‹ ŒuvresChapitre 82 sur 224 · Ce passage rappelle ce rers de Virgile · texte numérisé non relu

Ce passage rappelle ce rers de Virgile

Sola firi rnoOes adïtus et tempora nonu,

(ÉnéiJê^ livre IV, vers 433*)

17. Multaagendo nihUagens^ dit Phèdre, dans le sens, un peu diffèrent, de s*agîter sans agir (livre II, fable v, vers 3).

F. ui] LIVRE VII. i65

Suivez jttsques au bout une ombre qui vous flatte. 5 o

La Fortune a, dit-on, des temples à Surate ^ :

Allons là. » Ce lut un de dire et s^embarquer.

Ames de bronze, humainsy celui-là fut sans doute

Armé de diamant**, qui tenta cette route,

Et le premier osa Fabime défier. 5 S

Celui-ci, pendant son voyage,

Tourna les yeux vers son village Plus d'une fois, essuyant les dangers Des pirates, des vents, du calme et des rochers. Ministres de la Mort : avec beaucoup de peines 60

On s'en va la chercher en des rives lointaines, La trouvant assez tôt sans quitter la maison.

18. Grande Tille de Tlnde, à deux cent soixante-dîx kilomètres N. de Bombay, où les Anglais fondèrent un comptoir dès 1613, et qui leur appartient depuis 1800. Au dix-septième siècle, les Français et les Hollandais j aTaient également des factoreries, et c'était mie des Tilles les plus commerçantes et les plus riches de TOrient. Les pèlerins qui se rendent de THindoustan à la Mecque Tiennent en foule, aujourd'hui encore, s'y embarquer : ce qui lui a Talu le sunom de Parte dt Ul Mtc^e.

19. U j a un renchérissement semblable d'expressions an dernier ▼en de û fidble xti du lÎTre Y :

Ils sont pour tous d*airain, d^acier, de diamant.

ITétait la gradation qui termiae ce Ters-là, on serait tenté de prendre ici immant an sens dWifr que les poètes grecs et latins donnaient à mlamtu; Pindare, par exemple, dans ce Ters d'un fragment (scolie n, Ters 6, édition Boissonade, p. 289) ou il le joint au mot signifiant fer:

Mais, pour Tidée, c'est Horace que rappellefla Fontaine :

Illi rohur et ms triplex Cirea peetut erat^ qui fragilem truei

Commieit peiago ratem PrimuSp nec timutt prmcipitem Afrieum

Decertttniem Aquilomhû$^ etc.

(Ode III du livre I,Ters 9-1 3.)

i€(> FABLES. [r. xii

L'homme arrive au Mogol ^ : on lui dit qu*au Japon ^ La Fortune pour. lors distribnoit ses grâces.

Il y court. Les mers étoient lasses 65

De le porter ; et tout le fruit

Qu*il tira de ses longs voyages.

Ce fut cette leçon que donnent les sauvages : « Demeure en ton pays, par la nature instruit. » Le Japon ne fut pas plus heureux à cet homme 70

Que le Mogol Tavoit été :

Ce qui lui fit conclure en somme Qu'il avoit à grand tort son village quitté'*.

II renonce aux courses ingrates*', Revient en son pays, voit de loin ses pénates, 7 5

Pleure de joie'*, et dit : « Heureux qui vit chez soi. De régler ses désirs faisant tout son emploi *"!

ao. Vojes à la fable ti de ce liTre, p. laa, note la.

ai. Vaste empire, industrieux et riche, dont alors Timagination des Européens exagérait d*autant plus Topulenoe, quHl leur était interdit d*j pénétrer.

aa. Voyez ci -après, fable xiii du livre VIII, Ters i.

a 3. Infructueuses : expression poétique empruntée au latin.

a4« < La Fontaine, dit Tabbé Guillon, est admirable pour saisir ces traits de sentiment, qui prouvent dans le poète une connaissauce profonde de la nature. Pénates a quelque chose de plus affectueux que le mot de toit ou de maîton. Cétaient les dieux domestiques sous la protection desquels on mettait la maison et ses habitants. »

a5. Felif qui patriis mvum trame f^t in agris^ etc.

(Clacdish, épigramme II, vers i.)

Heureux qui satisfait de son humble fortune,

Libre du joug superbe où je suis attaché,

Vit dans Tétat obscur où les Dieux Tout caché !

(Racihs, Iphigénie^ actel, scène i, vers lo-ia.)

