AVOCAT, DÉPOTÉ DU BAILLIAGE DE GUISE
Français, de vos veines stériles Les beaux vers ne coulent-ils plus ?
Pourquoi le siècle des Viri,àles N'est-il pas celui des Titus ?
0 honte! c'est le nom d'Octave Que des Muses la lyre esclave Consacre à la postérité !
Mais Louis enflamme ma verve, Et les mensonges de Minerve Vont céder à la vérité.
Je disais : Dieu livra la terre A la verge des oppresseurs :
Sous cette verge héréditaire J'entends gémir nos successeurs.
Louis, ton Peuple t'idolâtre, Mais, plus heureux que Henri quatre,
Pourras-tu faire son bonheur?
Nous ne verrons plus, comme à Rome, Du temple de la vertu, l'homme Monter au temple de l'honneur.
Sous ses cheveux blancs et ses rides
Patru voit, sur les fleurs de lys
Les fils imberbes et stupides
De pères par Tor ennoblis.
Le sang fait seul nos Patriarches :
De l'Autel sur les saintes marches
11 élève le vice impur ;
Et de Nobles une poignée
De l'armée en vain indignée
Guident seuls le courage obscur.
Pour les Nobles toutes les grâces :
• Pour toi, Peuple, tous les travaux. L'homme est estimé par les races Comme les chiens et les chevaux.
Pourtant, au banquet de la vie Les enfants qu'un père convie Au même rang sont tous assis : Le Ciel nous fît de même argile, Et c'est un fil aussi fragile Que tourne pour eus Lachésis.
L'impôt prend sa course incertaine :
Dans le parc et dans le château Il ne pose son pied qu'à peine, Et foule vingt fois le hameau.
Ton glaive trop longtemps repose :
Du pauvre prends enfin la cause.
Venge Naboth, Dieu protecteur!
Vois sa vigne encor usurpée :
D'Achab s'il ne fuit plus l'épée.
Il fuit les fers du Colle( teur.