‹ ŒuvresChapitre 73 sur 224 · J. DE LA FORTAIHE. II Q · texte numérisé non relu

J. DE LA FORTAIHE. II Q

i3o FABLES. [w.

vu

Qa*un mois durant le Roi tiendroit

Q)ur plénière*, dont l'ouverture

Devoît être un fort grand festin, lo

Suivi des tours de Fagotin*^.

4. « Caurj piénUres^ assemblées solennelles ipie les anciens rois de France tenaient aux principales fêtes de Tannée, et principalement à Pâques et à Noël. Les principaux rassaux du Roi assistaient aux cours plénières, où le Roi paraissait la couronne en tête. » (Chébubl, Dictiomnmté des mMituiiaiu,.». de la Framee^ p. 98s.)

5. Fagotin (fut-il le premier du nom ?) était un singe dont, vers le milieu du dix-septième siècle, Taccoutrement et les tours attiraient la foule à la porte du théâtre de Brioché, le célèbre jooeur de marionnettes; on peut lire son portrait, extrait d*une facétie dn temps sur Cyrano de Bergerac (i654), dans VSittatredeswÊarioimeites en iurope de M. Charles Magnin (livre V, chapitre m, $ 1, p. i3oi3a, a'* édition), ou dans la facétie réimprimée par Édooard Fournier (tome I de ses Variétéâ historiques et littéraires^ p. a83- 184). Voici, de préférence, une note inédite de Walckenaer (mais on ne saurait affirmer que ce Fagotin, danseur de corde, ait été le même que le Fagotin des marionnettes; ce fut plutôt un rival de gloire) : a Nous apprenons par la gaiette en vers de Loret(/a Mtize historique) ^ à la date du 3o avril 1661, que ce singe dansait sur la corde à la foire Saint-Germain, et qu^il faisait partie d^une troupe d'animaux qu'on j montrait au public ; cette troupe en avait pris le nom de troupe de Fagotin. Les bateleurs qui en étaient possesseurs, s'étant mis en route après la foire pour se rendre à Caen, furent arrêtés par des voleurs, qui oceiremt le lion et Pomte^ tranchèrent la tète à Fagotin, la sage héte^ et tuèrent aussi les six hommes qui les conduisaient. Quoi qu'il en soit (Walckenaer soup^ foanait-il Loret d^avoir emhelli cette histoire tragique ou simplement enrichi sa chronique d^une réclame ?), Fagotin était resté si célèbre, que son nom devint synonyme de singe, et que le même gazetier, sous la date du as février 1664, décrivant les merveilles de la foire Saint-Germain, dit qu'on y voit les fagoiins et les guenons. Cassagne, dans ses essais de lettres fiunilières, imprimés sans noms, en 1690, par les soins de Furetière, compare Priolo, l'historien de Mazarin, à Fagotin, et nous raconte ainsi (p. 9$) un des tours du singe : « Je compare Priolo à Fagotin, ee magot si fiimeux, qui, a en dansant sur la corde, deux seaux pleins d'ean dans les a mains, jetoit ces seaux, qui lui serroient de contrepoids, sur la a tête du maître qui est en bas. a 11 est certain, comme le dit

w. Yii] LIVRE VIL i3i

Par ce trait de magnifioenee Le Prince à ses sujets étalent sa puissance.

En son Louvre' il les invita.

Quel Louvre ! un vrai charnier, d(mt Todenr se porta D*abord au nez des gens\ L*Ours boucha sa narine : n se fftt bien passé de faire cette mine ; Sa grimace déplut : le Monarque irrité L*enYoya chez PlutcNi £ure le dégoûté.

Le Singe approuva fort cette sévérité» ao

Et flatteur excessif, il loua la colère* Et la griffe du Prince, et Tantre, et cette odeur :

Il n^étoit ambre, il n'étoit fleur

M. Charles Magnin, que le plus iam^ix des Fagotins, celui deBriochë, mort^ c son nom et son emploi lui ont surrécu ; » et il est bien pro~ bable que, de son Tirant même, d*autres montreurs de marionnettes prtentaient leur singe savant sous Tillustre nom du chef d*emploi parisien. C'est d*un double de province, d*un pauvre ambulant que parle Lisette dans U Tartuffe (1664, acte II, scène m, vers 664-666) :

Là {U s*agU ttwu petite vUle\ dans le caroaval, vous pourres Le bal et la grand'bande, à savoir, deux musettes, [espérer Et parfois Fagotin, et les marionnettes.

