‹ ŒuvresChapitre 18 sur 224 · LE CERF SB VOYANT DANS L^SAU · texte numérisé non relu

LE CERF SB VOYANT DANS L^SAU

Éaope, fab. i8i, "Ekafoç xa\ Alciiv, "EXwfoç xa\ Bijpiuraî (Conij, p. iix-ii3, p. 364-366, soiu hait formes). — Babrius, fab. 43, "Ekaïf^ xa\ KuvfjYirat. — Aphthoniot, fab. x8, Faèuia Ctrpi^ ùdmo^ Hêns ut differatur judlcUtm de aliqua re prhuquam ejut faetum sii perieiUum. — Phèdre, lÎTre I, fab. is, Cemu ad fontêm, — Romuliu, livre m, fab. 7, même titre. — Anonyme de Nerelet*, fab. 47* de Cerpo et Fenatore. — Marie de France, fab. 3a, dou Cerf ki vit ses carnes en Piaue tantdis que il héveit. — Corrozet, fab. 36, du Cerf qui se veid en ia fontaine, — Haudent, i^ partie, fab. 1479 dun Cerf se mirant en une fontaine. — Le Noble, conte 73, du Cerf qui loue ses cornes. Le mauvais discernement.

Mythologia sssopica Neveieti^ p. a38, p. 336, p* 396, p. 5ao.

Dans le cristal d*une fontaine

Un Cerf se mirant autrefois

Louoit la beauté de son bois,

Et ne pouvoit qu'avecque peine

Souffrir ses jambes de fuseaux*, 5

I . Nous continuerons de le citer ainsi, mais derons ajouter, ce qui eût dû trouver place au tome I, dès la première mention de ce poète qui a mis Romulus en vers, que Ton a découvert un manuscrit où il est appelé Ugobardus Sulmonensis. C'est sous ce nom que Ta publié Dressler, en i838, comme appendice à Phèdre, en laissant aux fables les chiffres d'ordre qu*elles ont chez Nevelet ; nous nous conformerons, dans nos citations, au texte de Dressler. Au sujet de ce fabuliste, demeuré si longtemps anonyme, très-goûté de J.-C. Scaliger, qui l'appelle Accius, peu de Lessing, voyez, outre les préfaces de Dressler, Robert (tome I, p. lxxxi ; il le nomme Galfredus ou Gaufredus), Fédition de Phèdre de Schwabe • (tome I, p. 17a; réimpression de Gail, tome II, p. a35-a4i)» et, au tome I de l'édition de la Fontaine de M. Moland, V Introduction sur la FabUy p. xxxix-xxxiv.

a. Voltaire, dans une lettre au maréchal de Richelieu, du xi f^

r. n] LIVR£ VI. 29

Dont il voyoît Fobjet' se perdre dans les eaux. « Quelle proportion de mes pieds à ma tète ? Disoit^il en Toyant leur ombre avec douleur : Des taillis les plus hauts mon front atteint le faîte ;

Mes pieds ne me font point d'honneur. » i o Tout en parlant de la sorte^ Un limier le fait partir*.

Il tache à se garantir ; Dans les forêts il s'emporte.

Son bois, dommageable ornement, 1 5

L'arrêtant à chaque moment, Nuit à Toffice ' que lui rendent Ses pieds, de qui ses jours dépendent.

Il se dédit alors, et maudit les présents

Que le Ciel lui fait tous les ans *. ao

Nous faisons cas du beau, nout méprisons l'utile '^ ;

^er 1773 (tomeLXVIII, p. 147)1 a emplojë, au même sens, le tour inrerse : <c Mes deux fuseaux de jambes sont derenus gros comme des tonneaux. » — L* Anonyme de Nevelet (vers 4) *^ *^^^ d'une autre figure : Tibia maera pedum; au vers précédent, la beauté du bois est ramosm gloria frontis.

3. L*image qui s'oflrait à lui, au sens où Cicéron a dit [F** Académiques j livre II, cbapitre xvi) : F'isum ohjectum est..,, dormienti, Molière a de même employé le mot pour idée offerte à C esprit :

Ce n*est pas que Tingrate aux yeux de mon rival N'ait fait contre mes feux un aveu trop fatal, Et témoigné pour lui des excès de tendresse Dont le cruel objet me reviendra sans cesse. {Dom Garde de Navarre^ acte IV, scène ti, vers 1198-1101.)

4. Dans quatre des fables grecques, ce n*est pas, comme ici et presque partout, soit un chien ou des chiens, soit un ou plusieurs chasseurs, mais un lion qui fait partir le Cerf.

5. Office^ service, secours ; opem^ dans l'Anonyme de Nevelet :

Cttipaii erurit odorat opem.

6. On sait que le bois du cerf tombe et se renouvelle tous les ans.

7. La moralité de la fable xuv d'Ysopet /, citée par Robert (tome II, p. 19-21), exprime la même idée :

3o FABLES. [r. ix

Et le beau souTent nous dëtniit.

Ce Cerf blâme ses pieds, qui le rendent agile ;

n estime un bois qui lui nuit *.

SouTent filions ce qui nous faut, Et de nostre bien ne nous chaut.

L* Anonyme la rend en ces termes :

Quod fugimtu prodest^ et quod amamus obest,

— Dans deux des huit fables grecques de Coray, il y a une tout autre application : a Souvent, dans les dangers, les amis que nous soupçonnions deyiennent nos sauveurs, et ceux en qui nous avions le plus de confiance nous trahissent, i

8. c C'est là un des apologues de la Fontaine dont la moralité a le plus d'applications, et qu*il faut le plus souvent répéter à notre vanité, qui est, comme il dit ailleurs,

Le pivot sur qui tourne aujourd'hui notre vie*, d

(Cbamport.)

— Le passage suivant de la fable xxxii à^Ysopet II, citée aussi, mais très-inexactement, par Robert (tome II, p. ax-ai), se rapproche beaucoup de ces deux derniers vers de la Fontaine :

Ses iambes desprisoit

Et petit les amoit (peu les aimait)^

Dont pris eust confort {dont il eût reçu secours) ;

Ses cornes trop amoit

Et looit et prisoit.

Par qui il eut la mort.

— Chez Phèdre et dans la fable de Neckam (édition du Méril, p. ao3), c^est, de même que dans la plupart des fables grecques, le Cerf lui-même qui s'écrie :

O me infeltcem, qui nune demum intelligo Uiilia milii quam fuerint qum detpexeram^ Et^ qum laudaram, quantum luctus Itabuerint!

(PuioRE, vers i3-i5.)

Qum me juverunt^ mihi crura nocere puiaham ;

Cornua laudabam qum noeuere ndhi.

Sic qum nos perdunt çitiorum monstra prohamus^

Et bona virtutum maxima despicinuts,

(Neckam, vers 9- la.)

* La Fontaine a dit (fable i da livre Y, vert 19- ao) :

La sotte ranité jointe areeqoe Tenrie,

Deux pÎTota fur qui roule Bujoard*hai notre vie.

F. x] LIVRE VI. 3t

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