‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 39 sur 120 · LE GUERRIER · texte numérisé non relu

LE GUERRIER

Oui, Mercure.

J'obtins, victorieux, ce prix de mes hauts faits.

MERCURE

Jette là ton trophée : ici règne la paix.

Mais quel est ce penseur à l'air grave et rigide 1

Dans ses sourcils froncés la vanité réside,

Et jusques à ses pieds sa robe va flottant.

Ah ! c'est un philosophe, ainsi qu'il en est tant : Disons mieux, c'est un fourbe; et tiens, pour preuve unique, Sans plus tarder, fais-lui dépouiller sa tunique ? Tu verras.

MERCURE

Avant tout, dépouille l'air pédant.

O Jupiter! combien d'amour-propre impudent, De faux goût, d'ignorance et de forfanterie ! De sots raisonnements quelle longue série ! Quel amour de dispute et d'altercations ! Quoi! vous vous permettez aussi les passions. Philosophe!... Je vois l'envie et la colère, La luxure hypocrite et cherchant le mystère. Et mille autres défauts, que tu voudrais cacher, Mais dont à l'heure même il faut te détacher, Car, pour tout l'attirail dont ton âme est si vaine, Un navire à trois ponts ne suffirait qu'à peine.

LE PHILOSOPHE

J'obéirai.

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