‹ ŒuvresChapitre 75 sur 224 · Musea m temone tedit. (Phèdre, vers i · texte numérisé non relu

Musea m temone tedit. (Phèdre, vers i

7. Dans le recueil de 1671, on lit cette première rédaction :

Fait à fidt que le char chemine,

c'est-à-dire à mesure que; c*est, dit Walckenaer, une locution picarde. La Fontaine l'a employée dans une lettre à son oncle Jannart, du 19 août 16 58 : et Je n'imputois pas les sommes données sur les arrérages précédents fait à fait qu'elles ont été données. »

8. a C'est un officier considérable qui, dans un jour de combat, reçoit du général le plan de la forme (la dUpositûm) qu'il veut donner à son armée, la disposition des corps de cavalerie et d'inlanterie, Tassiette de l'artillerie, et l'ordre qu'on doit tenir au oontbat^ ensuite le sergent de bataille avec les maréchaux de camp disposent l'armée selon que le général l'a prescrit. » (DtethmmmFie de Micheletf 1679.)

9. Q La Fontaine, dit M. Taine (chapitre de t Action, p. i44'>45), ne décrit pas seulement les mouvements de l'âme. Il sent que r imagination de Tliomme est toute corporelle; que, pour com-

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La Mouche, en ce commun besoin, Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin ; Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.

Le moine dîsoit son bréviaire *• : a o

Il prenoit bien son temps ! une femme chantoit : C'étoit bien de chansons qu'alors il s'agissoit ! Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles*',

Et fait cent sottises pareilles.

Après bien du travail, le Coche arrive au haut *' : a 5 « Respirons maintenant ! dit la Mouche aussitôt : J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine. Çà, Messieurs les Qievaux, payez-moi de ma peine. »

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,

S'introduisent dans les affaires : 3o

prendre le déploiement des sentiments, il faut suivre la diversité des gestes et des attitudes; que nous ne voyons Tesprit qu'à travers le corps. Pour sentir Timportunité de la mouche, il faut être importuné de ses allées, de ses venues, de ses piqûres, de son bourdonnement. Phèdre ne nous apprend rien quand il met sa critique en sermon.... Au contraire ici, reprend M. Taine après avoir cité la fable de Phèdre, la critique est en action et le ridicule palpable, parce que la sottise tombe du moral dans le physique, et que Timpertinence des pensées et des sentiments devient l'impertinence des gestes et des mouvements. »

10. a L41 Fontaine emploie près de vingt vers, dit Chamfort, à peindre les travaux de la Mouche, et son sérieux est très-plaisant ; mais peut-être £fillait-il être la Fontaine pour songer au moine qui dit son bréviaire. »

11. Aux deux vers si>a3 compares le tour analogue, et là plus plaisant encore, des vers si-ss de la fable iv du livre IX.

II. La plupart des commentateurs ont relevé TefTet de cette aspiration, qui, séparant deux syllabes formées du même son, doit être mieux marquée par la prononciation, et rend si bien le der> nier effort de l'attelage pour atteindre le plateau. — Nodier fait aussi remarquer le changement du mètre : a Tout à l'heure il était irrégulier comme le chemin pénible que le coche parcourait; la mesure se rompait par intervalles, et, si on l'osait dire, par ca-.

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Ils font partout les nécessaires, Et| partout importuns, devroient être chassés*'.

hoU. Maintenant que la Toiture est axTirëe au-dessus de la montagne, le Ters s^apianit et tombe régulièrement. »

i3. Comparez ce passage d*ane autre poésie de Phèdre, anecdote plutôt que fable :

Est ardellotmm qumdam JHomm natio^ Trépide eoneursiuu^ oecupata in otioy Gratis anhelans^ muita agendo nildl agens^ Sihi moitsta^ et aUis odiosiuima.

(PiiioBB, livre II, fable t, rers i-40

-— a II y a une certaine recherche dans ces vers de Phèdre, remarque M. Taine qui les rapproche aussi (p. 3o6) de la fin de notre fable. Ces heureuses antithèses font T éloge de IVcrivain. I^a Fontaine dit bonnement la chose :

Ainsi certaines gens, etc. »

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LA LArriÂRB ET LB POT AU LAIT.

