‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 43 sur 62 · CHANT SECOND · texte numérisé non relu

CHANT SECOND

Or, maintenant, di.s-nous, muse du Nord, Quel fut d'Olgard le généreux transport, Quand, rougissant d'une si faible gloire, Edvin, pensif, lui conta sa victoire, « Toi ! leur vainqueur ! O mon fils ! à leurs coups. Quel sort heureux a donc pu te soustraire ? Eh quoi ! toi seul contre eux tous ! — Non, mon père; A mes côtés, j'avais Ecbert et vous. » Vous eussiez vu des feux du premier âge Les yeux d'Olgard reprendre tout l'éclat : « Que n'ai-je, ami, secondé ton courage! Oh ! si le Ciel encore, au vieux soldat, Eût accordé les honneurs d'un combat !... Le temps n'est plus. Toi, fille aimable et chère, Songe, à présent, qu'Edvin n'est plus pour nous Un pâtre obscur; c'est le fils de ton père : Par sa valeur, il nous a sauvés tous; Je te permets de le nommer ton frère. »

Alfred à peine entend ces derniers mots : De longs regrets poursuivent le héros;

Poèmes héroïques. zji

Il pense au jour de victoire et de fête, Où, tout ensemble et monarque et soldat, .Poudreux encor de son dernier combat, Du diadème il vit ceindre sa tête; Il se souvient de ses nombreux exploits, Quand de l'Etat les plus fermes colonnes Tombaient, sans lui, sous l'effort des Danois; Quand à leur joug il déroba sept fois Son front chargé du poids de sept couronnes * . Mais, de leur trouble à peine revenus. Les compagnons du guerrier qui n'est plus Ont emporté sa dépouille mortelle.

Au camp danois arrivés lentement.

Des yeux d'Ivar, ils cherchent un moment A détourner cette image cruelle.

Ivar accourt, frissonne, et dit ces mots : « Auprès de vous, je ne vois point mon frère ! » L'un d'eux répond : « Il est avec son père; Comme son père, il est mort en héros. » Triste, et les bras croisés sur sa poitrine, Loin des guerriers, Ivar alla s'asseoir. Le scalde alors chanta : sous la colline. Le corps glacé reposait vers le soir.

Le jour suivant, à l'ombre fraternelle, Ivar, tourné vers la tombe nouvelle.

Jure, au milieu du funèbre festin.

De consacrer à la flamme éclatante Les deux captifs, que leur fatal destin

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