V. ZTm] LIVRE VIL
qv« oella qn*7 formeroit on oljet de denx pieds à une eertaine dbtenee plus proportiomiée à notre manière ordinaire de Toir* Haii perce que nooe aTone £ût ce jogement dèe l'enfiuiee,... noai l'attribnona à la tm, et nom disoni que noua Tojona les objets petits ou grands, selon quHls sont plus proches et plus éloignés de nouS| quoique ce soit notre esprit, et non notre œil, qui juge de leur petitesse et de leur grandeur. »
Pendant qu'un philosophe assure Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés*»
Un autre philosophe jure
Qu'ils ne nous ont jamais trompés*.
Tous les deux ont raison ; et la philosophie 5
Dît vrai quand elle dit que les sens tromperont Tant que sur leur rapport les hommes jugeront;
Mais aussi, si Ton rectifie L'image de l'objet sur son éloignement,
Sur le milieu qui l'environne, i o
Sur l'organe et sur l'instrument,
8. < Cest.... Démoerite qui a fourni aux Pyirhoniens tout ce qu*ils ont dit contre le témoignage des sens* a (pietiannairê de i^jUj article Dniocmnm*) Voyex, au dernier alinéa de la notice, p. 198, la citation de Montaigne. Démoerite, d*un tout autre génie scientifique que lés Épicuriens, qui lui ont emprunté le système des atomes, était bien loin d'accepter comme eux toutes les apparences, a II enseignait.... que le soleil n'est point tel que nous le Toyons, qu'il est d'une grandeur immense, que la Toie lactée est un assemMage d'étoiles, qui, par leur éloignement, échappent à notre rue..., que les taches qu'on ohserre dans la lune doirent être attribuées à la hauteur de ses montagnes et à la profondeur de sesTallées. » (H. Maatha, ié Poème de Luerècêf p. aSg.)
9. Le nom d'Épicure est celui qui se présente le plus naturellement ici. Peut-être cependant la Fontaine Toulait^il, à l'exemple de Montaigne, opposer Heraclite à Démoerite (voyes encore à la notice). Quelle qu'ait été d'ailleurs sur la valeur des sens la doctrine d'Heraclite, il prétendait que le soleil n'est pas plus grand qu'il ne parait : Toyes le Dictionnaire des sciences philosophiques ^ par M. Ad* Franck, p. 699, article HinACun, et Diogène de Laêrte, livre K, chapitre i.
aoo FABLES. [w.
Les sens ne tromperont personne.
La Nature ordonna'ces choses sagement :
J'en dirai quelque jour les raisons amplement^. J'aperçois le soleil : quelle en est la figure? 1 5
Ici-bas ce grand corps n'a que trois pieds de tour; Mais si je le voyois là-haut dans son séjour. Que seroit-ce à mes yeux que*^ Tœil de la Nature? Sa distance me fait juger de sa grandeur;
lo. On peut rapprocher cette promesse da désir exprime dans es Ters i6-3o de la fable ir du lirre XI. La Fontaine ne l*a pas tenae. La faisait-il sérieusement? C'est probable quand on considère arec quelle rare aptitude, bien propre à satisfaire un auteur, il a versifié cette dissertation et comme son génie s'est prêté k une telle matière. »- Comparez le brillant morceau où André Cbénier, dans le fragment intitulé Hermès (I, Ten 33-47)i ^ lance « dans les fleures dVther » et poursuit
Les astres et leurs poids, leun formes, leurs distances.
XI. Nous ne nous arrêterons pas k réfuter les commentateun qui, dans ce rers si clair où Ton peut, sans changer le sens, retrancher ce,,,, que^ expliquent ce second ^uc par si ce m*est, — - La périphrase : a ToBil de la nature, » rerient au rers 1 6 de la i" des deux fables qui suivent le livre XII, le SoU'U et Us GremmUles, La figure est si naturelle qu*on ne peut s*étonner d'en voir chex les anciens et les' modernes abonder les exemples. SoWet cite ce rtn de Remj Belleau (Complainte de Prométhée^ tome II| p. 17, de l'édition de M. Marty-LÂreaux, 1878) :
Il Teit ce beau soleil, l'œil de Dieu et du monde;
et celui-ci de Régnier (sonnet n) :
Cet astre, âme du monde, œil unique des cieux.
