ODE' XLV
Cette imitation a paru d'abord dans la première édition des Plaisirs du Poète (an X), où elle est divisée par strophes de huit vers, au lieu de l'être en quatrains. Entre quelques variantes, on peut y choisir celles-ci :
Mais, par un cruel badinage,
L'Amour, assis à son côté,
A détruire tout son ouvrage
S'occupe avec malignité.
Le méchant, dans un noir breuvage.
Plonge les flèches à son tour.
Car, causer douleur et dommage.
C'est le passe-temps de l'Amour.
Tenez, essayez celui-ci...
Et Cupidon est triomphant...
SIMETHE
Cette traduction, ou plutôt cette imitation, qui a paru pour la première fois en 1804, dans la seconde édition des Plaisirs du Poète, ne contenait pas alors certains passages,
Variantes des traductions. 407
que le traducteur avait rejetés dans les notes, où il est allé les reprendre, douze ans plus tard, pour les ajouter au texte. Voici quelques variantes qui méritent d'être conservées.
ma porte délaissée.
Sans doute il rend hommage à de nouveaux attraits... D'un noir enchantement déployons les secrets ; Essayons mon pouvoir sur cette âme insensible ! Prête-moi ta lumière, ô Déité paisible, Qui poursuis lentement ton cours silencieux ! Quand l'Univers se tait, je t'adresse mes vœux. Hécate, prends pitié des tourments de mon âme!... Quel repos ! tout se tait, tout dort dans la nature ; Mais, dans mon sein troublé, l'amour veille et murmure. Et les vents et les mers suspendent leur fureur : Tout est calme... L'orage est au fond de mon cœur... L'intrépide coursier, que l'hippomane agite, Aux champs Arcadiens, fougueux, se précipite,
A travers les vallons
On célébrait Diane, et la foule empressée.
Dans les champs d'alentour, s'élançait dispersée...
Je demeurai longtemps immobile et tremblante.
Ma raison s'égarait... Ma force s'affaiblit.
Mon regard se troubla, mon front glacé pâlit...
Ma tête avait perdu sa parure flottante.
Objet infortuné de douleur et d'effroi,
Ma tombe s'entr 'ouvrait, tout finissait pour moi.
Enfin, de mes tourments trop longtemps oppressée,
J'appelai Thestilis, mon esclave empressée :
« Thestilis, prends pitié des troubles de mon cœur?
Je brûle pour Delphis, Delphis est mon vainqueur ;
Amène-moi Delphis... Elance-toi, rapide,
Au gymnase, où combat cet athlète intrépide;
Va, cours, et, l'appelant d'un doigt mystérieux.
Dis-lui que je l'attends, solitaire, en ces lieux 1 »
Elle vole, revient, et Delphis la devance ;
Déjà, d'un pied léger, sur le seuil il s'élance...
« Quand de l'astre de nuits l'ombre eût voilé la terre
Oui, je serais venu
OEuvres de Millevoye.
Si mes vœux n'avaient point excité vos refus, Alors vous m'eussiez vu, respectueux et tendre, Brûlant d'obtenir tout, sans oser y prétendre ; Heureux si quelquefois, oubliant sa rigueur, Simèthe, d'un baiser, eût payé mon ardeur... Je rends grâce à Vénus, à vous, belle Simèthe, Qui daignez compatir à ma peine secrète. Et n'avez pas permis que mon cœur sans retour Languît désespéré, consumé par l'amour.
L'amour!... Ah! le Lipare et ses torrents de flammes N'égalent point l'ardeur qu'il allume en nos âmes! Tout brûle de ses feux, tout ressent sa fureur... » De myrtes, de festons, sa maison est ornée ; Il a vidé sa coupe, à l'objet de sa foi...