Comparez le vers 55 de la fable xnii du livre VU
Quand pourront les François Se donner comme vous entiers à ces emplois ?
et vojez ci-dessus, la note 19 de la page aos.
9o. c Transition, comme dit Chamfort, très-heureuse, d
a34 FABLES; [f. it
Si Peau d'âne m*étoit cobté*^^
J y prendrois un plaisir extrême.
Le monde ^t:rieiiz, dit-on : je le, crois; cependant n le faut amuser encor comme un en&nt**. 70
9 1 . Quoi ^fCêiZ prétendu l'abbé Gnilldii, la Fontaine ne fiit point alinaion à la dernière et trèt-iniignifiante nouTelle de BonaTentnre det Périen, n'ayant de commnn que \^ nom propre de Pmv Jtamê areo le Tienx conte, ai eonnu aoua oe titre, que Loniton, dans U Malaie imagmairê (1673, aote H,' aoèae'mi), offie de diie à son père c pour le désennuyer, a C'est bien de.oelui-ci qu'il s'agit ici. Perrault le fit paraître, et non en prose, mais en Ters, en 1694 seulement : Toyex la Dissertation de Walckenaer sur les Contes de fées attribués à Pemutlt^ $ i, p. loS-iii (à la snitë de ces contes, Paris, X 86 1), et l'édition des mêmes de M. André LefèTre, p^ ux-ucn.
sa. A partir d'ici, nous pourons, grâce à une obligeante communication de M. le marquis de Queux de Saint-Hilaire, qui possède une sténographie du cours de Saint-Marc Girardin sur U tontame et Us fttMisteSy comparer les leçons faites de Tire roix arec les deux Tolumes imprimés. Il j a de l'intérêt à Toir comment, la plume à la main, et surtout pourquoi, pour quels motifs, qu'on sent et de- Tine presque, toujours, le spirituel pro£psseur, préfiarant l'impression, cbange, abrège, ékgue. Ces motifs étant en général fort bons, la compf^vdson nous fournira pen d'utiles additions pour notre commentaire. Nous pensons toutefois qu'on nous saura gré des quelques rapprocbements que nous croirons deroir faire çà et là. — En,Tj(uci un, comme premier exemple^ qui se rapporte k cette fable et à la xi* leçon du cours imprimé, tome I, p. 388 : a La Fonta^e croit que la fable a un grand pouvoir dans le monde. En cela je suis de son avis : il y a dans la fable quelque cbose de plus retentissant et de plus général qu^ je ne l'aurais cru au premier abord. J'ai cru juiques ici que la fable n'éttit fidte que pour les loisirs du cabinet. Je Tois qu'elle a aussi un accent populaire, un accent qui se fait entendre de tout le monde, a Cest Ûen dit, et la fin est juste, mais l'ensemble ne l'est pas, et cela explique la suppression : il fallait faire une distinction, nécessaire aussi pour d'autres genres, entre le temps où les fables sont dcTenues œuvres de lettré et du a cabinet, » et celui où elles furent, comme nous le Toyons en Orient, en Grèce, comme éUés l'ont été partout sans doute au début, oniTre et cbose populaire.
r. t] livre VIII. a3S
L HOMBCB BT LA PUCS.
