‹ ŒuvresChapitre 207 sur 224 · IX. — Page l · texte numérisé non relu

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(Livre VII, fable x.)

Un négociant riche et charitable combloit de bienfaits un pauTre Santon son Toisin. Chaque jour, il lui euToyoit une certaine quantité de miel et d'huile. Le miel serroit à la nourriture du Santon, et il mettoit à part l'huile dans une grande et large cruche. Quand elle fut pleine, il songea a l'emploi qu'il en pourroit faire, a Cette cruche, dit-il en lui-même, contient plus de dix mesures d'huile, et, en la Tendant, je puis acheter dix brebis. Chaque brebis me donnera, dans le cours d'une année, deux agneaux; ainsi, en moins de dix années, je me Terrai possesseur d'un nombreux troupeau. DcTenu riche, je ferai bâtir un superbe palais ; une compagne aimable, que je choisirai, en fera le principal ornement. Au bout de neuf mois, elle comblera mes Tœux en mettant au monde un en&nt. L'éducation de mon fils sera mon ouTrage ; je lui apprendrai les sciences; il répondra à mes soins paternels. Si

cqpendant, emporte par la fougue de l'âge et des passions, il s^ëcartoit du chemin que je lui tracerai, s*il osoit me dësobëir, je lui ferois sentir mon courroux. U dit, et en même temps, s'imaginant corriger ce fils rebelle, il déchargea un grand coup d*un bâton qu'il tenoit à la main, sur la cruche placée au-dessus de sa tâte : la cruche Tole en éclats; F huile coule sur la barbe et sur les cheTeux du Santon, qui, rerenu à lui, roit arec douleur ses montons, son palais, et toutes ses richesses disparoftre.

(Comtes et fahiet indiennes^ de Bidpaï et de Lokman..., 1778, tome m, p. 5o-5s.)

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