vi] LIVRE VIII. a4i
Avant la fin de la journée
Us se montoient* à plus d*un cent^.
8. « D'après la construction de la phrase, ih se montoiemt deTrait être au singulier. Le pronom il ne peut cesser de se rapporter au nominatif de la phrase, qui est nombre. » (Noie de Crapelet^ x83o.) U faudrait dire, au contraire^ que Pidëe dominante ëtant œufs, le po^te a en raison d'y faire rapporter le pronom plutôt qu'au sujet abstrait nombre. Une critique, vaine aussi, mais un peu plus spécieuse, eut été que, pour bien légitimer le rapport, il conriendrait que le mot ne fût pas employé indéfiniment, mais déterminé par l'article, qu'il y eût a le nombre des œufs d, et non pas c d'œufs ». An reste, nous ne citons cette note que pour montrer jusqu'où la grammaire, comme Fenteudaient certains puristes, poussait encore, il y a peu d'années^ les minutieuses chicanes. Cette relation du pluriel est parfaitement claire, et c'est tout ce que veut ici la saine logique du style, telle que l'appliquaient jadis nos bons auteurs.
9. A plus de cent. (1729.) — Abstemius est plus modéré dans la multiplication des œufs : Antequam sol oceideret^ per totam urbem Pidgutum est hune hominem ad quadraginta ova peperisse. Mais du Fail(p. 3 la) l'est beaucoup moins dans celle des cailles, auxquelles, il est vrai, une fois venues, on peut mieux faire place et qui, par le grand nombre, font bien meilleur effet : a Elle voisina tant, caqueta tellement, avec la multiplication et force que les nouvelles acquièrent de main en main, qu*en moins de rien les rues furent remplies, jusques aux oreilles des sénateurs, de plus de vingt mille cailles. »
J« DB LA FoilTAIlfB. Il l6
242 FABLES. [r. vu
FABLE VIL
LB CHIBN QUI PORTS ▲ SON COU LB Ollli DB SON MJLÎTRB.
Jean Walchios, Deeas fabularum^ etc. (Argentorati, 1609), fiab. Z^de Cane quodam argentuunsi (a d*im Chien de Strasbourg* »), liero sue fiMuimo, — Jacquet Régnier, Jpologi phmdrii^ i** partie, fab. 17, Coqid Cams €t aUi CoMes»
Le plot ancien récit qne nous tronrions indiqué de cette histoire est celui du firanciscain Jean Pauli, qui l'inséra dans son célèbre recueil allemand intitulé Gaieté et Sérieux^y et publié à Strasboui^ en x5aa ; elle est là très-courte, sans aucune réflexion, à peu près aussi insignifiante que dans le Thrésor des récréations^. On Terra plus loin (p. 947i fin de la note 19) que Luther l'a connue, dans sa nouTeauté, ce semble, et en a fait une application à Charles-Quint. Ce qui pourrait Cfiire penser qu'elle n'a pas été, comme beaucoup d'autres, empruntée par Pauli à des recueils antérieurs, c'est que Burkhard Waldis^, qui l'a déreloppée et moralisée à sa manière, en i548, dans la fable 89 de son Urre m (tome I, p. 376-377), commence par dire que le fait qu'il ra raconter s'est passé à Strasbourg : Pauli n*ayait pas nommé la ville, mais c'est à Strasbourg qu*aTait paru son livre. Le même sujet a été traité, en 1609, dans une fable en prose latine, par Jean Walchius (autre Strasbourgeois ou auteur imprimé à Strasbourg* : il n*a eu garde de changer le lieu de la scène, que Waldis avait fixé), et, en i643, dans une fable en vers latins par Jacques Régnier ; nous mentionnons en tête ces deux pièces latines, comme étant, avec le Thrésor des récréations ^ les
z. Un des noms latins de Strasbourg est Argentina ciçitas, a. Sekimpf und Ernst : voyez la réimpression faite en 1866 par les soins de la Société littéraire de Stuttgart, p. a56, n** ccccxxv.
3. Rouen, 161 1, p. a3a-233 : du Chien qui portait le panier à ht boucherie»
4. Dans V Ésope allemand : voyez la notice de la fable u de ce livre VIII, ci-dessus, p.. a 16.