‹ ŒuvresChapitre 74 sur 224 · I. Chez Abstemius · texte numérisé non relu

I. Chez Abstemius

Quam magnam vim pulveris excitavi!

Chez Faême (vers 6 et 7) :

Di magni^ ait^ Çuantam profundi vim exekavi puluerist

a. Voyez aux pages citées du tome V des lettres de Mme de 5évigrné. Peut-être, d*elle-méme, Mme de Grignan avait-elle dégagé le bref et vrai mot de la fable d* Abstemius et de Faéme de ces trois médiocres vers de Desmay, qui avait précisément, comme il va être dit, publié ses fables en 1677 :

Il commence un hymne à sa gloire Ayant pour son refrain qu*il a fait seul voler Le tourbillon de poudre en Tair.

». a] LIVRE VIL ,41

denx piquantes aneedotet. U cite ensuite (p. 134-127) la fable de la Fontaine, et la fiiit suivre de ces réflexions : c Le tableau de la Fontaine est un chef-d^œuvre, et bien supérieur à la fable du moyen âge.... La morale seulement ne se rapporte pas à la fable d*une manière aussi piquante que dans la fable du moyen âge. Le Taon dont le Mulet ne sent pas le poids est un emblème plus juste de la fiiusse importance des raniteux, que la Mouche, qui, selon la maxime de la Fontaine, derrait être chaisée. Et pourquoi chasser la Mouche du coche?... Vous-même, qui êtes sur le siège, êtes* TOUS bien sûr que tous menez le chariot? Est-ce à tous ou aux chevaux que je dois savoir gré du chemin que je fais?... « C^est moi « €[u*il £iut remercier, dites-vous, car c^est moi qui suis le cocher a et qui tiens le fouet, s — Peutends. Mais toutàTheure, ô cocher, vous alliez vous endormir, si la Mouche en passant ne vous avait piqué et ne vous avait réveillé : sans elle, peut-être nous tombions dans le fossé.... » — c Ce petit apologue, dit Chamfort, est un des plus parfaits ; aussi a-t-il donné Heu au proverbe : la Mouche du coekê. ]>

Dans un chemin montant, sablonneux, malaise, Et de tous les côtés au soleil exposé,

Six forts chevaux tiroient un coche.

Femmes, moine*, vieillards, tout étoit descendu*; L*attelage suoit, souffloit, étoit rendu'. 5

3. Moines. (1688, 1708, ag.) C'est une variante fautive, que rend impossible le vers 30 :

Le moine disoit son bréviaire.

4. « Comme cette énumération, dit Nodier, représente bien la cohue d*une voiture publique, et dans quel ordre ingénieux Les femmes, le moine lui-même, voilà une épigramme très-gaie pour le temps où elle liit écrite, les vieillards enfin.... v On peut rapprocher de ce vers le passage suivant d'une lettre de la Fontaine à sa femme, du 3o août i663 : « Dieu voulut enfin que le carrosse passât... ; point de moines^ mais en récompense trois femmes, un marchand qui ne disoit mot, et un notaire qui chantoit toujours, etc. d

5. M. Taine (p. q45-i46) rapporte, à propos, ce passage, pour montrer la vie, Tintérêt que jettent partout, dans les récits du

i4a FABLES. [f. n

Une Mouche 8iirvient« et des chevmux s'approcke, prétend les animer par son boaidoniiemeiitt Pique Tun, pique Fautre, et pense & tout moment

Qu*elie fait aller la machine, S^assied sur le timon ^ sur le nez du cocher. lo

Aussitôt que le char chemine''.

Et qu'elle voit les gens marcher, Elle s'en attribue uniquement la gloire, Va, vient, fait Tempressée : il semble que ce soit Un sergent de bataille* allant en chaque endroit i5 Faire avancer ses gens et hâter la victoire *•

poète, la multiplicité et la précîtion de détails bien choisif . — c Cet cinq premiers Ters n'ont rien de saillant, > dit Chamfort ; pub il ajoute : a mais ils mettent la chose sous les yeox arec une précision bien remarquable, d II semble y avoir contradiction entre les deux parties de ce jugement. NVst-oe donc rien, en poésie, que de mettre la chose sous les yeux du lecteur? Or, c*est ce que Tauteur fait ici admirablement par le choix des mots, Taccnmulation des circonstances, la multiplicité des adjeetifii et des substantifs d^abord, puis des rerbes jetés là sans conjonction, et d'où résulte une harmonie si bien appropriée au tableau.

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