‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 97 sur 785 · PRÉSENTÉ AU ROI · texte numérisé non relu

PRÉSENTÉ AU ROI

Sur la comédie <lu Tartufe, rjiii n’avoit pas encore été représentée en publie.

Sire,

de ces faux monnoyeurs en dévotion qui veulent attraper les liommes avec un zèle contrefait et une charité sophistique.

Je l’ai faite, Sire, cette comédie, avec tout le soin , comme je crois, et toutes les circonspections que pouvoit demander la délicatesse de la matière; et pour mieux conserver l’estime et le respect qu’on doit aux vrais dévots, j’en ai distingué, le plus que j’ai pii , le caractère que j’avois à toucher ; je n’ai point laissé d’équivoque ; j’ai ôté ce qui pouvoit confondre le bien avec le mal, et ne me suis servi, dans celte peinture, que des couleurs expresses et des traits essentiels qui font reconnoitre d’abord un véritable et franc hypocrite.

Cependant toutes mes précautions ont été inutiles. On a profité, Sire, de la délicatesse

e devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant , j’ai cru que , dans l’emploi où je me trouve , je n’avois rien de mieux «à faire que d’attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle; et, comme l’hypocrisie, sans doute, en est un des plus en usage , des plus incommodes et des plus dangereux , j’avois eu, Sire, la pensée que je ne rendrois pas un petit service à tous les honnêtes gens de votre royaume, si je faisois une comédie qui décriât les hypocrites et mit en vue, comme il faut, toutes les grimaces étudiées de ces gens de bien à outrance , toutes les friponneries couvertes

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