Racan avait déjà dit, dans ses stances sur la retraite :

O bienheureux celui qui peut de sa mémoire Effacer pour jamais ce vain espoir de gloire

r. xii] LIVRE VU. 167

Il ne sait que par ouïr dire ** Ce que c*est que la cour, la mer, et ton empire, Fortune, qui nous fais passer devant les yeux So

Des dignités, des biens, que jusqu'au bout du monde On suit, sans que Teffet aux promesses réponde *''. Désormais je ne bouge, et ferai cent fois mieux. »

En raisonnant de cette sorte.

Et contre la Fortune ayant pris ce conseil, s S

Il la trouve assise à la porte De son ami, plongé dans un profond sommeil".

Dont rinntile soin traTerse not plaisirs, Et qui, loin retire de la foule importune, Vivant dans sa maison, content de sa fortune, A selon son pouvoir mesuré ses désirs !

Fant-il rappeler aussi ie FUillard du Gatèse^ yen ia5 et suirants du livre IV des Géorgiques de Virgile?

s6. Littré, a THistorique de Tarticle Ouf a, cite un exemple de par ouïr dire^ de Montaigne (livre I, chapitre xxiv, tome I, p. 184), et un du treizième siècle, de par oir dire; mais, dans sa citation de notre exemple, à Tarticle OuI-dibs, il donne la leçon altéra et rajeunie de 1708, 1729» et de la plupart des éditions modernes, à savoir le participe ouï, au lieu de Tinfinitif ouir,

37. d La Fontaine est toujours animé, toujours plein de mouvement et d^abondance, lorsqu'il s*agit d*inspirer Tamour de la retraite, de la douce incurie, de la médiocrité dans les désirs. Vojez cette apostrophe : Et ton empire^ Fortune; et puis cette longue pé« riode qui semble se prolonger comme les fausses espérances que la Fortune nous donne, et Tadresse avec laquelle il garde pour la fin :

.... sans que Teffet aux promesses réponde.

Ce sont là de ces traits qui n'appartiennent qu'A un grand poète, a (Cbamfobt.)

38. Fortune, qui ne dort que lorsque nous veillons. Et veille quand nous sommeillons....

(Aa Fiancée du roi de Garbe^ conte xiv de la II* partie, vers 399-4<>o.)

i68 FABLES. [r. xii

— André Chënier s'est sourenn de ce dernier ren, dans sa x* âé« gie du liTre I (Ters i5-i8) :

.... Sur mon seuil jamais cette volage {la Fortuite) N*a mis le pied. Mais quoi ? Son opulent passage. Moi oui Tattends plongé dans un profond sommeil, Yienora, sans que j*y pense, enrionir mon réreil.

— Pour que Tépilogue derienne une vraie moralité, un conseil de conduite, il suffit d'ajouter qu'à côté du proverbe : La Fortune vient en dormant, » il en est un autre : c Aide-toi, le Ciel t'aidera, » si bien mis en action dans U Chartier embourbé (fisble xtiti du livre YI).

r. xui] LIVRE VII. 169

FABLE XIII

LES DBUX COQS.

Ésope, fab. i45, *A>i»Tept( (Coraj, p. 86-88, Boui quatre formes); ^Ulxtopsc xa\ 'Arcoç (Coray, p. 343-345, sous deux formes). — Bafarius, lab. 5, 'AXtxTOpîoxoi. — Aphthonius, fab. la. Fabula Gaiii^ mcêonam^ adhoriaiu ad mûJeraêiaium in rébus prosperis (c'est la 3* des formes données par Goraj). — Pantaleo Candidus (Weiss), lab. lai, Galii gaUimacei, ^- Haudent, a* partie, fab. 3o, €le Deux Coqt et d^uit AigU, — Cette fable est aussi le sujet de la ti« du CAms de fahUi arminientus (i8a5, p. i3) et du quatrain i53 de Benserade :

Deux Coqs, étant rÎTaux, se battoient de bon cour. L*Aigle Tint tout à coup fondre sur le Tainqueur, Qui fidsoit trop de bruit à cause de sa gloire, Et laissa le Taincu jouir de la yictoire.

Mftkalog^a mopiea Ne9eUti^ p. 307, p. 33 f.

