ACTE I, SCÈNE Ml
SCÈ^E III
FRANCISQUE, DERV1LLE.
FRANCISQUE
Ah! Monsieur, je guettais Le départ de Madame.
DERVI LLE, assis.
Et moi, je t'attendais.
Va porter ce billet à cette dame anglaise.
// lui remet le billet qu'il a pris sur le pupitre.
FRANCISQU E.
J'ai remis le premier.
DERVILLE
Ah! ah! j'en suis bien aise.
Et qu'a-t-elle dit?
FRANCISQUE
Rien.
DERVILLE
Cela n'est pas flatteur.
FRANCISQUE
Mais la suivante un peu plus franche par bonheur,
En me reconduisant m'a dit avec mystère,
Que sa maîtresse part pour les eaux de Bagnère.
Quant à milord, il reste à Paris. Entre nous,
Moi, je suis fin, je crois que c'est un rendez-vous.
DERVILLE
Le maraud a du bon! Mais à propos, Bagncrc, Si j'ai bonne mémoire, est tout près de ma terre. J'y dois faire un voyage avant peu; je pourrai L'avancer de deux mois : c'est bien, j'y penserai.
FRANCISQUE
On m'a remis aussi cette lettre qui presse. // lui donne un billet.
derville, se levant.
Ah! je vois, c'est encor de ma jeune comtesse : Que m'écrit-elle? Hon! hon! « Que monsieur son époux,
Pendant ce couplet, Francisque emporte le pupitre dans la chambre de Derville, il en rapporte son chapeau, sa cravache et ses gants, qu'il pose sur la table au moment où son maître lui adresse la parole.
Malgré son mal de tête et ses soupçons jaloux, Est allé visiter sa terre de Gonesse; Que voulant profiter des instans qu'il lui laisse, Et sachant qu'il ne doit revenir que tantôt, Elle attend à cheval, à la porte Maillot. » Ma foi, j'en suis fâché, ma belle Lasthénie, Vous arrivez trop tard, car ma lettre est finie... Pourtant, en amazone elle est toujours si bien!...
Haut.
Francisque, va seller mon cheval et le tien;
Francisque sort.
Allons-y; mais voilà long-temps que cela dure; Aujourd'hui le plaisir et demain la rupture.