‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 50 sur 197 · ACTE I, SCÈNE I I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I I

claire, à Duval.

Ainsi donc, pour vous plaire, Il faudrait qu'elle fût sans talents?

DUVAL FILS

Au contraire.

Personne, plus que moi, n'estime les talents; Mais doit-on, je vous prie, y donner tout son temps? Vous, vous les cultivez, sans négliger le reste.

CLAIRE

Qui, moi? Je n'en ai pas.

D U VAL FILS

Vous êtes trop modeste, Vous en avez autant que l'on peut en avoir.

CLAIRE

Mieux qu'un autre, monsieur, vous devez le savoir; Je n'en ai point, je suis une pauvre orpheline; Je ne puis ressembler en rien à ma cousine.

duval FILS, préoccupe.

En elle, quelque chose aussi qui me déplaît,

Qui me tourmente enfin, c'est l'accueil qu'elle fait...

CLAIRE

A qui donc?

DUVAL FILS

A ce fat si vain, si magnifique, Qui vient modestement faire de la musique.

CLAIRE

Monsieur de Rosambert vous paraît un rival!

Mais il ne pense pas à l'épouser, Duvall Devez-vous vous livrer à des craintes semblables?

DU VAL FILS

Tous ces beaux messieurs-là sont fort désagréables; Aucun d'eux pour mari ne veut se proposer, Mais ils éloignent ceux qui voudraient épouser.

SCÈ^CE III

CLAIRE, MADAME DUPRÉ, DUVAL fils, BABET.

madame dupré, entrant d'un air joyeux. Ah ! Claire, te voilà?

claire, l'embrassant.

Bonjour, ma chère tante.

DUVAL FILS

Madame, j'ai l'honneur...

CLAIRE

Vous semblez bien contente!

Peut-on savoir pourquoi cet air tout radieux?

madame dupré, avec attendrissement.

Ah! je viens de passer un moment bien heureux; Je sors d'une maison où l'on parlait de Laure. Chère petite enfant! tout le monde l'adore!

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