I. Un paysan : Toyea livre I, fable vni, vers
F. xm] LIVRE VI. 4t
Aperçât un Serpent sur la neige étendu, 5
Tnmn, gelé,^ perclus, immobile rendu*,
N*ayant pas à vivre un quart d*heure.
Le villageois le prend, remporte en sa demeure ; Et, sans considérer quel sera le loyer*
D^une action de ce mérite, 10
n rétend le long du foyer*,
Le réchauffe, le ressuscite.
L*animal engourdi sent à peine le chaud, Que rame* lui revient avecque la colère; Il lève un peu la tète, et puis siffle aussitôt * ; 1 5
Puis fait un long repli, puis tâche à faire un saut Contre son bienfaiteur^, son sauveur, et son père*.
a. n 7 a une virgule entre immobile et rendu dans rimpreaiioii de 1799; quelques éditeurs modernes ont reproduit cette ponctuation.
3. La récompense, le salaire, comme il est dit plus bas, au vers 18.
4. Dans les fables anciennes, il est encore plus cbaritable et moins sage : il le lécbaufTe dans son sein. Sinuque fovit^ dit Pbèdre (rers 3), et il ajoute : eonira se ipse misericors.
5. La vie, le souffle, tuûma. Le mot a éTidemment le même sens dans ce passage d*nne des élégies de notre auteur à Cijrntèiiê (tome V de M. Martj-LaTeanx, p. 88) :
Je respire à regret, Tame m*est inutile ; Paimerois autant être une cendre infertile. Que d*enfermer un cœur par tos traits méprisé.
— Genixex roit dans oe vers une transposition d*idées : « Cest la colère, dit-il, qui lui rerient avec Tâme. » Mais ûi^ee sVxplique fort bien sans transposition : « Pâme accompagnée de la colère qui lui est habituelle et comme inhérente. » 'AvaXa6àiiy i^v tèUtt fuocv, « reprenant sa nature propre, » dit Tune des fables grecques.
6. Le Noble, dans le distique latin qui précède sa fable française, peint de même le reptile :
SihUmt ertptuê morii^ mortemque mimUur Serpeme,,,,