LA PESTE DÉ MARSEILLE
Poème désigné pour l'un des prix dècennatix en 1810,
Sous l'azur d'un beau ciel, d'olive couronnée, Marseille s'élevait, puissante et fortunée. Le Commerce, autour d'elle étendant ses liens. Couvrait de ses trésors les flots tyrrhéniens; L'œil fixé sur les mers, il espérait encore Ces vaisseaux, enrichis des présents de l'Aurore : Ils approchent... Craignez leur abord désastreux ! Et la peste et la mort voyagent avec eux.
Déjà l'oiseau des mers, loin de la rive impure, Fuit en poussant des cris de lamentable augure; Les tintements égaux de l'airain solennel Frappent au loin les airs de leur lugubre appel : Et le peuple est tranquille ! Au sein de ses murailles, Il compte les trésors et non les funérailles. Un seul homme, aux périls de la sécurité, Opposait de son art la vaine autorité * :