‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 64 sur 197 · ACTE 1, SCÈNE XIV M · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE XIV M

// ouvre la lettre.

Ali! c'est monsieur Dupré; voyons ce qu'il me dit.

« Mon cher Duval, je reçois ta lettre et je pars. J'ai reconnu, dans le zèle que tu me témoignes, moins un caissier qu'un ami fidèle. J'avais le projet de faire un voyage en Saxe, mais ce que tu m'apprends du désordre qui règne dans ma maison, m'a déterminé à changer d'idée; et, toute affaire cessante, je reviens en poste à Paris. Malheureux! pourquoi faut-il que mes occupations m'aient empêché de surveiller l'éducation de ma fille! Celle qu'on lui a donnée n'est en rapport ni avec le nombre de mes enfants, ni avec ma fortune. Tu le sais d'ailleurs, mon cher Duval, tant qu'un négociant est dans le commerce, ses capitaux ne sont pas à lui.

« Je serai chez moi presqu'en même temps que ma lettre; mais garde-toi d'en instruire personne. J'arriverai incognito; après trois ans d'absence, je veux observer froidement l'état des choses, éclairer ma femme, corriger ma fille, et l'arracher peut-être à la séduction. »

La lettre est du quatorze et nous sommes au seize; Nous le verrons bientôt! tant mieux, j'en suis bien aise. De son côté mon père arrive ces jours-ci; La rencontre est heureuse et leur séjour ici Va produire sans doute un bon effet sur Laure; Le bon ordre chez nous peut reparaître encore.

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