6. Même emploi de Loupre^ pour « palais », au vers 400 du dernier conte de la III* partie, et au vers ai du conte xin de la IV*.

7. On a vu que, dans les autres récits, Todeur n'est pas celle de Tantre, nais de la gueule du Lion.

8. Ce vers, précédé de trois rimes masculines, ne rime avec aucim antre ; c*est évidemment une inadvertance de la Fontaine ; il ne paraît pas qu*il s*en soit jamais aperçu, puisqu'elle se trouve dans toutes les éditions originales. Montenault (l'éditeur de 1755- 17S9) coupe ainsi ce passage :

Sa grimace déplut ; le monarque irrité L'envoya chez Pluton faire Le dégoûté;

mais c'est trouver une rime aux dépens de la mesure. La Fontaine, comme le pensaient Nodier et Boissonade *, n'eût probablement

* Noos avons vn de Boissonade nne lettre inédite du g mai 1827, adressée à Waldienaer, ou il dédaie ne pas approuver la eorreetion de Montenault, le vers lui paraissant trop eonrt.

i3a FABLES. [p. ^ii

Qui ne fât ail au prix. Sa sotte flatterie

Eut un mauvais succésy et fui enoor punie*: a 5

Ce Monseigneur du ^^ Lion-là

Fut parent de Giligula^^.

Le Renard étant proche : «Or çà, lui dit le Sire, Que sens-tu? dis-le-moi : parle sans déguiser. »

L'autre aussitôt de s'excuser, 3«

Alléguant un grand rhume : il ne pouvoit que dire

Sans odorat^*. Bref, il s'en tire.

pas été satisfait de ce vers unique de sept syllabes Tenant entre un Ters de douze et un de quatre ; aurait-il admis : Fous P envoya, . . " ? Sans s^arroger le droit de corriger ou de suppléer le texte, puisqu'il n^était pas éditeur, Tabbé Aubert^, dans un article du Journal d§s Bemu9-Artê de mai 1771, a proposé de substituer, à la fin du rers ao, action sévère à tépérité .*

Le Singe approura fort cette action sévère.

On peut douter que, comme Faffirment cependant Nodier et Walckenaer, la Fontaine eût c adopté avec empressement » cette leçon.

9. a L^entbousiasme outré paraît hypocrite et offense, dit M. Taine (p. 9 S et 96). Il ne faut pas, comme le Singe, approuTer trop les exécutions, louer la griffe du Prince, les boucheries et leur odeur.... L*abbé de Polignac, raconte Saint-Simon (tomes IV^ p. 347i et y III, p. i3a), se promenant à Marly avec le Roi, par un mauvais temps, disait que la pluie de Biarlj ne mouillait pas. Gela parut si fade, qu*il déplut au Roi lui-même, a La sotte flat* « terie p n'a pas meilleur succès que la franchise trop rude. Une complaisance serrile dégoûte. »

10. Emploi comique de la particule nobiliaire, humanisant, on ne peut mieux, la royale béte. Comparez Ut. I, fab. 11, t. 5, note 1.

11. Voyez Sénèque, Consolation à Polybe^ chapitre xxxn; Dion Cassius, Histoires^ lirre LIX, chapitre 11 ; et le morceau de Saint- Marc Girardin que nous citons à V Appendice,

1 9 . G^est Texcuse que donne le Renard dans la fable de J. Régnier :

Mîhi nom cerebri rhenma odoratus poros Tarn stipat^ ut non transmeet nares odor,

a U TOUS prend m cognée, il tous tranche la béte.

