‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 22 sur 49 · DU PARLEMENT DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

DU PARLEMENT DE TOULOUSE

Nosseigneurs,

On m'a conté que vous aviez brûlé la France libre. Tous les livres de physique de Salomon furent brûlés par le roi Ézécbias en personne, sur les degrés du Temple, de peur qu'ils ne détoui'nassent le peuple de son attention à la sainte Écriture ; cela doit consoler les auteurs dont les brochures sont brûlées par les gens du roi, au pied du grand escalier. Pour moi, je vous remercie de ces flammes honorables. Le feu qui consumait la victime montrait qu'elle était agréable aux dieux ; le feu qui consume un livre montre qu'il n'a jamais déplu aux hommes. Cette flamme qui s'élève autour de ses feuilles est comme l'auréole qui couronne un auteur.

Agréez donc, de ma reconnaissance, l'hommage de cefte seconde édition, et puisse ma chère Lanterne obtenir de vous la même faveur! Je doute que ce cadet fasse autant fortune que son aîné ; mais je vous prie de ne point mettre de jalousie dans ma famille. Je me hâte de vous le présenter, pendant qu'il en est

temps encore. Pourquoi faut-il que ce flambeau bienfaisant, qui a fait renaître de sa cendre ma brochure, et a procuré au libraire une quatrième édition, soit prêt à s'éteindre dans vos mains? Hélas! Nosseigneurs, malgré les efforts de MM. Cazalès cl Martin de Castelnaudary, dont les principes onl fait ici lant d'honneur à votre province, il est vraisemblable que la Finance libre est le dernier écrit que vos Seigneuries auront brûlé; et j'aurai la gloire immortelle d'avoir fermé la marche qui commence à Salomon, doyen des auteurs lacérés et mis à Vindex; il est bien juste qu'en reconnaissance vous receviez de moi une épîtrc dédicatoire, vraisemblablement la dernière aussi qui vous sera adressée.

J'ai l'honneur d'être, etc..

Nosseigneurs,

L'autour de la France libre.

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