Dans des ren de Montaigne, ou cités par lui, qu^il a insérés dans *i ^Jpoiagie de Maimond Seband (tome II, p. 978), le soleil est appdé
*: ^,^* ■ ^ • • , .... la lumière commune,
* \ / ' , 'i'' A* L'œil du monde,
-f^ ^ ' . ' > * expression empruntée au livre lY, vers aaS, des Hétamorphoses et
. \ ^' c? dont Ovide explique parfaitement le sens par le vers qui la préy/' ^ ^ '^ '*^ cède ; le Soleil dit en parlant de lui-même :
Ommia qui video^ per quem fidet omma teiius^ Mundi oculus.
w. xrm] LIVRE VII. aoi
Sur Fangle et les c6tés ma main la déteimme^*. so
L^ignorant le croit plat : j^épaissis aa rondeur;
Je le rends immobile, et la terre chemine.
Bref, je démens mes yeux en toute sa machine** :
Ce sens ne me nuit point par son illusion.
Mon ame, en toute occasion, %s
Développe le vrai caché sous lapparence ;
Je ne suis point d'inteUigence Avecque mes regards, peut-être un peu trop prompts, Ni mon oreille ^^, lente à m*apporter les sons. Quand Teau courbe un bâton ^, ma raison le redresse : 3 o La raison décide en maîtresse.
Mes yeux, moyennant ce secours.
Ne me trompent jamais, en me mentant toujours. Si je crois leur rapport, erreur assez commune, Une tète de femme est au corps de la lune. 35
Sophode, au ren io4 à^Antigone^ le nomme : f Foil du jour doré; » et Euripide, an rert 194 d^lphigénie en Ta^widê : a Vœll sacré du jour. » Plus haut, dans la même tragédie, rers 1 10, la lune est i Pœil de la nuit obscure; » et Manilins (Mtrcnomtques^ livre I, Tcrt i33) désigne les étoiles par les mots : mu/uU oeulat.
II. Détermine la distance, et par elle la grandeur, c sur Tangle,» c'est-a-diresnr TouTerture de l'angle, mesurée au moyen d*un triangle dont la base est une ligne aboutissant à deux points opposés de Torbite de la teire, laquelle base étant donnée, ainsi que TouTerture de chacun des deux angles qu'elle forme arec les deux côtés, le calcul fournit la longueur de ces côtés, et, par conséquent, la distance où est le soleil, au sommet du triangle. Il n'j a point, ce nous semble, d'omission, comme le dit Genues, mais, avec clarté suffisante, une brièreté de bon goût dans la rapide indication de cette opération si connue de trigonométrie.
i3. En toute sa constitution et nature. — Nous retrourerons machine^ stcc la même rime, aux rers 3o et 33, i53 et i55 du Ducours à Urne de la Sahlière (fin du livre IX), et Tarons déjà ru au livre VU, fable ix, vers 9 et 11.
i4< Ni arec mon oreille.
i5. Un bâton qui est en partie plongé dans Peau, et qui semble courbé par suite de la réfraction de la lumière.
%m FABLES. [w.
T peut-elle être? Non. D^ofa yient donc cet objet? Quelques lieux inégaux font de loin cet effet. La lune nulle part n'a sa surface unie : Montueuse^* en des lieux, en d'autres aplanie, L'ombre avec la lumière y peut tracer souvent 40
Un bomme, un bœuf, un éléphant. Naguère rAngleterre 7 vit chose pareille. La lunette placée, un animal nouveau
Parut dans cet astre si beau ;
Et chacun de crier merveille. 4 S
n étoit arrivé là-haut un changement Qui présageoit sans doute un grand événement. Savoit-on si la guerre entre tant de puissances N'en étoit point l'effet? Le Monarque ^'^ accourut : Il favorise en roi ces hautes connoissances. 5o
Le monstre dans la lune à son tour lui parut. Cétoit une souris cachée entre les verres^* : Dans la lunette étoit la source de ces guerres. On en rit. Peuple heureux! quand pourront les François Se donner, comme vous, entiers^* à ces emplois*®? 55
16 . Littr^, k rHîfltorique de ce mot, en cite pluneurt exemples da seizième sièele, on de d'Aubign^, un autre de Montaigne.
17. Le Monarque, à Tépoque de rétablissement de la Sociëtë royale et encore au temps où paraissait cette poésie de la Fontaine, était, comme on Ta dit dans la notice, p. 197, Charies II (royes Ters 64), qui, né en i63o, régna en Angleterre de 1660 à i685.
i8. Voyez la notice, p. xg6.