(Le FUlageMs et le Serpent^ livre YI, fable zm, Ten ao.) Et dans la fable vi qiii précède, vers a5 : c On tous le fait Lapon. » * Fabaltste et critique, né en 1741, mort en 1814.

r. vuj LIVRE VIL i33

Ceci vous sert d^enseignement :

Ne soyez à la cour, si vous voulez y plairei Ni iade adulateur, ni parleur trop sincère, 3 5

Et tâchez quelquefois de répondre en Normand^'.

i3. Les éditions originales et toutes les anciennes que nous j comparons ont, pour mieux rimer, Hormant par un t, — L* Académie, dans sa i** édition (1694)9 explique cette locution familière par c ne pas répondre précisément, ne répondre ni oui ni non, s el, dans ses dernières, répons* normande par « réponse équivoque, n

— Ce n*est pas la seule fois que la Fontaine fait allusion à Tesprit de ressource, de finesse, de prudente réserre, des Normands (Toyex lirre III, foble xi, Ters i; liTreVIII, fable xxi, fers 11). Cette réputation qu*on leur arait faite est constatée, en termes qu*on ne peut lire sans étonnement, dans un dictionnaire de la langue française, publié, à Tétranger il est Trai, par un contemporain de la Fontaine : a Nobmabd, qui est de Normandie, Tune des plus riches proTÎnces de France, et celle, après le Daufiné, où il jr a de plus grands fouri>es et de plus grands coquins. C^ett un Normand^ c*està-dire c^est un homme fourbe et fin, et à qui il ne se faut pas fier sans caution bourgeoise, s (DietUmmmre de JHehelet^ Genève, 1679.)

— Notre auteur avait déjà dit dans Joeonde (conte i de la I'* partie, ven 90 1) :

Il ne faut k la cour ni trop voir ni trop dire ;

et il dira au livre XII (fable xi, derniers vers) quUl y faut

Porter habit de deux paroisses.

— a C*est une détestable morale, dit Nodier au sujet des vers sous forme de conseil qui terminent la fable, mais elle n^émane point du cœur de la Fontaine. Il exprime cette idée comme une conséquence vraie de Tordre commun des choses, et non comme une leçon. Le poète dit ceci comme il a dit autre part (livre I, &ble X, vers i) :

La raison du plus fort est toujours la meilleure. »

Voyez à la notice de la fable les réflexions de Saint«Marc Girardin. J. Régnier exprime ainsi, dans son affabulation, cette vérité de fait :

Dixisêe verum *»p€^ ut ei ftUsum^ nocet. Qui blandiendo mutus est aitum sapît.

i34 FABLES. [r. viii

FABLE VIII

LES VAUTOURS BT LES PIGBOlfS.

Abftemiiu, fab. 96, Je jiceipîtrtèiu mter se immieUj qmat Columim paeaperani, — P. CandLduB, fab. i36, Aeeipîtrum pux. — Haudent, a* partie, fab. x53, des Coulombz et des Espreiùers,

Mjrthoiogia suopiea yeveleti^ p. 574«

Dans la fable de Phèdre qai a pour titre HËIpus et CalÊomèa (livre I, fab. 3i, NeTelet, p. 4<>8), la pensée est diffërente. Les Colombes ont pris le Blilan pour roi, croyant se fiure un protecteur d*un ennemi ; le Milan, devenu leur maitre, les gobe à son plaisir : ce qpi prouve, comme le dit le poète en commençant, que a se mettre sous la protection d*un méchant, c*est courir à sa perte en cherchant du secours 9 :

Qui se eommiitU komini tutanJum improèo^ jâtud&a dum refiùrit^ esituam impenk.

— La fable s du livre II de Romulus, Columbm et Mihus; la fable 11 de TAnonyme de Nevelet (p. 5oa), de AeeipUre et Columbis^ la fable a5 de Neckam, de Niso et Columbis (édition du Méril, p. 196 et 197), la fid>le SI ^Ysopet /, citée par Robert (tome II, p. 83 et 84), des Coloms et de fEseoufie^ et la fable 18 de Corrozet, des Colombes et de PEspreuier^ se rapprochent beaucoup de celle de Phèdre : les Pigeons, en guerre avec un oiseau de proie, prennent pour i^oi un autre oiseau de proie, et reçoivent plus de dommage de leur souverain qu'ils ne faisaient de leur ennemi '.

M. Taine (p, 3i6 et 317) fait remarquer que cette fable est, chez notre auteur, une de celles' qui a prouvent que le mètre uniforme eût fait tort à la pensée poétique, et que le génie ne peut

I. La fable ies Colombes et le Vautour^ des Fables ^ Ésope ou Ésope à la pille de Boursault (acte IV, scène v^ 1690), est, conmie nous Pavons dit plus haut (p. 38), une imitation, non des Vautours et les Pigeons^ mais du Soleil et les Grenouilles (livre VI, fable xii).