Nicolas de Pergame, Dialogus ereaturarum moralizatus, au dialogue ICO (Goudae, 1483, 10-4**, feuille K, fo^. a v<>). — BonAventure des Périen, nouvelle 14, intitulée : Comparaison des alquemistes à la honme femme qui port oit une potée de lait au marché^,: — Democrituf ridens, Mùtier inani spe ditescendi inflata (Âmstelodamî, i655, p. 1 5o*).

Voyez auMÎ : 1* le Pot cassé ^ traduit du sanscrit di| Pantschaiantra (liTre y, conte ix, tome II, p. 345-346, de Benfey, et tome I, p. 499~5oi); 9* le Brdhmanfi qui brisa les pots^ traduit de la même langue, de VBitopadésa (p. 139-940 et 345-347 de )a 9'* édition de M. Lancerean, 1889), 4*où défile Phistoire d*Alnaschar dans les MdU et urne Nuits (nuit 176*), rapprochée de notre apologue par Nodier, qui j compare en même temps le conte d*Andrieux intitulé U Dojem de Badajo%s 3* la Tersion du Calila et Dimna (diaprés rallemand de WolfT, 9'* partie, p. 3); 4* BidpaY, le Santon (édition de 1778, tome III, p. 5o).

A ces sources que nous arons signalées ici en tète, comme étant soit celles on a dû puiser la Fontaine, soit les primitires, la suite de la notice, qui reparlera de chacune déciles, joindra d'autres rapprochements CQ faisant Thistorique de Papologue. Nous donnons à V Appendice deux des contes orientaux et le rapide récit de des Périers.

Sur Tépoque où cette fable a pu être composée, royez la notice de la fable suiraote.

L'histoire des nombreuses transformations par lesquelles a passé la donnée première du conte, depuis les récits indiens jusqu'à celui

I. Reproduite dans le Thrésor des récréations (Rouen, i6ii,in*i9, p. 93o).

9. Le sujet, mis en rers, est vraiment traité là, fort bien et sobrement, comme dans la nouvelle de des Périers; il ne Test pas du tout dans la fable de Jacques Régnier (I^* partie, £ible xxv, Pagana^ a la Paysanne, 9 et ejus mercis empfor) qu'indique aussi Robert.

J. DE IJi FoHTAimi. II 10

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de la Fontaine, a été faite par M. Max Mfiller, de la façon la plus inttructire et la plus attrayante à la fois, dans une leçon sur la Migraiton des fables*. L'illustre orientaliste y a non-seulement prodigue toutes sortes de renseignements, mais encore il y a traduit les récits originaux et donné le texte même des principales imitations et dériTaticms européennes. Nous nous bornerons à renrojer pour elles à sa dissertation^.

Des récits orientaux, la Fontaine a certainement pu connaître celui du Cailla et Dimna^ non par la traduction en français, restée inacherée, du Livre des lumière**^ mais soit par la rersion italienne, œuTre de Giulo Nuti probablement et imprimée en 1583, du Sie» phanites et IçJmelaies grec, soit par Parrangement en latin de cette traduction grecque que le P. Poussines avait publié à Rome dès 1666 *, soit enfin par ceux qui furent faits en Italie et en France, au seizième siècle, du Direetorium humanm vUts de Jean de Capoue^. Dans ces histoires, arec un pot de terre qui se brise, s'éTanouit un rêve de fortune; un spéculateur sur une première mise, la plus cliétive des épargnes, fonde les plus Tastet espé-

3. Publiée en anglau dans le n* de juillet 1870 du Contemporarj RevUw et traduite en français par M. Georges Perrot, qui Ta jointe à sa traduction des Essais sur la Mythologie comparée^ les trmslitioms et les coutumes (Didier, 1873, p. 417 et suivantes). Voyex aussi VHis" toire, déjà citée, de deux fables de la Fomtaine par M. A. io\y {Mémoires de tjéeadémie de Caen, 1877, P- 487-509}.

4. Notons toutefois un fragment très-intéressant d*un sermon du treizième siècle, de Jacques de Vitry*, qui a été omis par M. Max Muller et transcrit par M. Moland au tome I, p. uv, de son édition de la Fontaine. C'est, il est vrai, à quelques variantes près, le récit, emprunté au Dialogus ereaturarum^ que nous reproduisons ci-dessous.

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