Voyez la notice de la fable
11. Aujourd'hui encore le casuel de la cire, les cieiges qui ont été employés à un enterrement, se partagent entre le clergé et la fabrique d'une église.
la. Coût^ c ce qu'une chose coûte, » dit l'Académie (1694) : en autres menus frais.
i3. Telle est la leçon des éditions originales; eelle de 1708 donne proprette. Notons, du reste, que ni Tun ni l'autre ne se trourent ni chez Furetière (1690), ni dans les trois premières éditions du Dictionnaire de V Académie; Richelet (1679) n'a que pro^ pret^ proprette^ mais il le donne à la place où alphabétiquement deTrait être propet^ et, si le mot, avec r, n'était quatre fois dans l'article, on se demanderait si l'en-téte PaopRBT n'est pas une faute d^mpression. Le Dictionnaire de Trévoux (1771) a propet et propret^ chacun à sa place; mais il dit que le premier est seul en usage;
T. xi] LIVRE VII. i59
Sur cette agréable pensée.
Un heurt ^^ survient : adieu le char. 3o
Voilà Messîre Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tète cassée : Le paroissien en plomb" entraine son pasteur;
Notre Curé suit son seigneur*^ ;
Tous deux s'en vont de compagnie. 3 5
Proprement toute notre vie Est le curé Chouart, qui sur son mort comptoit. Et la fable du Pot au lait^\
Littrë fait remarquer qne c*est le contraire aujourd*hai. — Le prénom Piquette qui termine le ren tuirant a un équivalent latin PmsekfOsèa,
i4. Un choc. Voyez, à la fin du livre IX, le Diseaure à Mme de la SMïhte^ vers iqS.
i5. Le paroissien rétu de sa robe de plomb, enfermé dans la bière de plomb. Cela ne peut, comme on Ta supposé, signifier « le paroiisien de plomb, transformé en plomb; a la préposition en, dont on se sert souvent aujourd'hui pour exprimer la matière, n*a point ce sens en bon français et surtout ne TaTait point autrefois. — Nodier fait remarquer que cette catastrophe est a racontée avec une gaieté dure, » et il ajoute qu'elle a est trop fâcheuse d'ailleurs pour une fable, i
i6. M. de BoulBers : voyea le commencement de la notice.
17. Au sujet de ce dernier vers, royez le commencement de la notice de la fable.
i6o FABLES. [r. xit
FABLE XII
L^HOMMB QUI COUBT APRÈS LA FORTUKB, ET l'homme qui l'attend DANS SON LIT.
La source de cette fiible est ÎDConnue ; la Fontaine s'est inspiré, dans le détail, de plusieurs poètes anciens ou modernes, Lucrèce, Horace, Racan {woyez ci-dessous les notes) ; ou plutôt il s*est inspiré de son propre caractère, de son amour du repos, de son goût si Tif pour la solitude, de son horreur pour les soucis de la fortune et les tracas de Tambition. Peut-être ne laut-il pas chercher ailleurs Torigine de cet apologue dont le cadre n*était pas difficile à imaginer. On peut toutefois se demander s*il ne s*est pas sonrenn de Temblème xn de Gueroult, p. 44'4^ ' Fortune fanante seau laheur^ où les Ters suivants sont mis dans la bouche de « Thimothée, empereur athénien, esdmé le plus heureux de son temps » :
Yiatenr qui es désireux
De sanoir les tours de fortune.
Et combien el* rend Thomme heureux.
Quand eUe luj est opportune,
le te prie, arreste tes pas
Et contemple un peu en toy mesme,
Assauoir mon * si ie n'ay pas
Tont rheur de sa faneur supresme.
Mon corps en doux repos estant
Fortune (amje) pour moj TeiUe,
Voire et des biens m'amasse tant
Que chascun en ha grand merueille.
Ses retz estend en un moment
Sur ohasteaux, villes de deffence,
Les attrappant subtilement
Pour m*en donner la ioujssance.
Quel seraj ie estant esueillé
I. Vieille particule affirmative. Littré, à THistorique du a' article Mov, cite un exemple de Marot de A sfavoir-'moH»
w. xa] LIYRB VIL 161
S*eD moy donnant tel bien «bonde ?
