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(Livre VII, fable x.)
COMPABAISOH DBS ALQUKXISTBS A LA BOKVB FEMME QUI POBTOXT tTHB POTÉB DE LAICT AU XABCHB.
Chascun sçait que le commun langaîge des alquemîstes est qu*ilz se promettent tu monde de richesses, et qu'ils sçauent des secrets de nature que tous les hommes 'ensemble ne sçauent pas ; mais à la fin tout leur cas s'en va en fumée, tellement que leur alquemie se pourroit plus proprement dire : jdri qui mine^ ou j4rt qui n^est mie; et ne les sçauroit-on mieux comparer qu'à vue bonne* femme qui portoit vne potée de laict au marché, faisant son compte ainsi : qu'elle la rendroit deux liards \ de ces deux lîards elle en achepteroit vne douzaine d'eufs, lesquelz elle mettroit couuer, et en auroit vne douzaine de poussins ; ces poussins deuiendroient grands, et les feroit chaponner ; ces chapons vaudroyent cinq soiz la pièce : ce seroit vu escu et plus, dont elle achepteroit deux cochons, masle et femelle, qui deuiendrojent grands et en feroyent Tne douzaine d'autres, qu'elle vendroit vingt solz la pièce après les auoir nourriz quelque temps : ce seroyent douze francs, dont elle achepteroit vne iument, qui porteroit vn beau poulain, lequel croistroit et deuiendroit tant gentil : il saulteroit et feroit hin. Et, en disant Ai/i, la bonne femme, de l'aise qu'elle au oit en son 'compte, se print à faire la ruade que feroit son poulain, et, en ce faisant, sa potée de laict va tomber et se respandit toute. Et voilà ses eufs, ses poussins, ses chapons, ses cochons, sa jument, son poulain, tous par terre. Ainsi les alquemistes, après qu'ilz ont bien fournayé, charbonné, lutté, soufflé, distillé, calciné,
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congelé, fixé, Hquefië, vîtrefié, putréfié, il ne fàalt que casser Tn alembic pour les mettre au compte de la bonne femme.
(BoAATKMTuaB DES pBRisas, Us NouuelUs récréations et iojeux deuU^ Paris, 157a, in-i6, nouvelle xit, fol. 4^-49-)
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{Livre VII, fable X.)
{isti suru) similes eutdam veiule que^ dum in ureeo terreo ad fonam lae porturet^ cepit cogitare in via quomodo patset fieri dii^es. Jttendens autem quod de suo laeie très oholos habere posset^ eepit cogUare quod de illis tribus abolis emeret pullum guliine^ et nutriret^ ita quod fieret gallina ex cujus avis muUos puUos acquireret, Quibus çendiits emeret ooreuiHy quo nutrito et impinguito pemderet ilium ut inde emeret pullum equinum^ et tamdiu nutriret ipsum quod aptus esset ad equitamium^ et cepit intra se dieere : < Equitabo equum illum et dueam ad pascua et dieam e» io ! io I d Cum autem hec cogiiaret^ cepit movere pedes e/, quasi eaiearia in pedibus haberety cepit talos mopere et pre gaudio utauibas plaudere^ ita quod motu pedum et plausu manuum ureeum f régit ^ el, laete in terram effuso, in manibus suis nichil inpenit^ et sicut prius pauper fuerat^ ita postea pauperior fuit»
(Jagquis db Virar, manuscrit Laiin lySog* delà Bibliothique nationale, fol. 46*. — La fable se troure, sous cette mtee forme, mais abrégée, qu'elle a chez Jacques de Vitry, dans un manuscrit de Tours, d*après lequel M. Léopold Delisle Ta publiée dans la Bibliothèque de r École des chartes ^ 6* série, l868, tome IV, p. 6oi, en note.)