OmiflsioQ à remarquer do partitif des derant injures
17. Chamrort troure la moralité de cet apologue (qu*on peut rapprocher de la fable xi du lirre V) trop longuement exprimée, c U fallait passer bien rite, dit-il, à ces deux rers admirables :
Le bien, nous le faisons, etc. »
Il Ta tans dire que la Fontaine eât pu abréger cette affabulation. Anrait-ii bien fait ? Ce qui est certain, c*est qu*il la rattache à son récit par un tour d'une bonhomie charmante que personne, je crois, ne rondrait supprimer. — Nous trouToos cité dans les remarques de M. H. Kurz sur les fables de Bnrkbard Waldis (tome II, p. 78 des notes) un fragment de Ménandre (Bihliol/iè^ue grecque de Didot, à la suite d* Aristophane, p. 58, n* xx), qui peut être rapproché de ces derniers rers :
'Otov Ti; Tificûv àuipiavov l/^v) '^^ P^^^» Oux JirixaXtrTai tt|V Tu^i]V euéai{Aov&v' "DraEV tk XÙRAi; iirtnio?) Mil irpâ^p^oaiv, EùOU; «rpoaéirret t^ Tâj(jf| t^v a^iiav.
Robert donne (tome II, p. loi, d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale aujourd'hui coté i63o, fol. ai t*) un passage de Renart le contrefait^ où le vieil auteur s'est étendu sur des réflexions analogues : Toyez cet extrait à V Appendice,
J, XUL Lk FoiTAIlIB. II l-à
178 FABLES. [r. xv
FABLE XV
LBS DEVINERESSES.
Cette fable, publiée en 1678 (royez ci-dessus, p. 79, note i), a été composée dans le court intervalle de temps qui sépare les deux grands procès de la Brinrilliers (1676) et de la Voisin (1679-1680), et où les histoires de devineresses et d*empoisonneuses durent tant occuper le public. La Fontaine, comme le croit Walckenaer, a*t-il conté en vers une des anecdotes qui couraient alors, ou plus librement arrangé son récit? Il n*en peut, en tout cas, avoir c emprunté la matière à la comédie de Visé et Thomas Corneille intitulée la Devinereue ou les Faux Enchantements 9 : cette pièce de circonstance ne fut annoncée d'abord dans le Mercure galant qu*au mob d'août 1679, et ne fut jouée pour la première fois que le 19 novembre suivant.
Voyez, au sujet des chiromanciens, des devins, des faiseurs d'horoscope au dix-septième siècle, la Notice des Amants magnifiques^ tome VII, p. 369-371, du Molière de notre collection; et sur le succès extraordinaire de la Devineresse, représentée du "vivant même de la Voisin, qu'elle mettait en scène, le Théâtre français sous Louis XIV par Eugène Despois, p. 4^ ^t suivantes. M. Victor Foumel en a réimprimé les scènes les plus intéressantes dans le tome III (1875), p. 549-570, de ses Contemporains de Molière, — Voyez aussi sur les bruits d'empoisonnements qui couraient alors et la panique qui en résulta, sur le procès de laBrinvilliers et celui de la Voisin, les Lettres de Mme de Sépigné, tomes IV et VI pasdm, — Comparez enfin la fable xui du livre II, P Astrologue qui se laisse tomber dans un puits ^ et la fable xn du livre VIII, F Horoscope,
C'est souvent du hasard quenaitropinion.
Et c'est ropinion qui fait toujours la vogue.
Je pourrais fonder ce prologue Sur gens de tous états : tout est prévention,
F. xvj LIVRE VIL 179
Cabale, entêtement; point ou peu de justice. 5
Cest un torrent : qu*y faire ? Il faut qu'il ait son cours. Gela fut et sera toujours.
Une femme^ à Paris, faisoit la py thonisse ^ : On Falloit consulter sur chaque événement : Perdoit-on un chiffon, avoit-on un amant, xu
Un mari vivant trop^, au gré de son épouse, Une mère fâcheuse, une femme jalouse,
CSiez la Devineuse ' on couroit Pour se faire annoncer ce que Ton desiroit^.
I. Le mot rappelle tans doute moini la Pythie de Delphet, Pytkia qum tripode êx Phoebi Imtroque profatur^^
que ces femmes possédées d'un esprit de Python dont il est question dans les traductions grecques et latines de TAncien Testament (la pjthonisse d*£ndor) et dans le texte des Aettt des Apéires (chapitre xn, Terset 16). Le mot même de PjrthonUsa est dans la Vnlgate, au livre I des Paralipomènes^ chapitre x, rerset i3, où, à la place, le grec des Septante donne iy^aar^^tu^, a rentriloque 9.
a. Vinuat trop longtemps.
3. Le Dictionnaire de C Académie ne donne deçinetue que dans ses deux dernières éditions ; dans les précédentes, elle n*a pour le féminin que devinereues les cinq premières placent ce dernier féminin soit arant, soit après le masculin deptneur^ et la sixième (i835) le joint au masculin depin^ dont nous avons plus bas, au vers 33, le Trai féminin devine^, omis dans toutes les éditions du DietUmnaire*
4. « Ces cinq vers, dit Ghamfort, sont charmants. Cest une peinture de mœurs qui est encore fidèle de nos jours, et ce dernier trait:
Pour se faire annoncer ce que Ton desiroit,
développe les derniers replis du ocour humaine »
« LucRscit livie I, ven 740.
