Sur cet infinitif, Toyez ci- après, p. a6r, note ao
i5. Nous doutons que la Fontaine ait songé à l'acception primitÎTe de ce mot, comme le Teut Geruzez, ou du moins qu'il ait touIu lui donner ici son sens étymologique*. Sans doute canwUe s'oppose à Mdtin^ mais comme il s'opposerait à tout autre mot désignant un puissant, quand même il ne serait pas question de chiens : Toyez d'autres emplois de ce terme aux livres VII, fable i, Ters 36 ; et plus loin, VIII, fable xtiii, Ters 5a (là aussi il s*agit de chiens); XI, fable ni, Ters 8.
16. On sait que ripaille Tient du nom d'un château, ainsi appelé, des bords du lac de Genève : Toyez lÀttré et le passage de
* Le mot canaille n*a pat été tiré directement du latin canù^ m chien, » mais de fitalien canagliaf la forme française est ckienmlle.
a46 FABLES. |f. ta
Chacun d'eux eut part au gâteau*^.
Je crois voir en ceci Timage d'une ville 3o
Où Ion met les deniers à la merci des gens. Écheyins, prévôt des marchands, Tout fait sa main"; le plus habile Donne aux autres l'exemple, et c'est un passe-temps De leur voir nettoyer" un monceau de pistoles. 3 5 Si quelque scrupuleux, par des raisons frivoles,
Voltaire qa*Il cite à propos de cette ëtyzDoIogie. — c Ce dernier mot, dit M. Taine (p. 3oo), a quelque chose d'ignoble, qui con* rient à ces pillards gloutons. Mettez à la place : « Ils firent tons « festin, » on ne Toit plus cette roracitë brutale. » — A cet endroit, Tabbë GuiUon cite ce passage de Rabelais, dont la Fontaine, dit-il, arait pu garder souvenir [Pantagruel^ chapitre xir, tome I, p. 287- 988) : « De première venue (tous cet chiens) accoururent droict à mo7,... et me eussent deuorë à Theure, si mon bon ange ne m*eust bien inspire.... Soudain ie me aduise de mes lardons, et les gettojs au mylieu d'entre eulx : lors chiens d'aller et de se entrebatre Tun Taultre à belles dents, à qui auroit le lardon. Par ce moyen me laissèrent, et ie les laisse aussi se pelaudans l'un l'aultre. »
17. C'est-à-dire, dans un sens collectif, proverbial, <x aux mets, au rëgal; » mais d'ordinaire, dans « avoir part au gâtean, » le mol' gâteau est plus détourné de sa signification accoutumée et veut dire c bonne affaire » : compares livre X, fable xxv, vers 5o.
18. Vojez la fable xv du livre IX, vers 38. Littré définit cette périphrase verbale : c faire sa main, i> par c dérober, faire des profits illicites, » et, outre les deux exemples de notre auteur, il en cite de Corneille, de Vauban, de Saint-Simon, de J.-J. Rousseau.
19. Ce verbe, qu'il faut traduire ici, ce semble, par a réduire, et faire disparaître (pièces par pièces), d signifie proprement a rendre net, vide, > comme dans les locutions : « nettoyer la maison (en parlant de voleurs), le tapis, les brocs. » Ailleurs (livre X, fable iv, vers 7) monceau est construit avec s'altère, La figure, en cet endroitci, consiste à considérer le monceau^ par une légère déviation du sens, plutôt comme un contenant que comme un composé de pistoles, acception qu'il a au vers 37 de la fable ni du livre XII :
Détachoît du monceau tantôt quelque doublon.
p. yn] LIVRE VIII. 247
Veut défendre I*argent| et dit le moindre mot, On lai fait voir qu'il est un sot.
n n'a pas de peine à se rendre :
Cest bientôt le premier à prendre'®. 40