Heur plus grand m*ett appareillé :
Voire tout TEmpire du monde.
c II 7 a dana cette fiiUe, dit Saînt-Maro Girardin (xt* leçon, tome n, p. 45 )« ®^ duu le récit dea aTentnres da conreor de richeiae nn arrière-fouvenir det D$ux Pigeons, Ne courons pas au loin pour chercher le bonheur ou la fortune : le bonheur est près de nous; il ne s'agit que de saToir le goûter. La fortune aussi est aouTent prèa de nous, et nous nous en éloignons quand nous courons la chercher. La meilleure et la plus sâre fortune est celle qoe noua nous laiaons sur place, dans la condition que le sort nous a donnée, celle qui se compose surtout de la modération de nos désira. Désirer un peu moins qu'on n'a, c'est là notre plus Traie fortune, et c'est celle-là qui est assise à notre poite. » L'auteur ajoute (p. 4^), arec grand sens, sous un air de paradoxe : c J*aToae, quand j'y pense, que c'est un grand bonheur pour les hommea qne la Fortune soit aTcugle. Il n'y a rien de ai consolant pour la ranité et pour le mérite; il n'y a rien même de si commode et de si avantageux pour le commerce du monde. 1 Puis, aprèa TaToir démontré dans une charmigAte causerie, il termine (p. 48) par ce trait : c II y a je ne sais combien d'agréables illusions, et il y a aussi je ne sais combien de jugements réparateurs, qui tiennent au bandeau que la Fortune a sur les yeux. Quiconque le lui ôtera sera un ennemi des hommes et des Dieux, a
Qui ne court après la Fortune ?
Je Yondrois être en lieu d*oii je pusse aisément
Contempler la foule importune
De ceux qui cherchent vainement Cette fille du Sort de royaume en royaume, 5
Fidèles courtisans d'un volage fantôme*.
Quand ils sont près du bon moment, Lmconstante aussitôt à leurs désirs échappe :
a. c Bel exemple d'antithèse, a dit Nodier. L'opposition n'est pas seulement dans les mou, elle « est aussi dans les idées, ajoute Germez, et c'est pour cela que le rers est excellent, a
J. im lA FoHTAm. n 11
i6a FABLBS. [r. xn
Pauvres gens ! je les plains ; car on a pour les fous
Plus de pitié que de courroux*. lo
« Cet homme, disent-ils, étoit planteur de choux,
Et le voilà devenu pape^ :
Ne le valons-nous pas ? — Vous valez cent fois mieux ;
Mais que vous sert votre mérite ?
La Fortune a-t-elle des yeux' ? 1 5
Et puis la papauté vaut-elle ce qu^on quitte, Le repos, le repos, trésor si précieux * Qu*on en faîaoit jadis le partage des Dieux'' ? Rarement la Fortune à ses hAtes le laisse.
Ne cherchez point cette déesse, ao
Elle vous cherchera : son sexe en use ainsi. »
3. Les plaindre c teit le eanetère de la Fontaine, et c'est ce qui a rendu sa satire moins amère qœ celle de tant d*aatres satiriques qui ont pour les fous plus de colère que de pitié. » (Chamroar.)
4. Nous ne connaissons point prëcisément d^ancien « planteur de choux » devenu pape ; mais Adrien IV était le fils d'un mendiant du Hertfordshire; Sixte IV était fils d'un pécheur ; une tradition, il est vrai, contestable, veut que Sixte-Quint ait été porcher, etc. Le fameux a planteur de choux », c'est l'empereur Dioclétien à Salone, mais après l'abdication de l'empire, non avant l'avènement.
5. Voyez ci-dessus, la fin de la notice. — La comparaison exprimée d'un ton si calme et si doux dans les vers i3 et 14 fait penser au fameux monologue du Mariage dé Figaro (acte V, scène m, tout près du début), où elle devient la plus amère déclamation.