* WakfceBaer cite on eiemple de depineur, de Bfsrot, épltre xzi| ven 90 ; M. DaUM>iill«(Jfal^riaaur potir servir à Vhiâio'iqme dm/rameais^ p. 9g) en donne an do dondème siccle; Littié deux des treiâènie et qaetonièiiie. Da fiminin dêvUu M. Anbertia en cite on de Searron, sans indiquer Pendroit; Littr& a*a qoe edoi de cette fiiUe, mais en entre attribue fiiassament il la Fontaine
i8o FABLES. [f. xv
Soafait* oonsistoit en adresse : . 1 5
Quelques termes de l*art, beaucoup de hardiesse, Du hasard quelquefois, tout cela concouroit, Tout cela bien souvent faisoit crier miracle. Enfin, quoique ignorante à vingt et trois carats*.
Elle passoit pour un oracle. a o
L'oracle étoit logé dedans un galetas ;
Là cette femme emplit sa bourse.
Et, sans avoir d'autre ressource, Gagne de quoi donner un rang à son mari; Elle achète un office, une maison aussi'. %5
Voilà le galetas rempli D'une nouvelle hôtesse, à qui toute la ville, Femmes, filles, valets, gros Messieurs, tout enfin, Alloit, comme autrefois, demander son destin : Le galetas devint Fantre de la Sibylle*. 3o
5. Ce qu*eUe faÎBait, avait à faire, sa manière de fidre : Tojez ie Dietiomnain de JUttré^ au a' article Fait, 9*.
6. Cest-à-dire à peu près autant qu*on le peut être. On appelle carat, dit Littrë, a chaque yingt-quatrième partie d*or pur contenue dans une masse d^or que Ton considère comme composée de Tingt-quatre yingt-quatrièmes. De Tor à Tingt-quatre carats serait de Tor pur. » Il n*y a point (dans le commerce} d^or à Tingt>quatre carats. — Saint-Simon met un carat de plus et dit : « une dëvote à ▼ingt-quatre carats » [Addiiion au Journal de Dangeau^ tome II, p. 56).
7. Pour j continuer, on le Toit plus bas, le métier de derineuse.
8. On a dans Fantiquitë compté jusqu*à dix Sibylles; la Fontaine songeait sans doute à la Sibylle de Cumes, et voulait peutêtre faire plaisamment allusion à la description de Virgile (voyez au livre VI de V Enéide, les passages commençant aux vers 4>» 77, 98). Il paraît du reste que, dans leurs fantasmagories, les devineresses du temps évoquaient les Sibylles : voyez les Lettres de Aime de Sévigné, tome VI, p. a35.
on exemple de dennereste^ en changeant tout ce passage et sabstituant i notre vert aa cette impossible Tariante :
Une devineresse avoit empli sa bourse.
r. rv] LIVRE VII. i8i
L^aatre femelle avoit achalaDdé ce Heu.
Cette dernière femme eut beau faire, eut beau dire, « Moi devine * ! on se moque : eh ! Messieurs, sais-je lire? Je n*ai jamais appris que ma croix de par Dieu^^; » Point de raison : fallut** deviner et prédire, 3 5
Mettre à part force bons ducats, Et gagner malgré soi plus que deux avocats**. Le meuble et Téquipage*^ aidoient fort à la chose : Quatre sièges boiteux, un manche de balai *\ Tout sentoit son sabbat et sa métamorphose**. 40
Quand cette femme auroit dit vrai
9. Voyez ci-dessas, la note 3. Certains emplois de divinus^ dipma en latin rendent bien raison de l'origine, en ce sens, des mots Jevin^ devine: vn, par exemple, Horace, livre III, ode xxm, Ters 10; nn de Martial, lirre III,épigramme LXxi,Ters a.
10. « Croix de par Dieu^ croix de par Jésus ^ alphabet où Ton apprenait à lire aux enfants, ainsi dit parce que le titre est orné d*nne croix, qui se nommait croix de par Dieu, c'est-À-dire croix faite au nom de Dieu. 9 (Dictionnaire de lÀttré^ à Tarticle Caoïx, 8*.) Molière, que cite aussi Littrë, aTait mis Pexpression dans la bouche de TApothicaire de Monsieur de Poureeaugnae (1669, acte I, scène t) : t Cest un homme qui sait la médecine à fond, comme je sais ma croix de par Dieu. »
11. Littré, à THistorique du mot, donne plusieurs exemples de cette ellipse archaïque du pronom sujet.
la. « Cest en partie ce qui arriva au Médecin malgré lui de Molière. 9 (Cbamfobt.)
i3. Tout le contenu et l'arrangement du logis.
14. Régnier a décrit ainsi un bouge d'autre espèce (satire xi, ▼ers 181- 190):
•••. Sous mes pieds je rencontre Un chaudron ébresché, la bourse d'une montre..., Un balai, pour brusler en allant au sabat. Une vieille lanterne, un tabouret de paille. Qui s'estoit sur trois pieds sauvé de la bataille, etc.
i5. C'est-â-dire : c'était bien en pareil logis qu*on imaginait des métamorphoses de sorcière, un départ pour le sabbat, l'assemblée des sorciers.
t82 fables. [f. xt
Dans une chambre tapissée.
On s^en serait moqué : la vogue étoit passée Au galetas; il avoît le crédit.
LWtre femme se morfondit. 45
L*enseigne fait la chalandise^*.
J'ai vu dans le Palais une robe mal mise
Gagner gras ^^ : les gens Tavoient prise Pour maître tel, qui traînoit après soi Force écoutants. Demandez-moi pourquoi. 5o
16. Fait, attire les ebalands, met en Togue. — Vieux mot dont on peut Toir dans Littrë des exemples des quinzième et seizième siècles et plusieurs encore du dix-septième.
17. Parlant d*lionneur, non de chalandise, il a dit aux rers i i-i 9 de la. fiible xit du lirre Y :
D^un magistrat ignorant C*est la robe qu'on salue.
F. xvi] LIVRE VIL i83
FABLE XVI