‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 26 sur 120 · GALLUS · texte numérisé non relu

GALLUS

ÉGLOGUE DIXIÈME

Viens, préside, Aréthuse, au dernier de mes chants. Peu de vers pour Gallus, mais si doux, si touchants, Que même Lycoris s'empresse de les lire ! Eh ! qui, pour mon Gallus, ne monterait sa lyre ? Que, pour prix de tes soins, ton cristal toujours pur Des flots siciliens perce le sombre azur, Et que n'ose jamais l'épouse de Nérée Mêler son amertume à ton onde sacrée ! Commençons, et tandis que, des jeunes ormeaux, Nos chevreaux pétulants tondent les verts rameaux, Chantons Gallus en proie à sa langueur secrète. Rien n'est sourd à mes chants : la forêt les répète.

Nymphes des eaux ! quels bois vous dérobaient au jour, Quand Gallus expirait d'un déplorable amour ! Le Pinde et ses coteaux, l'Hippocrène et sa source. N'avaient point cependant retenu votre course. Les lauriers, la bruyère, ont pleuré ses destins; Lycée, aux antres verts, et Ménale, aux longs pins, Pleuraient Gallus couché sous la roche déserte :

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