‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 226 sur 785 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

rester, il a nié! c’est satisfaire les personnes, et Ton n’a nul droit de se plaindre de tout homme qui se dédit.

ceo u c f. dandin. Si bien donc que si je le trouvois couché avec ma femme, il en seroit quitte pour se dédire?

monsieur DE soTENViLLE. Point de raisonnement. Faites-lui les excuses que je vous dis.

george dandin. Moi ! je lui ferai encore des excuses après!...

monsieur de sotenville. Allons , vous dis-je, il u y a rien à balancer, et vous n’avez que faire d’avoir peur d’en trop faire, puisque c’est moi qui vous conduis.

george dandin. Je ne saurois...

monsieur de sotenville. Corbleu ! mon gendre , ne m’échauffez pas la bile. Je me mettrois avec lui contre vous. Allons, laissez-vous gou verner par moi.

george dandin , a part. Ah ! George Dandin !

monsieur de sotenville. Votre bonnet à la main, le premier! monsieur est gentilhomme , et vous ne Tètes pas.

GEORGE DANDIN

george dandin, à part , le bonnet à la main. J’enrage! monsieur de sotenville. Répétez avec moi ! Monsieur... george dandin. Monsieur...

monsieur de sotenville. Je vous demande pardon... ( f' oijant que George Dandin fait difficulté de lui obéir.) Ah ! george dandin. Je vous demande pardon...

monsieur de sotenville. Des mauvaises pensées que j ai eues de vous. george dandin. Des mauvaises pensées que j’ai eues de vous. monsieur de sotenville. C’est que je n’avois pas 1 honneur de vous connoître.

ceorge dandin. C’est que je n’avois pas l’honneur de vous connoître. monsieur de sotenville. Et je vous prie de croire... george dandin. Et je vous prie de croire... monsieur de sotenville. Que je suis votre serviteur. george dandin. Voulez-vous que je sois serviteur d un homme qui me veut faire cocu?

monsieur de sotenville, le menaçant encore . Ah! clitandre. Il suffit, monsieur.

monsieur de sotenville. Non, je veux qu’il achève et que tout aille dans les formes. Que je suis votre serviteur. ceorge dandin. Que je suis votre serviteur.

clitandre, à George Dandin. Monsieur, je suis le vôtre de tout mon cœur, et je ne songe plus à ce qui s’est passé. ( A monsieur de Soten- •ville.) Pour vous, monsieur, je vous donne le bonjour, et suis lâché du petit chagrin que vous avez eu.

monsieur de sotenville. Je vous baise les mains, et quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissenïent de courre un lièvre. clitandre. C’est trop de grâce que vous me faites. ( Clitandre sort.) monsieur de sotenville. Voilà, mon gendre, comme il faut pousser les choses. Adieu. Sachez que vous ôtes entré dans une famille qui vous donnera de l’appui , et ne souffrira point que l’on vous lasse aucun affront.

GEORGE DANDIN, seul.

Ali ! que je... Vous l’avez voulu, vous l’avez voulu, George Dandin, vous l’avez voulu! cela vous sied fort bien, et vous voila ajusté comme

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