tons les confrères de Brifaut.
Partout il tenta des asiles^*;
Et ce fut partout sans succès ; La fumée y pourvut, ainsi que les bassets. 3o
Au sortir d*un terrier, deux chiens aux pieds agiles
L*étranglèrent du premier bond.
Le trop d'expédients peut gâter une aflfaire : On perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire. N'en ayons qu'un, mais qu'il soit bon". 3 5
M. Maity-Lareaux, p. 5i. Loret, dëcriTant des chasses, s'en sert dins deux lettres de x655 de la Muté historique (tome II, p. iio et 118 de rëdition Liret); dans la seconde, il termine par loi une longue kyrielle de noms connus ou qu'il forge :
.... Tous ces chiens d'admirable race, Assaroir Brise-fer, Ardant, Grifon, Citron, Japart, Mordant, Passarant, Gorgibus, Bellerre, Grand-Gozier, Tripotain, Tonnerre, Gripaut, Harpaut, Noiraut, Brifaut, ClaxMiudèrent là comme il faut.
16. c Ellipse hardie mais heureuse, a remarque Walckenaer ; disons plutôt : a heureuse et claire brièTeté. » A rapprocher, dans Virgile (Enéide^ livre YIII, rers 1 13) : Ignotat tenture pîas. Le laconisme n'est pas moindre, mais clair aussi, au rers 3o : ff La fumée / pourvut, etc., 9 c'est-à-dire « pourvut à ce que ce fût sans succès. » On l'enfuma pour le faire sortir de son terrier, et l'on employa, pour le prendre, des bassets, sorte de petits chiens, trèsbas sur pattes, qui sont dressés, dit le Dietionnairt de Trévoux, à e aller en terre. » Voyez, pour Bassets^ la page aa de VEisui cité à la note i5.
17. Plus voisin encore que le vers 17 du tv fil^« de l'ïambe grec. — Voici l'épilogue de la fable de Senecé mentionnée dans la notice :
Expédients pour se tirer d'afiaire Sont dans la vie un secours nécessaire ; Qui trop en a n'est pas le mieux loti : Le nombre y nuit; mais le plus salutaire. C'est d'être habile à prendre son parti.
c Je ne veux pas comparer la fable de Senecé, pied à pied, avec
43o FABLB8. [f.
edle de h Fontiîiie, dk 8inifr»line CSntim (taoïe n, p. 909% et punir de eecte fiiçoii l'élèrc d'croir Intté eontre le laatoe; mut je eoii forcé de dire ^oe les cinq Yen de Senecé, qiioî^*ils aient Faîr d'avoir nne eertaine préeition, n*ezpriment pni amm nettencnt h monJe de le fidde que les trois Tcrs de le Fontnine. » — Le fidmlifte latin qoe noue arons cité, d*aprè« Bobert, dans la notiee, p. 4^Sf te borne à cette application resticinle : Sic camtkigU ff qmemier ^mod pUa frodesi im pUuUo (on c pleit », comnie tradnit Marie de France, on procès) mmietum 9tr^um prM kamùmu et petam fmam wudtm faUomm fûttmâm toriaoêm, Gameiarins, pour tes dem foUety a cette BM>ralité bien générale : FmhmU marmtmr cotUwm ^ù^ riaiores wanos ri OMteniatores mundaees.
r. Tw] LIYRB IX. 43i
FABLE XV
LE MARI, LA FBMMB, BT IM YOLBUR.
lîPTû des lumières f p. 1^9-360. — Bîdpat, tome II, p. 355-356t U Marchand^ sa Femme et le Poleur, — Pantehatantra, même titre, p. a4o (ëd. Lancereau, où sont indiquées d'autres sources; Toyez aussi Benfey, tome I, p. 367, qui compare une rersion de VEito^ padésm^ d^un nflinement assez libre). — Sermanes laiini Jacobi de Lenda (Paris, i5oi, in-4*), fol. 74, col. 3. — Camerarius, fab. 388, Senex et uxcr aJolesceniulmm — Doni, Filatofia morale^ fol. 74.
Dans le conte naïf de Jacques de Lenda que nous donnerons à VAppendUe^ comme curieux à trourer dans un sermon, ce n'est pas un Toleur, c*estun Toisin complaisant qui joue le rôle d*épouTantail.
« Je dirais rolontiers sur cette fable, remarque Chamfort, ce que disait un mathématicien, après aroir lu Vlphigéme de Racine : a Qu'est-ce que cela proure ? » QueUe morale 7 a-t-il à tirer de là? b Après SToir cité une autre critique de même sens, l'abbé Guillon ajoute avec ration : a Cette fable, ou plutôt ce conte [comme il est appelé an yers a 8], n'en est pas moins semé de traits charmants. » Le mot « conte » suffit pour ôter tout prétexte & cette sorte de blâme que Chamfort se plaît à fonder, uniquement et légèrement, nous l'aTons dit plus d'une fois, sur la qualité de fable, et tantôt sur le défaut, comme ici, de morale, tantôt sur sa déduction trop peu logique. On pourrait être tenté plutôt de s'étonner de Tonflssion d'une circonstance qui se trouve chez les dcTanciers de la Fontaine : la laideur ou la rieillesse du mari, son avarice ou sa mauvaise humeur. Il a sans doute paru piquant à notre poète d'j substituer le trait bien féminin d'une indifférence on d^nne aversion de pur caprice.
