‹ ŒuvresChapitre 588 sur 629 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

oronte. Au reste, vous saurez Que je n’ai demeuré qu’un quart d’heure à le faire. ai.cestf.. Voyons, monsieur, le temps ne fait rien à l’affaire. oronte lit. L’espoir, il est vrai, nous soulage,

Et nous berce un temps notre ennui;

Mais, Philis, le triste avantage,

Lorsque rien ne marche après lui!

philinte. Je suis déjà charmé de ce petit morceau. ai.cestf, bas , à Philinte.

Quoi! vous avez le front de trouver cela beau?

oronte. Vous eûtes de la complaisance;

Mais vous en deviez moins avoir,

Et ne vous pas mettre en dépense Pour ne me donner que l’espoir.

philinte. Ah! qu’en termes galants ces choses-là sont mises! ai.cf.ste, bas, h Philinte.

Morbleu! vil complaisant, vous louez des sottises?

71 fi

LE MISANTHROPE

orontk. S’il faut qu’une attente éternelle

Pousse à bout l’ardeur de mon zèle, Le trépas sera mon recours.

Vos soins ne m’en peuvent distraire; Belle Philis, on désespère Alors qu’on espère toujours.

phii.inte. La chute en est jolie, amoureuse, admirable. ai.cf.stf. , bas, à part.

La peste de ta chute, empoisonneur au diable!

En eusses-tu fait une à te casser le nez! phtltntf.. Je n’ai jamais ouï de vers si bien tournés. alceste, bas, à part.

Morbleu !

orontf., à Philinte. Vous me flattez, et vous croyez peut-être... phtt.tntf.. Non, je ne flatte point.

Alceste, bas, à part. Eh! que fais-tu donc, traître? orontf. , à Alceste.

Mais, pour vous, vous savez quel est notre traité. Parlez-moi, je vous prie, avec sincérité,

Ai.cESTF. Monsieur, cette matière est toujours délicate,

Et sur le bel-esprit nous aimons qu’on nous flatte.

Mais un jour, à quelqu’un dont je tairai le nom.

Je disois, en voyant des vers de sa façon,

Ou’il faut qu’un galant homme ait toujours grand empire Sur les démangeaisons qui nous prennent d’écrire;

Qu’il doit tenir la bride aux grands empressement*

Qu’on a de faire éclat de tels amusements;

Et que, par la chaleur de montrer ses ouvrages.

On s’expose à jouer de mauvais personnages. orontf. Est-ce que vous voulez me déclarer par là Que j’ai tort de vouloir...

Alceste. Je ne dis pas cela.

Mais je lui disois, moi, qu’un froid écrit «assomme, Qu’il ne faut que ce foible à décrier un homme.

Et qu’eût-on d’autre part cent belles qualités,

On regarde les gens par leurs méchants côtés. orontf. Est-ce qu’à mon sonnet vous trouvez à redire? Ai.cE.STK. Je ne dis pas cela. Mais , pour ne point écrire,

Je lui mettois aux yeux comme, dans notre temps. Cette soif a gâté de fort honnêtes gens. orontf.. Est-ce que j’écris mal, et leur ressemblerais-je? w.cfstf. Je ne dis pas cela. Mais enfin, lui disois-je,

Page 1