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(Livre IX, fable i.)
Je trouTe, dans le Tingt-deuxième Tolume de VHistoire littéraire de la France^ un fabliau ou un récit qui raille, comme celui de la Fontaine, l'exagération des voyageurs. Le Tieux fabliau est un petit drame qui amène le menteur à se rétracter de la façon la plus comique :
a Un Chevalier, allant avec son Écuyer en pèlerinage à Saint» Jacques de Compostelle, Tenait d'entrer en Espagne. Parti de grand malin, il espérait arriver le soir à Miranda, sur l'Èbre. Un renard, cherchant les aTentures, croise le chemin qu'aTait pris le
APPENDICE. Si i
CheTalter. « Voilà, ft*ëcrie celttî-oî, un renard de belle taille. — • Oh I Monseigneur, dit l'Écuyer, dans les pays que j*ai parcourus « ayant d*étre à Totre serrice, j'en ai tu, par la foi que je tous a dois, d*une taille bien plus grande, et un, entre autres, gros a comme un bcsof. — Belle fourrure, répond le Cheyalier, pour a un chasseur habile; » et il chemine en silence. Au bout de quelque temps, ëlerant tout à coup la toîx : a Seigneur, préserre- « nous aujourd'hui tout deux de la tentation de mentir, ou donne- « nous la force de réparer notre faute, pour que nous puissions c traverser TEbre sans danger. » L'Écuyer surpris demande au CheTalier pourquoi cette prière, a Ne sais-tu pas, lui répond son « maître, que FÈbre, qu'il faut passer pour aller à Saint-Jacques, a a la propriété de submerger celui qui a menti dans la journée, a k moins qu'il ne s'amende? » On arrive à la 2^oorra. a Ëst'-ce a là, Monseigneur, cette riTière ? -~ Non ; nous en sommes encore « loin. — En attendant, Sire Chevalier, ce renard que j'ai tu n'éa tait peut-être que de la grosseur d'un veau.... — Ëh! que m'ima porte ton renard ? » Bientôt l'Ëcujer dit : c Monseigneur, l'eau « que nous allons maintenant passer à gué, ne serail-elle pas « celle...? — Non, pas encore. — En tout cas, Monseigneur, ce « renard dont je vous parlais n'était pas, je m'en souTiens maina tenant, plus gros qu'un mouton. » Voyant que l'ombre des montagnes s'allongeait déjà, le Chevalier presse le pas de sa monture, et découTre enfin Miranda. a Voilà l'Èhre, dit-il, et le « terme de notre première journée.... — L'Èhre ! s'écrie l'Écuyer; a ah I mon bon maître, je tous proteste que ce renard était tout c au plus aussi gros que celui que nous aTons tu ce matin ^. »
Que dites*Tous de cette piquante réfutation de la menterie, à l'aide de la superstition, je l'aToue? Mais quelles bonnes superstitions que celles qui nous corrigent I Et si, sur la rou^e des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, il y avait, aux diverses étapes, quelques légendes superstitieuses de ce genre contre les péchés capitaux, heureux les pèlerins qui, gr&ce à leur pieuse crédulité, arrivaient, déjà repentants et purs, à l'église du saint qui devait achcTer lenr conTersion 1
[SAorr-MARC Girardih, tii« leçon, tome I, p. 191-193.)
t. Il y ■ un récit analogae dans le recueil de Ciblée du moyen Age nommé Fabulm extravagantes (fable xtu). Robert Ta traaMrit dans ton tome 1, p. ex-an.
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