VI. — Page lap
(livre VII, fable tu.)
DB Lion TOLairaB nBOHUM sumi dimittbhb lupo.
Cum Léo quondam Jùponeret tu terram iongmquam peregn profUltci^ comfoeaiU hestUSf monmit ui Regêm êUgereni toeo tut, Qum Utpum eoM'mimi eonsUio eiêgenuU^ quêm contra aJvertarios forttm euê Jieeèant^ oifênim €i audacêm, Quiàus lêo : « FaUns^ mquit^ ammal elegutis^ dim tûmêm ammum adaptêt JiutUim et mwuaêiuJmi^ proui Jeeet, Ut mUëm êuh ipto vitam securam émett foUatis^ jurejwrtmdo u poàis aitrimgatj quod nuUtim westrum Imiat injuste^ tt qaod numquam de cetera eamee edat» Qum cum a Lupo requirerent^ hme et aUa multa eu êub JurameiÊto concestit, Cum aiilem, post reeossum Leonis^ se securum et in daminio firmatum vîdistet^ cogUaèat quo ingénia ab ipsit hestiiê optincret êU iptum deàera cames eomedere judiearent. Tune petiit a quodam Capraoio ui iiki an fetidum habcret Mi[A]e/iriiiii judiearet. Qui respandit tantum ^ui eue fetarem^ quod cum toUrare non panet» Quo audko^ Impui èeitioi adjudicium conrocavit^ qumrem ab ni quid deheret fieri de iilo fui^ in itegis irrererentiam^ perha probrota et iptum deikonutantia protuliaet, Bciponderuni quod talii^ tanfuam reui Imm majestatii^ mari deberet. Tuite per iliud j'udicium interfecit (k^reolum^ intimam fuid iUsiaety et ad ium poWationem nequitim sectum in fruita iuU dis' tribuk baronibuif partem iibi ipii retinem pinguiorem, Âlioi^ cum ciU" riretf qumiint a Damula quid iibi de tjui an[K\eUtu videretur, Qum, magii eUgem WÊcntiri quam mori^ dixit ic nunquam odorem iensiae in aiiqmo ita dulcem, Tune^ conwocatii baronibut^ qumsipit quid de illo eaet agendum qui^ a Hege requUitui dieere perltatem^ mentitur eidem et ioquitur fraudulenter» M illi decreverunt hujut modi morte dignum, Damâdam ergo oceiMt e/, nuilo inerepante^ comedit, Postmodum videni quamdam Simiam teneram aique pinguem^ qumiii^it ab ea de anheUtut sui odore, Qum dlxit quod née multum gravis erat^ nec multum suavît, sed
494 FâBLBS.
rmtianaèiiem Mon htthtr§^ leeto Jeeumiem se finsii infirmum, Vwtamtts ergo ««m, hestim seeum pariter et medieos adduxerumî^ ^ui dtsenmt mtl^ lum in eo vUmpnrlclum îmminere^ dum tamem a&^md eûmmleret qmod ejus appetUui camplacerei, ilU auiem dicehat nullum eîhum mUi eatwts Simm êibi plaeêre^ ted eitius pelUt mori quam Simim noeent infrmgtrti Jusj»^ randumy aniti forsitan taUm ad hoe caïuam hahertm quod btavÊUê mm hoe Jeeenterent raiionaiiiiter faeiendum, d Tume dtsertmt eomamÊmUgr ipiod hoc faeereposui tecure^ née a&quod esse saeramentum conira snbuem sus eorporis oàservandum, Quo atufiio^ interfecit Simiem et eamedit, Istud autem judiciwn in eapita ipsorum juJieantium post modmn reJut^ davit^ quia ex tune nuili fidem aut Juramentum servant»
Hune monet sapiens kaminem neqmm nsiiiatemu ad dominandum dehere admit ti : talis enim^ promissiones quasUhét parpipendensy suam tantummodo conabitur assequi voluntatem*
(RoMULUt de Marie de France^ ches Robert, tome H, p. S6i*56a; et dans Us Faèalistes latins depuis le siècle J^ Auguste jusqu^à la fin du mojen dge^ par M. Léopold Hervieux, 1884*1 tome Û, p. 49^497*)
VIL — Page lap, (Livre VU, fable yii.)
