A UN BOSQUET
Salut, bosquet délicieux, Planté par la main du mystère ; Toi, dont le voile officieux Rendit la pudeur moins austère Et l'amour plus audacieux !
Qu'à tes voluptueux ombrages L'hiver épargne ses outrages, L'été, sa dévorante ardeur; Qu'il échappe au vent des orages, Au fer tranchant de l'émondeur !
Que l'amoureuse Philomèle Ne chante que sur tes ormeaux ; Et que la houlette fidèle Défende la branche nouvelle, Contre l'insulte des troupeaux.
Puisse l'abeille murmurante Préférer ta feuille odorante Même au calice de la fleur !
Puisse enfin toute la nature Protéger ta fraîche verdure, Et te payer de mon bonheur !