‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 141 sur 197 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

J'étais auprès de ma cousine, Quand je fus informé de ce qui se passait; Mais elle n'a rien su de ce qu'on m'annonçait. Pour la quitter, j'ai pris la première défaite; Enfin, je ne crois pas qu'elle soit inquiète. Non, j'ai su lui donner le change.

Allons, tant mieux !

Derville vous avez été bien généreux.

DERVI LL E.

Je n'ai fait qu'obéir à la délicatesse. F ranval.

Pas du tout, vous avez montré de la noblesse. Vous auriez pu tirer, et quand on est adroit...

DERVILLE

A de tels complimens, Monsieur, je n'ai pas droit, Et vraiment, ma conduite est toute naturelle. Vous ne connaissez pas l'objet de la querelle? Cet homme est si jaloux qu'il en est fou, je croi. Il prétend que sa femme a des bontés pour moi, 11 dit même partout qu'il est sûr de la chose; Oh ! le drôle de corps ! enfin, il me propose Un duel que j'accepte! il fait feu le premier, Manque, et je tire en l'air. Doit-on se récrier ? Cette admiration est très-mal entendue; Pour l'avoir offensé, faut-il que je le tue r

CHARLES

C'est fort bien raisonner. Mais...

DERVILLE

Pourtant, selon moi, Il eut un bien grand tort.

F RANVAL.

Et quel est-il?

DERVI LLE.

Pourquoi M'avoir mis en rapport avec sa jeune épouse?

Vous aimez donc les gens d'humeur sombre et jalouse?

DERVILLE, frappant sur l'épaule Je Charles.

Ces maris-là devraient nous connaître, et savoir Qu'une femme ne peut impunément nous voir.

F RANVAL, à pilrt.

Le fat!

Haut.

Mais j'ai perdu toute la matinée; Je veux mettre à profit la fin de la journée, Et réparer le temps que ce duel m'a pris. Serviteur! je vous quitte, et je vais à Paris.

DERVILLE, /(■ rappelant.

Ah! Franval, à propos, j'oubliais de vous dire...

F ranval, s'arrêtant.

Et quoi donc ?

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