Il mouroit. (1679 Amsterdam
4. Sur remploi du mot propre, franc et vrai, chez la Fontaine, voyez M. Taine, p. 198 et suivantes.
54 FABLES. [f. xvi
Tant qu*il vit sous le faix mourir son camarade. Et reconnut qu'il avoit tort.
Du Baudet, en cette aventure, On lui fit porter la voiture '^y 1 5
Et la peau par-dessus encor**.
5. La chaîne, ce que portait le Baudet, quod pehUur» Ce sens de clutrge est encore admis par TAcadëmie dans sa dernière édition
6. Tum vero et Asini tarcîna et corîum însuper Equo tuf priorem sareînam tant addîta,
(PAÎiRVB, vers 8 et 9.)
r. xvii] LIVRE VI. 55
FABLE XVII
IB CmBN QUI LACHB SA PROIB POUR L^OMBRB.
Éaope, fab. 109, R^oiv xpéa< çlpouvdc , et KâttV xa\ pp<&{jLa (Corajr, p. i35 et i36, sous six formes). — Babrius, fab. 79, K^ciiv toi axid. — > Aphthonlus, fab. 35, Fabula Canis, ad avaritîam fugiendam exhar-^ tams. — Phèdre, livre I, fab. 4i Canis per fluvium earnem ferens, — Romulns, livre I, fab. 5, même titre, — AnonTme de Nevelet, fab. 5, Je Came et carne, -— Faême , fab. 53 , Canis et caro, — Marie de Franee, fab. 5, dou Chien et dou formage, — Corrozet, fab. 4) ^ Chien et de la pièce de chair. — Haudent, x** partie, fab. ix5, d^un Chien et de son umbre. — Le Noble, fab. 75, du Chien et de P ombre. Validité trompée.
Mfthologia msopica Neveleti^ p. a59, p. 349, P* ^7'} P* ^9^} P* 4^9* On peat faire remonter assez haut la tradition de cette fable chez les Grecs, puisque, comme on le sait par une citation de Stobëe (X, 69, édition Gaisfordy i8a3, tome I, p. a6o), Démocrite j a fait allusion. M. Benfey (tome I, p. 79 et p. 4^^) ^^ ^* Weber (Études indiennes^ tome III, p. 339 ^^ ^4^) °^ doutent pas que les Indiens ne la tiennent des Grecs. Elle est rappelée, dans toute sa simplicité primitive, par Tanteur de la Vie de Barzouieh (Barzonieh lui-même, probablement), au chapitre iy du CalUa et Dimna (p. 76 de la traduction de Wjndbam Knatcbbull, Oxford, 18x9). Le Pantschatantra Ta toute transformée, sans cependant la rendre méconnaissable; voici comment Tauteur de ce recueil Ta encadrée dans une histoire qui, elle-même, n*en est guère qu^une sorte d*application, longuement développée (fable vin du livre IV, tome II, p. 3io et 3ix de M. Benfey') : La Femme d*un vieux laboureur, qui a quitté son mari pour suivre un amant, et qui est dépouillée et abandonnée par ce dernier, se revcon.ie, au bord d'un fleuve, avec un Chacal, qui, arrivant, un morreau de chair à la bouche, le lâche pour courir a un gros poisson quUl aperçoit
X. Loiseleur Deslongchamps a déjà donne Tanalyse de cette histoire, p. Sx et 5s de son Essai sur (es fables indiennes.
56 FABLES. [f. xvn
«étendu sur la rive. La chair est eolevée par un vautour (dans la Tersion de Sjntîpas, Corayj p. i36, un corbeau rient de même enlever la proie du Chien), le poisson rentre dans Teau, et la Femme et le Chacal font échange de morale en se raillant Tun Tautre. — Dans le yS* rëcit des Avaddnas (traduction de Stanislas Julien, tome II, p. ii-i3), les circonstances et la moralité sont les mêmes que dans le Pantsckatantra, — Le Livre des lumières * (p. 79 et 73, et p. 144-146) contient aussi deux récits qui, par la moralité, et la première surtout par quelques détails, ne sont pas sans rapports avec la fahle du Chien qui lâche sa proie pour Comhre^ mais qui rappellent plus encore la fable ésopique du lion, et le Lièvre (Coray, p. 147) et la fable du Héron. — On peut voir dans les Poésies inédites du moyen âge^ d^Édélestand du Méril (p. 187, et p. 917 , et 3 18), les fables de Neckam et de Baldo sur le même sujet, et dans Robert (tome II, p. 5o et 5i), celles à^Ysopet i et ^Ysopet 11.
Chacun se trompe ici-bas :
On voit courir après Tombre
Tant de fous , qu*on n'en sait pas
La plupart du temps le nombre.
Au Chien dont parle Ésope il faut les renvoyer. 5
Ce Chien, voyant sa proie en l'eau représentée', La quitta pour l'image, et pensa se noyer. La rivière devint tout d'un coup agitée *;
a. 'Voyez ci-nprès, p. 8r, note 6.
3. Et agrandie^ ajoutent presque toutes les fables grecques ; Fa^me n'a pas non plus négligé ce détail (vers 3) :
Cants ore frustum earnium ferens vado Transibat amnem, qttumque contemplantî oquam Speciem ampliorem earnium Hla redderet,,,,
4. Du plongeon qu'y fait le Chien. On peut imaginer qu'il sui* vait la rive, comme cela est nettement dit dans le quatrain de Gabrias, la fable d'Aphthonius (tous deux donnés par Nevelet) et dans celle de Babrius. Fai^rne fait passer le Chien à gué, et Marie de France sur un pont. — « Un chien qui est dans Peau trouble Toau, dit Chamfort, et ne saurait y voir Tombre de sa proie. Si ce chien était sur une planche ou dans un bateau, il fallait le dire, d Hoi-^sonado (note % à la fable de Babrius) défend ici la Fontaine
F. xvii] LIVRE VI. 57
A toute peine il regagna les bords,
Et n*eut ni Tombre ni le corps. i o
contre Chamfort, dont la critique s^appliquerait plutôt à Phèdre (vers i et 3) :
Cmais per flumen^ carnem dum ferret^ notons^ Lympnarum in speculo vidit sinutlacrum suum.
58 FABLES. [t. xvm
FABLE XVIII