Une fable d'Abstemius» de GaliU inter te pugmaniibut (n* 160, p. 6oa-6o3 de Nerelet), débute par le récit d'une riralité semblable et du même insolent triomphe, mais pour aboutir à un dénouement et à une moralité tout autres : le Coq raincn, laissant son ennemi 8*amollir dans Finaction et les pkisirs, se retire parmi les Paons et les Conieilles, arec lesquels il s'exerce journellement à combattre; puis il revient prendre une rerancbe fiicile.

Deux Omjs vivoient en paix : une Poule survint,

Et voila la guerre allumée.

Amour, tu perdis Troie' ; et c^est de toi que vînt

I . a Quelle rapidité ! quel mourement ! quel rapprochement heureux des petites choses et des grands objets ! C'est un des charmes r)n style de la FonUine. » (Chamfort.) — La Motte, dans son DU' cours sur la fable (p. xxtii, 17 19), parle, à propos de ce même pas-

170 FABLBS. [r. xui

Cette querelle envenimée Oh du sang des Dieux* même' on vit le Xanthe teint* ! 5 Longtemps entre nos G>q8 le combat se maintint. Le bruit s*en répandit par tout le voisinage : La gent qui porte crête au spectacle accourut;

Plus d*une Hélène' au beau plumage Fut le prix du vainqueur. Le vaincu dbparut : 10

Il alla se cacher au fond de sa retraite,

Pleura sa gloire et ses amours.

Ses amours qu un rival, tout fier de sa défieûte,

sage, de la a gaft^ pbiloBophique » qu*Il y a c à nous faire sentir tout à coup une analogie trèfr-ëtroite entre le petit et le grand. • — Même sourenir de Troie dans le conte xvi de la IV* partie, rers aoo-ao5 ; et chez Scarron, dans U Roman comique (i^* partie, premières lignes du chapitre xix) : c L*amour, fçii fait tout entreprendre aux jeunes et tout oublier aux yieux, qui a été cause de la guerre de Troie et de tant d'autres, etc. )•

a. Au y« chant de V Iliade^ Vénus et Mars sont blessés par Diomède: Tojez Ters 33o et suiTants, et Ters 855 et suivants; dans le XXI* chant (vers 385 et suirants), tous les Dieux prennent part au combat, et Mars est renversé par Minerve.

3. Â propos de ce même écrit sans i, Boissonade dit : c Les grammairiens condamnent cette façon dVcrire en prose; en vers elle est autorisée. » (Lettre inédite, déjà citée À la page i3i, note a.) Voyes le Lexique de CorueiUe^ tome II, p. 81 «8 s.

4. a Ce beau vers est un peu gâté, dit Chamfort, par la dureté des deux dernières syllabes, » mais dureté qui se peut, sinon sauver entièrement, du moins atténuer par la prononciation, au moyen d'une légère pause. — Le Xanthe, rendu célèbre par Homère et par Virgile, était, comme Ton sait, une rivière de la Troade, à Touest de Troie ; on l'appelait aussi Seamandre, Il sortait de l'Ida par deux sources et se jetait dans THellispont, près du promontoire de Sigée, après avoir reçu le SimoU.

5. Assimilation de même espèce que ce début de la fable xviii du livre VI : c Le Phaéton d'une voiture à foin. » — c Rien de plus naturel que cette expression, après avoir parlé de la guerre de Troie. » (CuàHroaT.) On peut, en se rappelant certaines épithètes homériques, en dire presque autant de la locution précédente : d qui porte crête » .

F. xiii] LIVRE VII. 171

Possédoit à ses yeux *. Il voyoit toas les jours

Cet objet rallumer sa haine et son courage ; 1 5

Il aigoisoit son bec, battoit Tair et ses flancs,

Et, s'exercant contre les vents,

S'armoit d'une jalouse rage^.

Il n*en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits

S^alla percher, et chanter sa victoire. ao

Un Vautour entendit sa voix :

Adieu les amours et la gloire ; Tout cet orgueil périt sous Tongle du Vautour*.

6. « Quel doux regret, dit encore Chamfort eo parlant de oea Ter», quel sentiment dan» cette répétition ! Le reste du tableau e»t de la plus grande force et figurerait dans une ode. » — La Fontaine applique ici à »e» deux G>q» ce que Virgile a dit de deux taureaux :

Née mot hellantes una stabidare; sed al ter VUtus abit^ longequê îgnotît exsulat oris^ Mfuita gemêtu ignomi/ûam plaffosque superbi Fictoru^ tum quoi amisU mmtut amoret; Et siabula adipeeiant regnU excessU avitit,

(Géorgiques^ liyre III, Ter» aa4*3a8.)

