‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 107 sur 120 · DEBUT DE LA LUSIADE · texte numérisé non relu

DEBUT DE LA LUSIADE

Poème de Camoc7is,

J'oserai, si ma muse accomplit sa promesse, Confier, aux cent voix de l'errante déesse, La course conquérante et les fameux destins Des héros, qui, voguant loin des bords Lusitains, Couvrirent de vaisseaux ces ondes étonnées. Que l'aviron tranchant n'avait point sillonnées, Et, de la Taprobane osant franchir les mers. Fondèrent un royaume, au bout de l'univers. On vit leurs bras puissants dégager, de la chaîne, La rive asiatique et la plage africaine , Et, sur les longs débris de vingt trônes épars, Arborer de Lusus les puissants étendards. Du patient Ulysse et du pieux Énée, Qu'on ne me vante plus la grande destinée. Ni Trajati, ni toi-même, ô vainqueur de Porus, Toi, sous qui s'abaissa le trône de Cyrus ! Je chante un peuple heureux, dont la haute fortune

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