ACTE I, SCÈNE I I
claire, à Duval.
Ainsi donc, pour vous plaire, Il faudrait qu'elle fût sans talents?
DUVAL FILS
Au contraire.
Personne, plus que moi, n'estime les talents; Mais doit-on, je vous prie, y donner tout son temps? Vous, vous les cultivez, sans négliger le reste.
CLAIRE
Qui, moi? Je n'en ai pas.
D U VAL FILS
Vous êtes trop modeste, Vous en avez autant que l'on peut en avoir.
CLAIRE
Mieux qu'un autre, monsieur, vous devez le savoir; Je n'en ai point, je suis une pauvre orpheline; Je ne puis ressembler en rien à ma cousine.
duval FILS, préoccupe.
En elle, quelque chose aussi qui me déplaît,
Qui me tourmente enfin, c'est l'accueil qu'elle fait...
CLAIRE
A qui donc?
DUVAL FILS
A ce fat si vain, si magnifique, Qui vient modestement faire de la musique.
CLAIRE
Monsieur de Rosambert vous paraît un rival!
Mais il ne pense pas à l'épouser, Duvall Devez-vous vous livrer à des craintes semblables?
DU VAL FILS
Tous ces beaux messieurs-là sont fort désagréables; Aucun d'eux pour mari ne veut se proposer, Mais ils éloignent ceux qui voudraient épouser.
SCÈ^CE III
CLAIRE, MADAME DUPRÉ, DUVAL fils, BABET.
madame dupré, entrant d'un air joyeux. Ah ! Claire, te voilà?
claire, l'embrassant.
Bonjour, ma chère tante.
DUVAL FILS
Madame, j'ai l'honneur...
CLAIRE
Vous semblez bien contente!
Peut-on savoir pourquoi cet air tout radieux?
madame dupré, avec attendrissement.
Ah! je viens de passer un moment bien heureux; Je sors d'une maison où l'on parlait de Laure. Chère petite enfant! tout le monde l'adore!