Nous avon» déjà rapproché un de ces beaux vers du poète latin, et un de la suite de sa description, de la fable des Deux Taureaux et une GrenouUle (tome I, p. 1H9 et 140, notes i et 3).

7. Ceci encore rappelle ce que Virgile, dans les rers suivants, dit du taureau vaincu :

Krgo omni cura vires exerce t,.,. Et tentai *e$e^ atque irasei in eornua dîscit jirboris obnizus trunco, ventosque iacessit letibtu^ et tparsa ad pugnam proludii arena»

{Ibidem^ vers a»9-i34*)

8. Dans toutes les fables grecques le punisseur du Coq orgueilleux est un Aigle. — Chamfort voudrait que le poète s*arrétÂt à ce vers, qu'il trouve très-beau, comm? il Test en effet; la plaisanterie sur le caquet des femmes lui parait usée et peu digne de notre auteur. Nous croyons, au contraire, que la Fontaine, par le changement de ton, a voulu montrer, et il 7 réussit habilement, qu*il rentrait dans son sujet, qui était, tout simplement, le combat de deux Coqs pour une Poule. Cest le ton simple et familier de Tapologue succédant aux grandes images de Tépopëe; il les a bien

174 FABLES. [f. znr

qui en est moins coupable encore que la Fortune : c'est la sociëtë. Que de plaintes, que de malédictions contre elle ! Archias est ne paurre : c'est Traiment la faute du Sort ; mais, comme Archias n*a ni aetÎTitë ni industrie, il re^e paurre ; alors il accuse la société de sa pauvreté. « Cette s<»etété, dit-il, est mal organisée : point de « justice, point d'équité, point d*ordtt^ Tout ra au rebours du « bon sens. » Que faut-il donc pour qu* Archias troure que la société est bien organisée ? Il faut qu'il j soit riche et oisif. Cest à ce prix seulement qu'il déclarera qu'il n'y a plus de rérolution à faire. Celle qui l'a élevé doit être la dernière : c*est la seule juste et légitime, a

Un trafiquant sur mer, par bonheur, s'enrichît. Il triompha des vents pendant plus d'un voyage : Gouffre, banc S ni rocher, n'exigea de péage * D'aucun de ses ballots; le Sort l'en affranchit. Sur tous ses compagnons Atropos ' et Neptime 5

Recueillirent leur droit ^, tandis que la Fortune Prenoit soin d'amener son marchand à bon port. Facteurs*, associés, chacun lui fut fidèle. Il vendit son tabac, son sucre, sa canèle ',

I. Richelet définit ce mot de deux manières : or amas de sable sous l'eau », et a écueil ». L'Académie (i6g4) lui donne aussi ce double sens. C'est le premier qu'il faut entendre ici, puisque rocher ▼ient ensuite.

». < Belle expression, dit Chamfort, qui rajeunit une idée commune. »

S. Une des trois Parques : Clotho tenait la quenouille, Laohésis tournait le fuseau, Atropos coupait le fil.

4. « Leurs droits, » dans l'édition de Walckenaer et dans celles de Crapelet, Geruzez, etc. Mais les éditions originales portent bien c leur droit », au singulier.

5. Ses mandataires, commissionnaires pour les Tentes et achats.

6. La Fontaine a écrit eaneie par une seule n comme Richelet {etmelle^ i68o), et, pour rimer plus exactement arec fidèle ^ par une seule /, bien que de son temps on écrivît eanneUe : voyez Fnretière (i6go) et le Dictionnaire de V Académie (dès 1694). A la troisième rime cependant, l'édition originale porte esearceUe.

w. xiv] LIVRE VII. 175

Ce qu'il voalat, sa porcelaine encor : 1 o

Le laxe et la folie enflèrent son trésor;

Bref, il plut dans son escarcelle''.

On ne parloit chez lui que par doubles ducats*; Et mon homme d'avoir * chiens, chevaux et carrosses :

Ses jours de jeûne étoient des noces ^^. 1 5

Un sien ami, voyant ces somptueux repas, Lm' dit : « Et d'où vient donc un si bon ordinaire ? — Et d*où me viendroit*il que de mon savoir-faire ? Je n'en dois rien qu'à moi, qu^à mes soins, qu'au talent ' De risquer à propos, et bien placer l'argent. » 90

Le profit lui semblant une fort douce chose. Il risqua de nouveau le gain qu'il avoit fait; Mais rien, pour cette fois, ne lui vint à souhait.