Oferai*je dire qulci eneore je préAre la fiible du moyen âge à celle de la Fontaine ? Le Lion de la Fontaine eit un tyran de mauTaiie humeur, qui ae sert du tophiime pour tner tour à toor rOnn et le Singe, Tun parce qu*il dît la ténté^ Tautre parce qu*il dit le menionge. Le Loup du moyen âge eet un tyran plna habile, qui te sert du sophisme pour ëluder ses serments et satisfaire ses passions. De plus, rhypocrisie s^ajoute en lui an sophisme et compose un tyran complet. Enfin, à ne considérer encore que la supëriorité dramatique, combien le drame du moyen âge n*est-il pas plus intéressant! Le Loup a juré solennellement de ne plus manger d'aucun animal. Son serment l'embarrasse : les flatteurs et les courtisans sont là pour le délivrer de cet embarras.
t . Au sujet de ee iort estimable ooTrage, ▼oyes ce qnî est dit ci-dessas, ft U fin de V Avertissement. Cest i M. Herrieut que noas emprontOAs la dinomination, bien motlTee (Toyex son tome I, p. 583 et suTiotes), de Ron7X.UB de Marie de France,
Qoe mMte celui qui injurie le Roi? La mort! — Que mérite celui qui ment au Roi? La mort! — GrAoe à ce double arrêt, Toilà déjà le Ghen«aa et la Riche taorifiét et mangés. Bfais le Singe, qui élude la question et ne dit ni oui ni non, puisqu*on périt également anr le oui et sur le non, comment le condainner? Les flatteurs llehes
Et pFodigact tartoot da tang des miiérables
sauront bien tirer encore le Loup d*embarras. Le Roi n'a plus d*appétit que pour la chair de singe : s'il n*en mange, il mourra peut-être. La santé du Roi I la santé du Roi I Y a-t-il serment, ou loi, ou justice qui puisse tenir contre un pareil mot? — Mangez le Singe, Sire, et rirez I ^ Le Roi mangea le Singe, et plus tard ceux qui lui araient conseillé de le manger. Le drame est complet : le tyran hjpocrite, le despote sophiste, les courtisans sans honneur et sans justice, les juges sans conscience et sans courage, le mépris du serment, Tempressement de la peur, enfin la lAcheté firappée elle-même, tout 7 est. Et ne crojez pas que ce soit une peinture d'imagination. Le eophisme du Loup est de l'histoire. Caligula, ayant perdu sa sœur Drusilla, la fit déesse, et cette apothéose fut pour lui l'occasion d'un cruel sophisme ; xar si quelqu'un s'affligeait de la mort de Drusilla, Caligula le faisait périr pour n'aroir pas cru à la dirinité de la nourelle déesse ; et si quelqu'un se réjouissait de l'apothéose, Caligula le faisait périr pour n'aroîr pas pleuré la mort de sa sorar. C'est le même Caligula qui, Toulîmt trourer les consuls en fiiute, disait, quand ceux-ci eurent i célébrer, selon l'usage, les jeux de la Tictoire d'Actium : « Comme Auguste et Antoine sont l'un et l'autre mes bisaïeux, j'ai droit de me tenir pour offensé, quand les consub célèbrent des réjouis* sanoes pour la défaite d'Antoine, ou qu'ils n'en célèbrent pas pour la Tietoire d'Auguste. »
(SAnT^Mânc GniABonr, vn* leçon, tome I, p. aig-sai.)
Vm. — Page 145.
(livre Vn, fable x.)
LE BmtHMABB QUI 8BISA US POTIé
bàns la TÎUe de Dérlkota, il y avait un Brahmane nommé D^ Vasarman. Pendant l^équinoxe du printemps, ce Brahmane trouta
nn plat qui ëtait plein de fiuîne â*orgt, U prit ee plat; pois il alla coucher chez on potier, dans un hangar où il j avait une grande quantité de Taies. Pour garder ta £irine, il prit nn bâton, qu'il tint dans sa main, et, pendant la nuit, il fit cet réflexions : « Si je Tends ce plat de fiuine, j*en aurai dix kapardakas ; aTec ces dix kapardakas, j'achèterai des jarres, des plats et d'autres ustensiles, que je rcTendrai. Après SToir ainn augmente peu à peu mon ca* pital, j'achèterai du bétel, des Tétements et dÛTérents objets. Je rcTcndrai tout cela, et quand j'aurai amassé une grande somme d'argent, j'épouserai quatre femmes. Je m'attacherai de préférence à celle qui sera la plus belle ; et, lorsque ses riTales jalouses lui chercheront querelle, je ne pourrai pas retenir ma colère, et je les frapperai ainsi aTec mon bâton, a Éol disant ces mots, il se IcTa et lança son bâton. Le plat d'orge fut mis en morceaux, et une grande quantité de Tases furent brisés. Le potier accourut à oe bruit, et, Toyant ses pots dans un pareil état, il fit des reproches au Brahmane, et le chassa de son hangar.
.... Celui qui se réjouit d'aTance en songeant à une chose qu'il ne peut pas acquérir reçoit un affront....
(JUiopmdéêm ou PlfutruetUm atiU, recueil d'apologues et de contes, traduit du sanscrit par M. Ë. Lancereau, Paris, i88a, p. s39a4o.)