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LIVRE IX

Yolcl, dis-je, comment raisomie cet auteur :

« Sur tous les animaux *S enfants du Créateur ,

J'ai le don de penser; et je sais que je pense**; » 60

Or vous savez, Iris, de certaine science ",

Que, quand la bête penseroit,

La bête ne réfléchiroit

Sur Tobjet ni sur sa pensée.

Descartes va plus loin, et soutient nettement 65

Qu'elle ne pense nullement.

Vous n'êtes point embarrassée De le croire ; ni moi*^.

3i. Cest-à-dire au-deMus de tout les animaux, seul entre tous. 3a. Vers rappelant le fiuneux argument du Discours de la Méthode (iT* partie, p. 33-34 de Tëditlon de 1637) : c Je pense, donc je suis. »

33. De science certaine. Au sujet de cette construction ancienne, inTerse de Tactuelle, royez le Lejelque de Comeiile et la Remarque de Littrë, à la suite de l'article GaaTAHi.

34. Ce ni moiy immédiatement suivi de Cependant^ de ces faits qui rembarrassent tant, fait ici Teffet d*une contre-Térité, à la fois piquante et naïve par le tour, si Ton peut joindre ces deux épithètes. — « Mon embarras, dit Cbamfort, est de savoir comment ils faisaient pour admettre de telles idées; d et il continue ainsi (Solret cite sa remarque en entier d*après un manuscrit mentionné dans sa pnêface) : c Un des plus zélés partisans du cartésianisme, c*est sans contredit Fontenelle : il Ta prôné dans ses écrits, sou* tenu dans les conversations, défendu contre la philosophie anglaise ; mais il ne fiit jamais d'accord avec son maître sur l'âme des bètes ; et c'est dans une de ses Lettres galantes qu'on rencontre ce fameux argument que de deux montres placées à côté Tune de l'autre il n'en résultera jamais une troisième * . Dans un de ses Dialogues on lit ce trait piquant : a On voudroit bien abaisser les Dieux jusqu'à nous, «mais on ne voudroit pas y élerer les bétes^.a Enfin, dans un écrit sur l'instinct, il conclut que les bétes ont la faculté de penser et ne sont point de simples automates ^. »

* Lettre xid« la i** partie, tome I des Œuvres^ p. 3i3-3i3, Paria, 1766.

* Voici le texte exact : « Les hommea vealeat bien qae les Dieax soient aussi feus qn'eox, mais ib ne veulent pas que les bèCea soient aoasi aaget. » (Dialogues de* morts anciens^ dialogue v, entre Homère et Ésope, tome I des Œuvres, p. 27.)

* Smr Vinstinet^ tome IX des Œuvres ^ p. $79-390. L'aateur coaclat ainsi:

Cependant, quand aux bois^

Le bruit des cors, celui des voix, N'a donné nul relâche à la fuyante proie, 70

Qu'en vain elle a mis ses efforts

A confondre et brouiller la voie^, L'animal chargé d'ans '^, vieux cerf, et de dix cors*", En suppose'^ un plus jeune, et l'oblige par force

35. Chez quelques ëditeurt modernes, Nodier entre autres, au hou ; mais le pluriel aux bois est bien la leçon de toutes nos anciennes éditions.

36. Pour tromper les chiens; locution de Tenerie, s*expliquant bien par les mots pris au sens propre et dëTeloppëe dans les vers 77-78. BufTon se sert des mêmes termes : « Il passe et repasse sou- Tent deux ou trois fois sur sa voie (empreintes du pied du eerf)\ il cherche à se faire accompagner d'autres bêtes pour donner U change a (ci-après vers 78, et rers 34 de la fable citée à la note 40). ** Aristote, dans VUistoire des animaux^ livre IX, chapitre n, dit que le cerf n'est certes pas un des moins intelligents des quadrupèdes sauTages et donne plusieurs preuTCS de son intelligence, mais parmi lesquelles on s'étonne un peu de ne pas rencontrer celle qui est décrite en cet endroit. Dans le dialogue cité de Féne- Ion, le Stagirite prend aussi un exemple tiré de la chasse : a Lorsqu'un chien suit un lierre, dire;&-Tous que la machine est ainsi montée? 1»

37. Même épithète que pour le Lion devenu vieux (livre ITI, fable xnr, Ters a) ; mais, ainsi que le qualificatif a vieux cerf », elle s'accorde mal ici, d'une part, comme on va le voir dans la note suivante, avec l'expression technique : a dix cors », et, d'autre part, joint à ces mots, avec le long âge, quarante ans, dit-on, auquel peut parvenir le cerf.

38. Les cors ou andouillers sont les branches qui poussent sur les deux cornes principales du cerf. A la sixième année, il prend le nom de cerf dix^ors jeunement. Un cerf dix-cors est au moins dans sa septième année. Ce nom de dix-cors^ quel que soit le nombre de ses cors ou andouillers, « lui continue plusieurs années, dit de Salnove {ta Vénerie royale^ i665, p. 91), et jusqnes à ce qu'il soit reconnu par les veneurs grand vieil cerf. »

39. Suppose, tupponit^ met en sa place ; autre terme de chasse.

< Je dis : ce que les hommes et les bétes font également, et ce que les hommes ne font pas machinalement, les bétes ne le font pas machinalement mm plus »

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