1. Il cite en outre, comme exemples à Tappui, Jupiter et Us Ton^ nerres (livre VIII, fable xx), et le Rat de viUe et le Rat des champs

F. viii| LIVRE VII. i35

rien contre ta nature des choses. Qu*on réserve Palexandrin, ajoute M. Taioe, pour le drame et la tragédie, à la bonne heure : les personnages parlent d*un ton sérieux et soutenu. Qu^on garde les petits Ters pour la poésie légère : la poésie Yole alors aussi légèrement qu*eux. BAais dans les fables, où les pensées sérieuses et gaies, tendres et plaisantes, à chaque instant se mêlent, nous ▼oolona des Ters de mesures différentes et des rimes croisées, o

Mars' autrefois mit tout Tair en émute'.

Certain sujet fit naître la dispute

Chez les oiseaux, non ceux que le Printemps

Mène à sa cour*, et qui, sous la feuillce.

Par leur exemple et leurs sons éclatants, 5

(livre I, &ble ix), la dernière, croyona-noos, plus justement que les deox autres et surtout que celle»ci.

3. Le Dieu de la guerre, pour a la guerre, une guerre. » C'est le ton de Tépopée que la Fontaine sait prendre avec tant d*art quand il veut relever ce qu'il dit. Il le soutient ici, jusqu'à la chute qui détonne et surprend :

Pour un chien mort...;

mais, du reste, sans qu'avant cette chute il y mêle des contrastes plaisants et le tourne en badinage comme au début de la fable x du lirre II, an vers i de la fable xvni du livre VI, et ailleurs.

4. Le même mot se retrouve sous cette forme an lirre X, fable nr, Tcrs 19. « Émute^ dit Boissonade, dans la lettre que nous avons déjà citée (ci-dessus, p. 117, note i3), est quelque prononciation de province. Nos TÎeux auteurs mêlaient souvent les dialectes; Ronsard en avait donné l'exemple. n.Littré, dans son Die^ tioiuuùre^ explique comment la prononciation primitive, gardée ici par la Fontaine, s'est altérée : a Le participe, écrit émeu^ se prononçait ému; le substantif é<ii«ff/« {qm en dérive) se prononçait /miife. Puis récriture a pris le dessus; et on a prononcé ce qui était écrit, non ce qui était dans la tradition. »

5. Personnification et a tournure poétique, dit Chamfort, qui a l'avantage de mettre en contraste, dans l'espace de dix vers, les idées charmantes que réveillent le printemps, les oiseaux de Vénus, etc., et les couleurs opposées dans la description du peuple vautour. »

i38 FABLES. [w. vin

La gent maudite aussitôt poursuivit

Tous les Pigeons, en fit ample carnage,

En dépeupla les bourgades, les champs.

Peu de prudence eurent les pauvres gens

D accommoder un peuple si sauvage. 40

Tenez toujours divisés les méchants ^^ :

La sûreté du reste de la terre

Dépend de là. Semez entre eux la guerre,

Ou vous n aurez avec eux nulle paix.

Ceci soit dit en passant : je me tais. 4 s

à grands eoups^ engager la mêléty sens où le Teriie, non plus que le nom ^hamailiu (combat de cheyaliers ou joute en champ clos), n*a pas toujours été familier, où il était noble et même ëpique :

Nous irons bien armes; et si quelqu*un nous gronde,

Nous nous chamaillerons....

— Moi, chamailler, bon Dieu ! Suis-je un Roland, mon maître,

Ou quelque Ferragu?

(MoLiiBB, DépU amoureux^ acte V, scène i, rers x48a-i486; allusion au combat de Ferragus et de Roland dans le xn* chant du Roland furieux,)

16. « Ceci n*est pas, à la vérité, une règle de morale: ce n'est qu*un conseil de prudence, mais il ne répugne pas à la morale, s (Champort.) Ce rers rappelle la fameuse maxime : Diwide ut imperei^ a dirise pour régner, pour être le maître; 9 la Fontaine, du moins, reut qu*on ne l'applique qu*aux méchants.

r. ix] LIVRE VII. lîg

FABLE IX

LB COCHB BT Li. MOUCHB.