Ésope, fid».69, TâXU, YuXXa mI 'AAXvttc (Coraj, p. 38, p. 3i3), — HaQdent, %* parde, fab. 47} 'wm oii/ltrf Pidbe. — G. G>giuitus, &b. 56t ^« ifono a PuHee,
MftMogia Mtopica Neveleti^ p. i4l-
Balxac, dans let RntrMtUnt (ParÎB, 162I7, în-4*f P« 3si-3a3), raeonte mie anecdote ({ni a quelque analogie avec eette fij>le : « Il ne fiiut qu^un petit mal pour gâter une infinité de biens, et la délicatcMe det princes estime grands les plus petits maux. N^aTefr- Tous point oui parler de ce moucheron qui entra dans ToBil du roi Jacques d* Angleterre *, un jour qu*il ëtoit à la chasse ? Aussitôt rimpatienceprit le roi : il descendit de cheral en jurant, ce qui lui ëtoit assez ordinaire; il s*appela malheureux, il appela insolent le moucheron, et, loi adressant sa parole : « Méchant animal, lui « dit-il, n*a»-tu pas asses de trois grands royaumes que je te laisse « pour te promener, sans qu*il faille que tu te Tiennes loger dans t mes yeux ?» Ne pensez pas que la colère du roi fât artificielle et qn*ii eât seulement dessein de dire un bon mot. Il étoit réritablement en colère lorsqu'il parloit de la sorte. Mais il y a des colères qui sont éloquentes, il y a des passions qui ont de l'esprit, et celle du roi Jacques étoit de celles-là. »
Saint-Marc Girardin, dans sa xxin* leçon (tome II, p* a65<- 166), après aroir cité quelques rers de la fable de la Motte intitulée /le MagUUnne^ les rapproche de notre fable, et troure qu'il y a chez la Motte a un peu trop d'apparat et de figeas, quoique cet apparat soit destiné à produire un contraste. La Fontaine produit le même contraste d'une manière plus simple, plus naturelle et par conséquent plus piquante. » — L'abbé Guillon, qui parfois pousse l'enthousiasme jusqu'à la natTcté, est fort dédaigneux pour l'apologue de PMmmme et la Pueê^ qui ne lui paraît « guère
I. Jacques I, fils de Marie Stnart, roi d'Angleterre de i6o3 à i6a5.
a36 FABLES. [p. ▼
digne d*aToir une place dani le même livre que la fiJile du f apetier aux cent éeusK » Il ne faut pas sans doute mettre toutes choses au même lang ; mais il ne faut pas non plus que les petites souffrent du Toisinage des grandes, et Ton peut, sans faire tort à celles-ci, priser celles-là. Il y a d'ailleurs, on ne le saurait méconnaître, de beaux Tcrs dans le prologue, et une piquante opposition entre ce prologue et la fable. Par la fable même, fort élégante en sa brièTeté, Tauteur montre que, quand le sujet ne se prête pas aux déreloppements, il sait imiter, lui aussi, à sa manière, la sobriété antique, ésopique, qui, pour le grand fabuliste allemand Lessing, est Tidéal du genre.
Par' des vœux importuns nous fatiguons les Dieux, Souvent pour des sujets même indignes des hommes : Il semble que le Gel sur tous tant que nous sommes Soit obligé d'avoir incessamment les yeux, Et que le plus petit de la race mortelle, s
A chaque pas qu'il fait, à chaque bagatelle, Doive intriguer^ TOlympe et tous ses citoyens*, 0>mme 8*il 8*agissoit des Grecs et des Troyens'.
a. Cette remarque a été ajoutée au commentaire de l'abbé Guillon dans Tédition de 1819, qui fut, sur TinTÎtation de Tauteur, préparée par Jules Janin.
3. Cbamfort fait remarquer a cette distribution égale de buit Ters pour le prologue, - et de huit autres pour la fable, 9 et rappelle la distribution analogue de la fable du Coq et ia Perle (livre I, fable xx), dirisée en deux parties de six vers chacune.
4. Le mot arait un peu plus de foree qu*à présent ; la Fontaine Fa sans doute employé, non dans le sens de piquer la curiosité^ mais d^oceuper, de préoccuper^ que lui donne aussi Mme de Sérigné, tome lY, p. 198, et, plus énergiquement, Malherbe dans une lettre à Peiresc (tome III, p. 3oo) : c J'ai été, depuis quatre ou cinq mois [si] intriqué de TafFaire de ma pension... , que je n*aTois du sens ni du temps que ce qu'il m'en falloit en cette occasion. »
5. Comparez livres III, fable vn, vers sa ; VIII, fable xxi, vers 5 ; X, fable x, vers z4; XII, fable xii, vers 64; et, pour le même mot, au féminin, 9 de la fable xit du livre VI.