La Volupsa, stroph. 36 et 37. — Spegel, Gloss. Sveogoth
^58 OEuvres de Millevoye.
ouvertes du côté du nord, et laissent pénétrer le grésil et les rafales. Ses cloisons sont tressées de serpents, dont les têtes , tournées vers l'intérieur, lancent des dards , mêlent des sifflements au bruit de l'ouragan , et distillent des poisons qui s'écoulent en un lac verdâtre, où sont jetés les assas'sins, les parjures et les adultères.
« Plus loin est une forêt de fer, dont la mousse est une rouille épaisse : c'est là que sont enchaînés les géants ennemis du ciel ; mais, un jour, secondés de Surtur, princes des mauvais génies, ils doivent rompre leurs chaînes et détruire le ciel et la terre ; alors arrivera le crépuscule, ou le dernier jour des Dieux, prédit par In Volupsa.
« Cette forêt métallique est environné de trois côtés par une mer couverte de brouillards épais et de glaces vagabondes, sur lesquelles se tiennent les ombres des débiles vieillards et des guerriers pusillanimes 1.
« Voici maintenant .quel lieu de délices était promis aux valeureux Scandinaves :
« Asgard était le pays des A ses, peuple de Scythie, que son roi Odin avait entraîné à des expéditions lointaines. Ce peuple, qu'il établit dans le Nord, regretta longtemps la douce fécondité d' Asgard, situé entre le Pont-Euxin et la mer Caspienne. Les vieillards, comme il est d'usage, vantaient l'ancien temps et les charmes de la primitive patrie, dont un conquérant les avait sevrés. Bientôt des récits exagérés, des traditions mensongères firent de cette patrie perdue un lieu de prédilection, que les divinités et les héros étaient seuls dignes d'habiter. Odin mit à profit ces regrets et y mêla les douceurs de l'espérance. Il persuada à ses sujets, que, s'ils mouraient en braves, leurs âmes s'envoleraient à Asgard 2 ; ainsi fut créé l'Olympe Scandinave.
« Selon YEdda et X Hamavaal d'Odin, le palais du Valhalla s'élevait à^ Asgard, à l'extrémité méridionale du ciel : c'était là que résidaient les héros après leur