Nou? avoijs rite ce passage. (Voy. jilus liaut
Je n'en persiste pas moins à croire que j'ai eu raison de pressentir les plus funestes impérities de la Vendée, lorsque j'entendis, il y a dix mois, aux Jacobins, un tonnerre d'applaudissements ébranler la salle
à ces mots d'H que nous avions en France
trois millions de généraux^ et que tous les soldats sont également propres à commander à leur tour et par Tancienneté de médaillon. Comment peut-on méconnaître à ce point les avantages de la science militaire et du génie? Je suis obligé d'user de redite et de répéter dans mon credo ce que j'ai dit mainte fois, parce qu'il n'est pas ici question de me faire une réputation d'auteur, mais de défendre celle de patriote, d'imposer à mes concitoyens et de leur divulguer mes dogmes politiques, et de soumettre au jugement d-es contemporains et de la postérité la professionde foi du Vieux Cordelier, afin qu'on soit en étal de juger, non ma réputation d'auteur, mais celle de patriote; ou plutôt il n'est pas ici question ni de moi, ni de ma réputation, mais d'imposer les dogmes de la saine politique et d'inculquer à mes concitoyens des principes dont un État ne peut pas s'écarter impunément. Par exemple, il est certain, comme je l'ai dit, que la guerre est un art, où, comme dans tous les autres, on ne se perfectionne qu'à la longue; il ne s'est encore trouvé que deux généraux, Lucullus et Spinola, qu'un génie extraordinaire ait dispensés de cette règle, et quoique tous les jours des officiers prennent hardiment le commandement d'armées de 40 mille hommes, Turenne, qui était un si grand capitaine, ne concevait pas comment un général pouvait se charger de conduire plus de 35 mille hommes ; et en effet, c'est avec une armée toujours inférieure qu'il marchait chaque jour à une nouvelle victoire.
Si riiabilelé est nécessaire dans le médecin qui a entre ses mains la vie d'un seul homme, et si son art est le premier par l'importance de son objet, combien l'art militaire doit être au-dessus et combien il est absurde de ne compter pour rien l'ignorance dans un général, qui, par un ordre sage ou inconsidéré, dispose de la vie de 10 mille hommes qu'il peut perdre
ou sauver. J'ai entendu Merlin de M et Wester-
man, le Vendéen, et beaucoup d'autres troupiers qu'il n'est pas permis de soupçonner ni de partialité, ni d'incivisme, dire que le grand tort de Philippeaux, dans sa fameuse dénonciation, était d'avoir imputé à trahison ce qu'il devait mettre sur le compte de l'impéritie et n'attribuer qu'à ce système accrédité et prêché par les bureaux de la guerre que tous les parents des commis et les frères des actrices avec qui ils couchaient étaient aussi bons que Villars pour couvrir nos frontières. C'était bien là le renversement de toutes les idées presque innées à force d'être ancien- . nés ; car il y a plus de trois mille ans que le vieux Cambyse adressait ces paroles à son' fils Cyrus, si on en croit Xénophon, dans la dernière instruction qu'il lui donnait en lui disant adieu, et lorsque le jeune homme avait déjà fait sonner le tocsin pour courir avec la cavalerie au secours de son beau-père Cyaxare : « Mon fils, il n'est pas permis de demander aux dieux « le prix de l'art, quand on n'a jamais manié un art, « ni de conduire un vaisseau dans le port, quand on « est ignorant de la mer, ni de n'être point vaincu « quand on n'a pas pourvu à la défense ^ »
1. Camille n'a pas fini sa profession de foi, il se disposait à la continuer dans le Iiuitième numéro du Vieux Cordelier dont nous n'avons que des fragments, et dans les numéros suivants.