Son imprudence en fut la cause :

7. Même figure, mais de style bien plus familier, dans la locution : « il a plu dans son ëcuelle, d c'est-a-dire cet bomme a fait tout à coup un grand profit, tel qu*une belle succession. — Sur le mot eseareeUê^ Toyez la note du vers a4 de la fable ir du livre IV.

8. c Double ducat. Espèce d*or d'Espagne qui, du temps de Henri Ili, Tsloit six lÎTres quatre sons. Elle avoit pour légende, d'un côté, FenUmmdut et Eiisabetha Dei grutia, avec la tête de Ferdinand et d'Elisabeth, et de l'antre, cette espèce aroit pour légende : Su6 umhra alarum tuurum^ avec un écusion couronné.... Mais, sous le règne de Louis XIII, il y avoit une autre sorte de double ducat qu'on appeloit 4iueut à deuM tétes^ d'Espagne et de Flandre, qui.... raloit dix livres. Cette dernière manière de double dueut avoit pour légende, d'un côté, Deus fortitudo et spes nostra^ et de l'autre, elle avoit une aigle an-dessus d'un écusson couronné. Il y avoit de ces doubles ducats qui ehangeoient de légende : ils avoient deux tètes, comme les antres, et pour légende : Quos Dens conjunxit komo non sepuret,,,. Cette sorte d'espèce n'a plus aujourd'hui de cours en France, ou du moins on en voit très-peu. » (Dictionnmre de Richelet^ 1680.)

9* Sur ce tour, voyes ci-après la note sur le vert 36 de la fable x du livre VUI.

xo. Vive ellipse, pour c des jours de festins de noce, a de somptueux repas, comme l'explique le vers suivant. Comparez, dans la f^ie d*Ésope : a prié de noces s (tome I, p. 4^)»

176 FABLES. [t. xiT

Un vaisseau mal frété périt au premier vent ; s 5

Un autre, mal pourvu des armes nécessaires,

Fut enlevé par les corsaires ;

Un troisième au port arrivant, Rien n'eut cours ni débit : le luxe et la folie

N'étoient plus tels qu'auparavant. 3o

Enfin ses facteurs le trompant, Et lui-même ayant fait grand fracas, chère lie^S Mis beaucoup en plaisirs, en bâtiments beaucoup ^',

Il devint pauvre tout d'un coup.

Son ami, le voyant en mauvais équipage^*, 3 S

Lui dit : a D où vient cela ? — De la Fortune, hélas ! — Consolez- vous, dit l'autre ; et s'il ne lui platt pas Que vous soyez heureux ^^, tout au moins soyez sage. »

Je ne sais s'il crut ce conseil ; Mais je sais que chacun impute, en cas pareil, 40

Son bonheur à son industrie **; Et si de quelque échec notre faute est suivie,

II. Sur la manière dont ce vieil adjectif /iV, qui n*e8t plus luitë qae dans cette locution, dërive du latin ib/M, c jojeux >, Tojez le Dictiamnaire de Uttré, Nous TaTons dëjà trouTë au ren 5 de la fiftble xni du livre III; il est aussi, joint à chère ^ arec le même sens, dans Rabelais, chapitre xur du quart livre, tome II, p. 4^3.

la. Solvet et Walckenaer rapprochent de cette rëpëtition du mot beaucoup^ celle^i, de Vîr^e, avec même construction, du mot latin de même sens :

Multa super Priamo rogitam^ super Hectare multa,

(Enéide^ livre I, vers 75o.)

i3. Équipage j familièrement, manière d*être vêtu et en gënënd ëtat où se trouve une personne ou même une chose ; au vers 43 de la fable iv du livre IV, nous avons vu le mot applique à un potager.

1 4* Cest-à-dire que vous rëussissiex dans vos afiaires. Au vers 4 1 , bonheur est employé de même dans le sens de succès,

i5. L*idëed*habiletë et celle d'activitë se confondent dans ce mot; e^est bien ici le latin industria : Interrogatus,,,» quomodo tam parve

F. xivj LIVRE VIL 177

Noas disons injures ^* au Sort.

Chose nVst ici plus commune :

Le bien, nous le faisons; le mal, c*est la Fortune ; 45 On a toujours raison, le Destin toujours tort^^.

temporis currieulo tôt ofes eoaeer9tus«t^ « Ifea, inquU^ inJiulria, »

(\B«nMIU8.)

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