Un Mari fort amoareut,
Fort amoureux de sa Femme \
t. Répétition à la fois superUtivé et gaie, et donnant bien, stnsi
43a FÀBLB8. [f.
Bien qu'Q (ât jouissant', se croyoit malheureux.
Jamais œillade de la dame,
Propos flatteur et gracieux, s
Mot d*amitié, ni doux sourire,
Déifiant' le pauvre sire.
N'a voient fait soupçonner qu'il fût vraiment chéri*.
Je le crois : c'étoit un mari.
Il ne tint point à Thyménée i o
Que, content de sa destinée.
Il n*en remerciât les Dieux '•
Mais quoi? si Famour n'assaisonne
Les plaisirs que l'hymen nous donne,
Je ne vois pas qu'on en soit mieux*. i5
Notre Épouse étant donc de la sorte bâtie ^,
que le ren 9, nn peo plot bat, le ton de la pièce, qui ett en effet, nonf l'aToni dit, plus conte que fable.
s. Bien quelle fut à lui, qu*elle fût ion bien. Même mot, arec une nuance différente, trèa-tensible, Yen 174 du conte t de la II* partie.
3. Le rendant égal aux Dieux. Déifié an tome III Jlf.-L., p. 44'*
4. « Le mari Taimoit de mille cceun et la femme le fuyoit de mille journées. » (Liçre des lumières^ p. aSp.)
5. Cest-a-dire §*il eût suffi d'aroir les diroiti d*époux et d*en uter, pour être content, il eût pu remercier lea Dieux.
6. Ces trois ren sont signalëa par Chamfort, qui a raiaon de les trouver jolis. Nous rencontrons le même tour, précédé de la même métaphore, dans les Filles de Minée^ Yen 5a-53 :
La défense est un cbarme : on dit qu'elle assaisonne Les plaisirs, et surtout ceux que Tamour nous donne.
Les passages abondent, chez notre auteur, où l'hymen et l*amonr sont mis en regard, en opposition,
7. Même figure familière, en parlant aussi de personnes, aux lÎTres VIII, fable xxr, Ters 3i ; XI, fable th, vers 18; à Tacte V, scène 11, de t Eunuque (tome IV M.^L,, p. 79); dans Molière, F École des maris ^ acte I, scène 11, rers 77, et, arec rapport remarquable, chea Mme de Sérigné, lettre du 16 octobre 167S (tome IV, p. 184) : à cœur, < Il y a des coBurs plaisamment bâtis en ce monde, a
p. xv] LIVRE IX. 433
Et n*ayaiit caresse son mari de sa vie.
Il en (aisoît sa plainte une nuit. Un Voleur
Interrompit la doléance.
La pauvre femme eut si grand'peur %o
Qu*elle chercha quelque assurance
Entre les bras de son époux*.
« Ami Voleur, dit-il, sans toi ce bien si doux Me seroit inconnu. Prends donc en récompense Tout ce qui peut chez nous être à ta bienséance* ; % s Prends le logis aussi**. » Les voleurs ne sont pas
Gens honteuxi ni fort délicats :
Celni-ci fit sa rnain^^
J^infère de ce conte
Que la plus forte passion Cest la peur : elle fait vaincre Taversiony 3o
Et Famour quelquefois; quelquefois il la dompte**;
J*en ai pour pf^uve cet amaut Qui brûla sa maison pour embrasser sa dame,
S. Dam le livré des lumières^ la Femme, en ce moment, Teille, et dans Bidpal elle fait lit à part ; mais elle est saisie d*aoe telle crainte à ]*entrée du Voleur quVIle se lère et court Ters son mari.
9. Ce n*est, on le Toit, ni la mesure, ni ]a rime qui ont mis obstacle à l'emploi du mot convenance^ plus usité dans ce tour, nous ne disons pas plus juste, aujourd'hui. Mme de Sérigné a dit (tome IX, p. 374) '• a .... Ce beau morceau qui ëtoit si fort à rotre bienséance, a Richelet (1680) cite, au mot BmisiAirGB, un exemple de Perrot d*Ablancourt.
10. Hic,,,, re ïmtus^ furihus grattas agere et jubere impune au ferre quicquid Uhuisset, dit Camerarius. Mais comme le dernier trait de la lable française, cet abandon de tout, cette permission au delà du possible : c Prends le logis aussi a, rend bien autrement, au natn* rel, la passion, Texaltation !