Voyez ci-dessus, p. 40 1 le i*' vers de la fable xiir
4. Le fantôme^ l'apparition, la vision. Littré, à l'Historique de Fahtômb, cite un exemple du Roman de la Rose (vers 18 871, éd. elzev.) où les mots a fantosmes aparens, » à prendre le passage dans le sens qu'il lui donne, s'appliquent aussi à des miroirs,
5. c Voyez combien ce vers de sentiment jette d'intérêt sur le sort de cette pauvre alouette. » (Chamfort.)
6. c On appelle main le pied de quelques oiseaux, comme des perroquets et des oiseaux de fauconnerie. » {Dictionmaire de Cjâca-
r. xv] LIVRE VI. 5l
Elle sent son ongle ^ maline*.
Pendant qu^à la plumer rAutour est occupé, Lui-même sous les rets demeure enveloppé ' : « Oiseleur, laisse-moi, dit-il en son langage; i5
Je ne t'ai jamais fait de mal. »
L'Oiseleur repartit : « Ce petit animal
T'en avoit-il fait davantage " ? »
dénie, 1694*) La Fontaine a encore employé le mot de mains en pariant da Milan, dans la fable XTin du livre IX (vers 4)«
7. Le plus commun usage, au temps de la Fontaine, donnait déjà à ongle le genre qu*il a aujourd'hui : Yojez les Dictionnaires de Siehelet (1679), <i^ Furetière (1690); mais F Académie n*aTaitpas encore décidé (son Dictionnaire ne parut qu*en 1694), et le féminin avait pour lui Tétjmologie. Le mot est mis au même genre, sans que la rime y soit pour rien, an conte xnz de la in* partie, vers 980.
8. Tel est le texte original. La réimpression de 1678 A donne maligne j qui est devenu et demeuré jusqu^à Walckenaer la leçon ordinaire, au sujet de laquelle Chamfort dit : a Cest ce qu'on appelle une rime provinciale. » En écrivant le mot sans g, la Fontaine rimait plus exactement, et en même temps se conformait à me prononciation assez usuelle, non^seulement en Normandie et dans d'autres provinces, mais à Paris même, chez le peuple, qu'on entend encore aujourd*h'ii dire maline pour maligne. Comparez, eî-après, p. 71, fable xx, à la rime du dernier vers, un autre exemple du g disparaissant devant n : assinée pour assignée,
9. Dans le recueil de Daniel de la FeuiUe, 3« partie (1695), p. 40, le même sujet est traité sous ce titre : de rÉperpier et de la Colomb, La fable a une intention satirique ; Tauteur y moralise ainsi sur la déception de TÉpervier :
Tout morceau près du bec n*est pas toujours dedans : Témoin ce que la France en tous lieux se propose.
Le premier de ces vers se retrouve dans la fable et dans le conte de le Noble (1707) que nous avons mentionnés.
10. Chez Abstemius le dialogue est semblable : Non enîm teimsi,,,, — Née hste,.., te Ueserat, — Dans le quatrain xxxvi de Benserade, rÉpervier dit à THomme :
Hé ! que vous ai-je fait ?...
— Hé I que vous avoit fait, dit Pautre, la Colombe ?
5i ('ABLES. [r. xvi
FABLE XVI
LE CHEVAL -ET l'InB.
. Ésope, fab. is5, Hinroc xa\ ""Ovoc, *Ovo; xtà 'Hfuovcc (Coray, p. 68, p. 397 et 3 38, sous quatre formes). — Babrius, fab. 7, Ixmç x«\ "(hoç, — Appendix fabularum œsopiaram, fab. i^^AseUus^ Bos^ et Folueres (diaprés 1* Anonyme de Nilant). — Fafime, fab. 16, Equwu et Jsiiuu, — Corrozet, fab. 48, Je VÂsne et du Cheuat, — > Haudent, x^" partie, fab. ai, ePtm Cluual etdun Astu,
Mfytkologia msopiea Nepeleti, p. 188.
Comme le dit Goray, la tradition s*avait pas inTariablement fix^ les noms des personnages de cette fable : dans ]*ane des quatre versions grecques qu^il en rapporte, c'est d'un Mulet et d*nn Ane qu'il s*agit ; et Plutarque, qui en a fait une application originale, y introduit les figures assez diffiérentes du Chameau et du Bœuf : a .... Le Bœuf dit au Cliamean, son compagnon au seruice d*un mesme maistre : a Tu ne me veux pas maintenant soulager de une a partie de ma charge ; mais bientost tu porteras tout pe que je a porte, et moi auec dauantage ; » comme il avint par la mort du Bœuf, qui demeura sous le faix'. Ainsi en prend-il à Tame qui ne veut pas donner au panure corps las et recreu un peu de relaache et de repos ; car peu après il lui suniient nne fieure, ou un mal de teste, auec on esblouissement d'yeux, qui la contraint de quiter et abandonner Hures, lettres et estudes, et est finalement forcée de languir et demeurer au lict malade quant et lui. Parquoi Platon nous admonestoit sagement de ne remuer et n'exercer point le corps sans l'ame, ni aussi l'ame sans le corps, ains les conduire également tous deux, comme une couple de chenaux atelez à un mesme timon ensemble, atendu que le corps besongne et trauaille quant et l'ame. » {Les Belles et préceptes de tante ^ chapitre dernier; dans Amyot, édition Brotier, tome V des ÛE«Fr«i maraies^
I. La fable est racontée de même dans ie Pegme de P» Coustau^,,. mis de latin en françois par Lanteaume de Romieu.... (Lyon, i56o, p. SgS).
F. xvi] LIVRE VI. 53
p. isi). — Comme nous Tapprend Robert (tome I, p. clxxxi'v), GaîUaume Tardif, /(.rrirr de Charles VIII, dans sa traduction, oHerte au Roi, des Âpdogms de Laurentius VaUa (in-fol. gothique sans date, ifi ai), a dëreloppë d*une Façon intéressante le sens moral de celuiei, qui « Teult, dit-il, imiuer et donner à entendre que les riches et puisaans hommes des TÎlles et cit<fs ne doinent pas laisser porter aux ponres mraulx champestres toutes les cherges des tailles et impoaiz, lesquels sont mis sur eulx par les princes pour la eonsernation de la chose publique, ains les doiuent releuer en payant partie dcsdis impostz. Car quand les ruraulx et champestres seront tant charges et que on aura prins et plun^ toute leur substance, il conuiendra puis après que ceux qui sont riches et puissans fournissent et parfassent aa demourant. o — Il est fait mention de cette fable dans le RépeUU-'matin des François et de leurs voisins : Yoyez cî-^essos la notice de la fable xiy de ce livre, p. 45,
En ce monde il se faut i^un Tautre secourir* : Si ton voisin vient à mourir, C'est sur toi que le fardeau tombe.
Un Ane accompagnoit un Cheval peu courtois,
Celui-ci ne portant que son simple harnois, 5
Et le pauvre Baudet si charge, qu'il succombe.
n pria le Cheval de Taider quelque peu :
Autrement il mourroit' devant qu'être à la ville.
« La prière, dit-il, n'en est pas incivile :
Moitié de ce (ardeau ne vous sera que jeu. » zo
Le Cheval refusa, fit une pétarade * :
9. C'est la même moralité que celle de la fable xm du livre VIII, fAne et le Chien, £lle est ainsi exprimée à la fin de la fable de Corrozet :
Quiconque veut à autre auoir recours,
Quand u le voit en la nécessite
Du bon du cœur lui doit donner secours.