‹ ŒuvresChapitre 209 sur 224 · I . Et non 1^ 589, comme on a imprimé plus haat par erreur · texte numérisé non relu

I . Et non 1^ 589, comme on a imprimé plus haat par erreur

El plofteim foix ne le fet pat.

Elle an ett a tort meserehue; Mes je ne Tan blasme ne hue.

Se ta fatu a t*antanciam, Regarde ta eondiciam.

Ta for ouvre, cum dit, eum fait, ^ Qui te peut bien aToir te fait ;

Blaame ta laingae on ta folie, On quelque mal fait qui te lie ; Car qui bien ae regarderoit Ja fortune ne blaimeroit.

Chasenns crie, eum aneuna tume :

c S*a fait la roe de Fortume, Qui tott a & honneur monté.

Et quant li pleat, toat ahonté. »

Mes se bien parler vossisient, La fortune ne blasmisient Ne ne Tan portassent mal non.

(MetHiri le contrefait^ cité par Robert, tome II, p. loi, et rem sur le manuicrit de la Bibliothèque nationale aujourd'hui coté Français i63o', fol. ai y», col. i.)

îtouM donnons à la suite de ces vers la traduction qu*a bien voulu en faire pour nous notre savant rotnanisle M. Paul Mejer^ de V Institut :

Fortune est sourent bUmée, maltraitée, diffamée, quand il arrive <}ae quelqu*un tombe en un mauTaia pas [éprouve des revers). Mais, souvent aussi, elle n*en est pas cause. On la méeroit k tort ; mais je me garde de la blAmer ou de la huer. Si tu ne réussis pas ii ton propos, examine ta condition, ton aurre folle, en dits ou en faits; cVst là ce qui peut bien t*aToir fait cela {causé le malheur que tfi attribues à la Fortune). Blâme ta langue ; blAme ta folie, ou quelque méfait qui te lie {un méfait antérieur dont tu dois payer la peine). En effet, qui ferait pleinement son examen de conscience s'abstiendrait de blâmer Fortune. Chacun crie, quand un homme tombe : « CVst la roue de Fortune qui a fait cela, elle qui a bien rite fait d^élever aux honneurs, et, quand cela lui plaît de précipiter dans la honte. » Mais si on roulait parler justement, on ne blâmerait pas la Fortune, on ne lui donnerait pas un mauvais renom.

I. Outre le manuscrit du quatorzième siècle d*oti nous avons tiré ce morceau, la Bibliothèque nationale possède une copie de Rsnart le eon" trefait (cotée Franeaie 369, fol. ai v*), qui a été prise, fort exactement, aur un manuscrit, de la même époque, conservé h Vienne en Autriche. Les deux leçons présentent de notables différences, qui peuvent étonner quand on considère que l*un et Tautre texte sont de trèt-pen postérieurs i Tautenr, qui écrivait vert 1 33o.

5oo FABLES.

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