I. Voyez la note
3. a Aucun poëte français, dit Chamfort, ne connaissait avant la Fontaine cet art plaisant d'employer des expressions nobles et prises de la haute poésie pour exprimer des choses vulgaires ou même basses. C'est un des artifices qui jette le plus d'agrément dans son style. »
3. La ville de Qutmper-Corentin (Finistère) était le chef-lieu d'un district du même nom, qu*on appelait aussi Comoutùlles,
F. xviiij LIVRE VI. 59
On sait assez que le Destin Adresse là les gens quand il veut qu'on enrage* :
Dieu nous préserve du voyage' !
Pour venir au Chartier * embourbé dans ces lieux, Le voilà qui déteste "^ et jure de son mieux, i o
Pestant, en sa fureur extrême, Tantôt contre les trous, puis contre ses chevaux,
Contre son char, contre lui-même.
Il invoque à la fin le dieu dont les travaux
Sont si célèbres dans le monde : 1 5
« Hercule, lui dit-il, aide-moi. Si ton dos
4. Ceci peut s'entendre naturellement de ïéxat des routes, qui ne deraient pas être fort praticables dans cette partie de la Bretagne, coupée de bois, de landes, de fosses. Il se pourrait aussi quMl y eût dans ces vers une allusion d^un autre genre. « Quimper, dit une note manuscrite de Walckenaer, était un lieu dVxil. C^est là que le P. Caussin, confesseur de Louis XIII, fut exilé , parce qu^il sVtait mélë dUntrigues contre Richelieu. » — Dans sa fable m du lirre YEQ, intitulée les Deux exilés^ le duc de Nivernais rappelle ces vers de la Fontaine :
Cliacun sait que la Sibérie Fax on pays froid et lointain, Où règne encor la barbarie :
C'est pis que Quimper-Corentin, Et c'est bien là que le Destin Conduit les gens quand il y eut qiCon enrage,
{Fables de Mancini-Nivemois, puèliêes par Fauteary 1796, tome II, p. 4i.)
5. Voyez dans les Poésies de Brizeux sa réponse à ces vers de la Fontaine, intitulée : En passant à Kemper,
6. La Fontaine n*a pas écrit chartiêr par licence, comme on Ta dit, mais parce qu^il en avait le droit de par PAcadémie, dont le Dictionnaire y dans ses trois premières éditions (1694, 1718, 1740)9 admet également la forme actuelle charretier et chartiêr. Chartiêr est la seule orthographe de Nicot (1610), de Richelet (x68o) et de Furetière (1690). — Il y a de même au livre VIII, fable xii, vers 5, charton pour eharreton,
7. Du latin detestari, jurer avec imprécation. Le mot est expliqué par celui qui le suit. Notre auteur remploie absolument.
6o FABLES. [r. xviii
A porté ta machine ronde ^^
Ton bras peut me tirer d'ici. »
Sa prière étant faite, il entend dans la nue
Une voix qui lui parle ainsi ^ : «o
« Hercule veut qu'on se remue*®; Puis il aide les gens. Regarde d'où provient
L'achoppement qui te retient" ;
Ôte d'autour de chaque roue Ce malheureux mortier, cette maudite boue a S
comme ici, dans le conte du Faucon (v* de la III* partie), Tert isi :