p. i38, sous trois formes, el p. i39). — > Babrios, fab. 84, Uima^ Mil TdSpoc. — Romnlus, livre IV, fiiK 18, PmUs H Camêius : elle a été mise en Ters «lani Vjippendice Jet fahUt étopiquês de Bnrmaiin (n<* Si). — Ysopet il^ fab. 3S, ung TtJum ^ui ê*as4ist sur wtg Muiet (Robert, tome II, p. 87 et 88). — P. Candidus, fid>. 71, Tmurmâ ef Cales,

»• Phèdre, livre III, ikb. S^Musea et Jf«/A.— RomuluB, livre II, lab. 17, même titre. — Anonyme de Nevelet, fab. 37, 4ie Mtda et Mmsem, — Ysopet /, &b. 35, if im Muletier et êwM MuU (Robert, tome II, p. ^ et 87).

3* Abatemîna, fab. 16, de Musea qum^ fuaJrigU iruUlenSy puherem M eseitusse dkebut, — Faême, fab. 45, Mutea et QuaJngm, — Haudent, »• partie, fab. 77, tTune Mouche excitante pouldre,

Mxthologia mtopiea Neveleti^ p. aGi, p. 358, p. 419, F* 5i3, p. 541.

Vojez aussi le Beeueîl déjà cité de Daniel de la Feuille, 2* partie, p. 5, et les Chansons choisies de M. de Coulantes ^ p. 64.

Cette fable fut publiée pour la première fois dans le volume intitulé Fables nowelles et autres poésies de M, de la Fontaine^ 1^7' v elle est la seconde des huit fables contenues dans ce recueil, et se trouve à la page 4* Mme de Sévignë et son fils y ont fait plusieurs fois aUosion dans les années 1676, 1677, 1679 : voyez tome IV des Lettres^ p. 365; tome Y, p. 187, 189, 19$, 209-aio; et tome VI, p. Isa, i5i-i5a.

I* Dans les fables d^Ésope, la Mouche se pose sur la corne du Bœuf, et lui dit que, si elle le fatigue, elle se retirera ; le Bœuf lui répond qu'il ne s*est pas aperçu de son arrivée, et qu*il ne s'apercevra pas davantage de son départ. La fable de Babrius, la première fable citée de Romulus (d*où dérivent la 36« de Neckam et la 70* de Marie de France), celle de P. Candidus, et la fable 35 d* Ysopet li, ung Tahon qui t*assist sur ung Mulet ^ traitent à peu près le

i4o Fables. [r. ix

même sujet que celle d^Ésope. — a* Let apologues de Phèdre, de Romulus et de T Anonyme de Nevelet, et la fable 35 d^Ytopet /, itiut Muletier et d'une Mule^ représentent la Mouche blâmant une Mule de sa lenteur, et la menaçant de la piquer; la Mule répond quVlle ne craint rien de la Mouche, mais tout de son conducteur arme du fouet : c*est là surtout, ce semble, que, dans les deux fables, de lui connues, de Phèdre et de TAnonyme, la Fontaine a dû trouTcr le germe de la sienne. — 3* Dans les fables d*Âbstemtus et de Faeme (Haudent leur a emprunté la sienne), la Mouche, Toyant la poua- •ière que soulève un char à quatre cheraux sur lequel elle s*est posée, s^écrie : Ohi que je fais de poudre! Cest ainsi du moins que le dernier trait *■ était rendu dans une traduction ou une imitation que Mme de Grignan envoya à Mme de Sévigné en 1677, et la mère et la fille en ont fait de nombreuses applications*. — G*est encore ainsi que le sujet est conçu dans une fable intitulée : ie Moucheron ou la folle ponterie^ qui est la 7* de CAtope du temps^ par Desmay, publié en 1677 ; dans la fable 3a de le Noble, de la Mouche et du Chariot ou le Craqueur; et dans le quatrain xxxi de Benserade, où se trouve, comme dans la Fontaine, le mot sablonneux :

Un chariot tiré par six chevaux fougueux

Rouloit sur un chemin aride et sablonneux ;

Une mouche étoit là, présomptueuse et fière.

Qui dit en bourdonnant : a Que je fais de poussière ! >

— Saint-Marc Girardin (vii* leçon, tome I, p. aaa-aa4) cite la fable à^Ysopet II que nous avons mentionnée, et en rapproche

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