‹ ŒuvresChapitre 226 sur 629 · DONE ELVIRE, DON ALYAR · texte numérisé non relu

DONE ELVIRE, DON ALYAR

noNE elvire. Retournez, don Alvar, et perdez l’espérance De me persuader l’oubli de cette offense.

Cette plaie en mon cœur ne sauroit se guérir,

Et les soins qu’on en prend Re font rien que l’aigrir. A quelques faux respects croit-il que je défère? Non, non: il a poussé trop avant ma colère;

Et son vain repentir qui porte ici vos pas,

Sollicite un pardon que vous n’obtiendrez pas. don alvar. Madame, il fait pitié. Jamais cœur, que je pense.

Par un plus vif remords n’expia son offense;

Et, si dans sa douleur vous le considériez,

Il toucheroit votre ame, et vous l’excuseriez.

On sait bien que le prince est dans un âge à suivre Les premiers mouvements où son ame se livre,

Et qu’en un sang bouillant, toutes les passions Ne laissent guère place à des réflexions.

Don Lope, prévenu d’une fausse lumière,

De l’erreur de son maître a fourni la matière.

Un bruit assez confus, dont le zèle indiscret A de l’abord du comte éventé le secret,

Vous avoit mise aussi de cette intelligence,

Qui, dans ces lieux gardés, a donné sa présence.

Le prince a cru l’avis, et son amour séduit Sur une fausse alarme a fait tout ce grand bruit; Mais d’une telle erreur son ame est revenue:

Votre innocence enlin lui vient d’être connue,

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