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(Livre VIII, fable vu.)

A Lyon, ee ai décembre 1706.

.... Vous coonoiMez, Monsieur, la fable de la Fontaine intitulée le Chien qui porte à son cou ie dùier de son Maître, Le sujet en est tiré d*une des lettres de M. Sorbière, qui assure que Tarenture décrite dans cette fable étoit arrivée à Londres, du temps qu'il j étoit*. Avant que la Fontaine composât sa fable, M. de Pnget {sie) aToit déjà mis ce sujet en vers, pour faire allusion à la mauraise administration des deniers publics dont on accusoit nos magistrats. La Fontaine étant venu à Lyon chez un riche banquier de ses amis, il j vojoit souvent M. de Puget, qui lui montra la fable qu'il avoit composée. La Fontaine en approuva fort Tidée, et mit ce même sujet en vers à sa manière. Vous pouvez remarquer Tapplication qu'il fait, quand il dit à la fin de sa fable (vers 3<>-4o) :

Je crois voir en ceci Timage d*une ville.... Voici la fable de M. de Puget :

t . Le fait, fort croyable, a pu te reproduire plus d'une fois ; nons avons dit dans la notice de la fable qn*oa a prétendu Tavoir obserré i Straaboarg an teinème siècle et que le premier récit de cette histoire date de iSia. — Sur Sorbière, Toyes Tartide qui lui est consacré dans la Biographie uni-' perselle de Michaud.

APPENDICE. 5o7

LE CHISH POLXnQUB.

(Fable.)

Un grand Uàtin, fort bien dretaé,

Chex nn Boueher de eonnoitsance,

D*ua pas diligent et preste, Portoit sonrent tout seul un panier par son anse ; Le Boueher Templissoit arec fidélité Des meta les pins friands qu'il eAt dans sa boutique; Et le Bifttin, malgré son ventre famélique. Les portoit à son Maître en chien de probité. Toutefois il advint qu^un jour un certain Dogue Fourra dans le panier son aride museau,

£t d'un air insolent et rogue

En tira le plus gros morceau.

Pour le raToir, sur lui notre Mfttin s'élance.

Le Dogue se met en défense ;

Et pendant qu'ils se colletoient.

Se mordoient, se cnlebutoient.

De ebiens une nombreuse et brujante cohue Fondit sur le panier des deux bouts de la rue.

Le MAtin s'étant aperçu.

Après maint coup de dent reçu.

Qu'entre tant d'afEamés la riande partagée

Seroit bientôt toute mangée.

Conclut qu'à résister il n'anroit aucun fruit. Il changea donc soudain de style et de méthode,

Et, dcTcnu souple et commode.

Prit sa part du butin, qu'il dévora sans bruit.

Ainsi, dans les emplois que fournit la cité. Tel des deniers publics veut faire un bon usage, Qui d'abord des pillards retient l'avidité, Mais après B*bunianise et prend part au pillage.

J'ai rhooneur d^étre, Monsieur, votre, etc.

Brossbttk.

{Correspondance entre Boileau Despréaux et Drossette...^ publiée.... par Auguste Laverdet, Techener, i858, p. 934-a36.)

5o8 FABLES.

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