6. ff Tout le monde, dit Chamfort, a retenu ces deux vers, qui expriment si bien le vœu d'une âme douce et insouciante; mau ce sentiment est encore mieux exprimé dans le charmant morceau df la fin de cet apologue. »
7. C'est la doctrine des Épicuriens, professée, en ces termes, par Lucrèce dans son lirre II, vers 646-647 :
Omnisenimper se Divum natura neeesse est Immoriali sfpo sununa cum pace fruaiur ^
et combattue par les Stoïciens : voyez, entre autres, Marc-Aurèle, livre II, S it. La Fontaine, qui n'est pas stoïcien, exprime souvent
r. xh] LIVRB vil i63
Certain couple d amis» en un bourg établi,
Possédoit quelque bien. L*un soupiroit sans cesse Pour la Fortune ; il dit à Tautre un jour :
« Si nous quittions notre séjour? a 5
Vous savez que nul n*est prophète
En son pays' : cherchons notre aventure* ailleurs.
— C3ierchez, dit Fautre ami'* : pour moi'* je ne souhaite Ni climats ni destins meilleurs.
G>n tentent- vous ; suivez votre humeur inquiète '' : So
cette même idée; dans le Prologue de Topera de Daphni (Ters 13-17), Véoiis dit à Jupiter :
Ce qui £ût le bonheur des Dieux, C'est de n*avoir aucune affaire,
Ne point toufirir,
Ne point mourir,
Et ne rien faire.
8. Le proverbe revient dans la fable xxti du livre VIII, vers 7 :
Aucun n*est prophète chea toi.
B se Ut, comme dit par le Sauveur, dans les quatre évangiles ; ainsi cbcx saint Luc, pour le citer sous la forme la plus voisine de la firançaise (chapitre iv, verset 24) : f^émo propketa aeeeptus est in pêtrim sum,
9. C'est, avec motre de plus, le mène emploi absolu que dans la locution firëquente que nous avons vue au livre I, fable x, vers 5 : ekâreher a^emtitre, c'est-à-dire a cbercber quelque bonne chance ou rencontre, a
10. c Cette amttië-4à n'est pas bien vive, dit Chamfort ; ce n'est pu comme celle des deux amis du Monomotapa (livre VIII, fable xi), a Et il ajoute avec une dëlioate justesse : « Mais dans cette frfale-ci, il y a un des deux amis qui est un avare ou un ambitieux (vers 33), et ces gens-là sont aimés froidement, et aiment encore moins, a
11. Pas de virgule après moi dans l'original : a je ne souhaite pour moi. a
la. Inquiet, comme le latin inquiétas, agîté, ennemi du repos. La Fontaine emploie la même expression d' a humeur inquiète a dans Us Deux Pigeons (livre IX, fable 11, vers ao). Comparez aussi livre VI, fable v, vers 9.
i64 FABLES. [f. xn
Vous reviendrez bientôt *'. Je fais Yom cependant
De dormir en vous attendant. »
L'ambitieux, ou, si Ton veut, Tavare,
S*en va par voie et par chemin.
n arriva le lendemain 3 S
En un lieu que dev<Mt la déesse bizarre Fréquenter sur tout autre ^^; et ce lieu, c*est la cour. Là donc pour quelque temps il fixe son séjour, Se trouvant au coucher, au lever", i ces heures
Que Ton sait être les meilleures^', 40
Bref, se trouvant à tout, et n'arrivant à rien^\ « Qu'est ceci ? ce dit-il, cherchons ailleurs du bien. La Fortune pourtant habite ces demeures ; Je la vois tous les jours entrer chez celui-ci.
Chez celui-là : d'où vient qu'aussi 45
Je ne puis héberger cette capricieuse ? On me l'avoit bien dit, que des gens de ce lieu L'on n'aime pas toujours l'humeur ambitieuse. Adieu, Messieurs de cour; Messieurs de cour, adieu :
i3. Ce ii*ett pas une prière; c*ett une piédicdon : le lage déiabuié sait que son ami sera bientôt dégoûté du monde et de ses chimères. Dans la fable, que nous Tenons de citer, des Deu» Pi^ g€09Uy c*est le partant qui dit lui-même :
Je reriendrai dans peu,
à son tendre ami, si différent de Tinsonciant philosophe de celle-ci.