‹ ŒuvresChapitre 220 sur 629 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DONE ELVIRE, DON ALPHONSE, cru don Sylve, ÉLISE.

noNE elvire. Ah! seigneur, par quel sort vous vois-je maintenant? don Alphonse. Je sais que mon abord, madame, est surprenant,

Et qu’ctre sans éclat entre dans cette ville,

Dont l’ordre d’un rival rend l’accès difficile;

Qu’avoir pu me soustraire aux yeux de ses soldats,

C’est un événement que vous n’attendiez pas.

Mais si j’ai dans ces lieux franchi quelques obstacles, L’ardeur de vous revoir peut bien d’autres miracles; Tout mon cœur a senti par de trop rudes coups Le rigoureux destin d’être éloigné de vous,

Et je n’ai pu nier au tourment qui le tue,

Quelques moments secrets d’une si chère vue.

Je viens vous dire donc que je rends grâce aux cieux De vous voir hors des mains d’un tyran odieux ;

Mais parmi les douceurs d’une telle aventure,

Ce qui m’est un sujet d’éternelle torture,

C’est de voir qu’à mon bras les rigueurs de mon sort Ont envié l’honneur de cet illustre effort;

Et fait à mon rival, avec trop d’injustice,

Offrir les doux périls d’un si fameux service.

Oui, madame, j’avois, pour rompre vos liens,

Des sentiments, sans doute, aussi beaux que les siens; Et je pouvois pour vous gagner cette victoire,

Si le ciel n’eût voulu m’en dérober la gloire. done elvire. Je sais, seigneur, je sais que vous avez un cœur

Qui des plus grands périls vous peut rendre vainqueur; Et je ne doute point que ce généreux zèle Dont la chaleur vous pousse à venger ma querelle N’eût, contre les efforts d’un indigne projet,

Pu faire en ma faveur tout ce qu’un autre a fait.

Mais, sans cette action dont vous étiez capable,

Mon sort à la Castille est assez redevable.

On sait ce qu’en ami plein d’ardeur et de foi,

Le comte votre perc a fait pour le feu roi:

Après l’avoir aidé jusqu’à l’heure dernière,

Il donne en ses états un asile à mon frère;

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