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LIVRE IX

Ne finiroit jamais, quoique ayant commencé :

Choses réelles, quoique étranges. aSo

Tant que Tenfance dureroit,

Cette fille du Gel en nous ne paroîtroit Qu'une tendre et foible lumière :

L'organe*' étant plus fort, la raison perceroit

Les ténèbres de la matière, »35

Qui toujours envelopperoit

L'autre âme imparfaite et grossière **.

métaphjBÎqne, et non chose matérielle, physique. » Le langage du fabuliste n*ett-il pas conciliable arec la nature des fluides telle que généralement on se la figure? il est vrai que de cet fluides il n*aTait point Tidée, bien nettement du moins.

97. Voyez ci-dessus, p. 896, la note 11 du yen 69 de la fable yn de ce liTre.

98. Nous arons ru (note 99) que, pour la double âme, c le double trésor, > la Fontaine eût pu s'appuyer sur Topinion semblable de Descartes. Platon, dans le Timée (p. aSs et suirantes, édition Didot), fait Tâme triple : Plato tripUeêm finxit anlmum^ dit Cioéron à l'endroit cité des Tuseulanes (lirre I, chapitre ix); à la troisième Platon refuse la pensée, le raisonnement, Tintelligence (Ç S6(7)€ |Aiv, Xo^o{mG Tt Tuà voQ |Aireati xb |U]^{v, p. a38). Mais saint Augustin, dans son traité : tle tXsprit et de VAme (chapitre XLTin), se prononce très-affirmatiTement pour l'unité : « .... Nous ne pensons pas, comme beaucoup Tout écrit, qu'il y ait en chaque homme deux âmes, Tune animale, qui, mêlée au sang, anime le corps ; et Tantre spirituelle, qui dirige la raison. Mais nous disons qu*il n'y a dans Fhomme qu'une seule et même âme, laquelle, associée au corps, le Tiyifie, et se gourerne elle-même par sa propre raison. »

Quant au système des bêtes-automates, qui fait le principal et yéritable objet de ce Discours^ s'il agréa à quelques esprits éminents tels que Pascal ', Bossnet nous dit, ayec raison, au chapitre cité^ p. 37a, qu'il « entre peu dans l'esprit des hommes, 1 d'où ceux qui combattent cette opinion croient pouyoir conclure t qu'elle est contraire au sens commun. » Il ressort très-clairement de l'en-

• « Cette opinion des antomate», écrit Baillet (FU de Descartee^ p. 5a), est ce qoe M. Pascal etttmoit le plos dans la philosophie de Deicartet. » Sans aller ai loin, Margaerite Périer, nièce de Pascal, nous dit, dans ses mémoires (Lettrée^ Ojmseule*.,.^ p. 45B), qu*ii « étoitdeson sentiment (du sentiment de Descartes) sor Tautomate. •

48o FABLES.

semble du poëme, auMÎ bien des réciu qui proaTent rintelligciiee des animaux que des réflexions dont ils sont entremêlés, que la Fontaine en jugeait certainement ainsi et qu'il ne pouvait ni ne ▼oulait, pour plaire à son amie, se ranger, sur ce point, à Taris ^, du grand philosophe. Il le dira plus résolument encore dans sa

^%j fable IX du livre XK An reste, cette profession de foi était bien

superflue. Ses bêtes, telles qu'il les aimait et les peignait, de pures machines ! S'il eût touIu dire toute sa pensée à l'aimable cartésienne, il y arait là, pour lui, matière à un plaidoyer bien autrement fort et TÎf. Une telle doctrine n*était-elle pas comme un grief personnel, une atteinte directe à ses personnages, à sa manière, qui faisait sa gloire, de les concevoir et de les mettre en scène?

Aux renvois faits dans la notice nous en ajouterons ici deux, en finissant, au Pori-Royal de Sainte-Beuve (livre II, chapitre xvi, tome n, p. 3 1 6-3 17, et livre VI, chapitre t, tome V, p. 35i). Il est parlé dans Tun et dans l'autre de l'automatisme; d'une manière fort agréable dans le premier, à propos de ce que l'auteur appelle, au second endroit cité, un a essai d'inoculation et petite fièvre passagère de cartésianisme > dans le a saint désert ».

J. DS LA FoHTAnn. II 3i

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