SCÈNE V
MONSIEUR HE POURCEAUGNAC, SBRIGANI
monsieur de pourceaugnac, se tournant du côté où il est venu, et parlant à des gens qui le suivent. Hé bien! quoi? Qu’est-ce? Qu’y a-t-il? Au diantre soit la sotte ville, et les sottes gens qui y sont! Ne pouvoir faire un pas, sans trouver des nigauds qui vous regardent et se mettent à rire! Hé! messieurs les badauds, faites vos affaires, et laissez passer les personnes sans leur rire au nez. Je me donne au diable, si je ne baille un coup de poing au premier que je verrai rire. sbrigani, parlant aux mêmes personnes. Qu’est-ce que c’est, messieurs? Que veut dire cela? A qui en avez-vous? Faut-il se moquer ainsi des honnêtes étrangers qui arrivent ici?
monsieur de pourceaugnac. Voilà un homme raisonnable, celui-là. sbrigani. Quel procédé est le vôtre! et qu’avez-vous à rire?
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. Fort bidl.
sbricani. Monsieur a-t-il quelque chose de ridicule en soi?
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. Olli.
sbrigani. Est-il autrement que les autres?
MONSIEUR DE POURCEAUGNAC. Sllis-je tOl’lll OU llOSSll ?
sbrigani. Apprenez à connoître les gens.
monsieur de pourceaugnac. C’est bien dit. sbrigani. Monsieur est d’une mine à respecter. monsieur de pourceaugnac. Cela est vrai. sbrigani. Personne de condition.
monsieur de pourceaugnac. Oui. Gentilhomme Limosin. sbrigani. Homme d’esprit.
monsieur de pourceaugnac. Qui a étudié en droit.
sbrigani. Il vous fait trop d’honneur de venir dans votre ville.
monsieur de pourceaugnac. Sans doute.
sbrigani. Monsieur n’est pas une personne à faire rire.
monsieur de pourceaugnac. Assurément.
sbrigani. Et quiconque rira de lui, aura affaire à moi.