‹ ŒuvresChapitre 214 sur 224 · XVII. — Page · texte numérisé non relu

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(Uvre VIII, fable xi.)

On dît qu'un certain penonnage alla un jour frapper à la porte de son ami en une heure fort indue. Le mtaitre du logi» ayant apprit qui c'ëtoit fut extrêmement surpris, le Toyant si tard heurter à la porte. Il se mit à rêver un peu en soi-même, et, après aroir bien songé, il se lève, s*habille, prend son ëpëe arec une bourse d*argent, et par après commande à sa serrante d'allumer de la chandelle et de le suivre, ce qu'elle fit incontinent, et en cet équipage alla trouver son ami. a O cher ami, lui dit-il, en Tahoi^ dant, votre venue à cette heure ici m*a fait conjecturer trois choses : on que vous auriez affaire d'une somme d'argent ; ou que vous aviez quelque ennemi à combattre ; ou bien que vous desiriez quelque compagnie pour vous désennuyer. Voilà pourquoi j'ai mis ordre à tout cela : si vous avez besoin d'argent, voilà ma bourse; s'il faut repousser un ennemi, voilà mon épée et mon bras; et si c'est que vous ayez envie de vous divertir, voilà ma servante, qui est assez agréable, qui vous pourra contenter. En un mot, moi et tout ce qui dépend de moi, tout est à votre service. — Je ne désire rien moins qae tout cela, répond l'autre ; je venois seulement m'assurer de l'état de votre santé ; car je craignois que le mauvais songe que je viens de faire ne fut véritable. » Voilà les effets des vraies affections.

(Livré des lumières ou la Conduite des Rois^ p. 334-336.)

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